Appel à contributions
   Migration et santé en Afrique subsaharienne



                                                                                                                                                                          

Plan

Argumentaire

Axes thématiques des contributions

Calendrier de publication

Consignes

Contact

Références bibliographiques


Argumentaire

Les derniers calculs de l’ONU effectués en 2017 montrent que la pression démographique sur le continent africain reste forte. De 100 millions d’habitants en 1900, la population du continent est passée à environ 275 millions dans les années 1950-1960, puis à 640 millions en 1990 et à 1,2 milliard en 2016. Evaluée à 970 millions de personnes actuellement, la population d’Afrique au Sud du Sahara passera à 2,2 milliards à un horizon de trente ans. A cette date, elle devrait représenter 22 % de la population mondiale contre 14 % aujourd'hui (Héran, 2018, p. 1). Devant la pauvreté et l’insuffisance de ressources disponibles pour couvrir leurs besoins, plusieurs personnes se déplacent et s’installent souvent dans une proximité géographique où existent des meilleures conditions de vie (Nigéria, Côte d’Ivoire, Afrique du Sud) (Beauchemin et Lessault, 2014, p. 7-9). Le fait est que l’Afrique subsaharienne est la dernière grande région du monde dont la population croît à un taux supérieur à 2,5% par an. Nulle part ailleurs, la pression à la mobilité dans tous les sens du terme n’est aussi importante (Leridon, 2015, p. 5).

Le nombre de migrants a doublé depuis 1990 pour atteindre environ 21 millions, soit moins d’un migrant sur dix dans le stock de 232 millions de migrants internationaux c’est-à-dire à peine 9% des migrants de la planète (UNDESA, Population Division, International migration report, 2013, p. 17). En rapport avec les 970 millions d’habitants de la région subsaharienne d’Afrique, le taux d’émigration vers les pays de l’OCDE n’est que de 1,7% (OCDE-AFD, 2015, p. 1-2). Par conséquent, on en déduit que l’essentiel des migrations subsahariennes reste au sein même de la région (Christophe Daum et Isaïe Dougnon, 2009, p. 6). Si le phénomène est encore peu appréhendé, les données des Nations-unies comme celles de plusieurs pays du Sud concordent sur le fait que les migrations intra-régionales sont prépondérantes. Sur les 21 millions de migrants originaires d’Afrique subsaharienne recensés, 14 millions, soit 75%, sont installés dans un autre pays d’Afrique subsaharienne (OCDE-AFD, 2015, p. 1-2). Si les migrations volontaires liées principalement à des motifs économiques et sociaux (travail, commerce, regroupement familial, etc.), sont nombreuses et s’expliquent souvent par le refus de l’« accommodation de la pauvreté » des gens (Galbraith, 1980, p. 89-102), il n’en demeure pas moins que celles dites forcées restent une problématique importante (OCDE-AFD, 2015, p. 1-2). Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, en 2014, l’Afrique subsaharienne comptait 3,7 millions de réfugiés et 11,4 millions de déplacés à l’intérieur de leur propre pays, soit un quart des 60 millions de « personnes déracinées » dans le monde en 2014 (HCR, 2015).

Pour autant, les questions liées à la migration en Afrique subsaharienne sont majeures et intègrent les axes de réflexions sur la santé. Le contexte de la mondialisation nous oblige à revisiter les nouvelles tendances de la migration en Afrique subsaharienne et ses liens avec la santé des populations. On se retrouve face à des situations et des réalités nouvelles qui dépassent souvent la migration classique liée au travail. Aussi, la santé des migrants est-elle un vaste sujet de santé publique dont les contours et les évolutions sont liées et influencés par des considérations politiques, économiques, culturelles et de société voire éthique (Union africaine, 2006, p. 1). Les migrants sont un groupe de population hétérogène constitué de personnes ayant parfois un ou plusieurs itinéraires migratoires. Ces nouvelles tendances sont déstabilisantes du fait de leurs caractères incontrôlables tant par les pays de départ que dans les pays d’arrivée. Très souvent, les immigrants sont victimes des mauvaises conditions de déplacements, et se retrouvent dans des situations sanitaires précaires. Cela est un sujet de préoccupation, un enjeu de société.

Le lien entre les questions de santé et de migration a fait l’objet d’un débat international, - à Addis-Abeba au siège de l’Union africaine en 2006 - sur les migrations notamment dans le contexte de la progression de maladies transmissibles comme le VIH/SIDA. Les migrants en Afrique sont particulièrement exposés du fait de leurs conditions de vulnérabilité, de leur accès restreint aux services sanitaires, pendant la période de mobilité et après (Union africaine 2006, p. 9). De plus, la présence d’un grand nombre de personnes déplacées dans des camps de réfugiés et zones pour personnes déplacées peuvent avoir des conséquences négatives pour l’environnement local.

En raison de la nature complexe des rapports entre la santé et les migrations, l’élaboration de stratégies complètes pour faire face aux problèmes de santé demande plus de recherche sur les questions médicales et sur la vulnérabilité des populations migrantes, ainsi qu’une réflexion sur l’accès et le droit aux soins de santé primaires. Ce que nous nous proposons comme cadre à partir de cet appel à textes. Le phénomène migratoire est un enjeu humanitaire pour les générations africaines futures. Notre objectif ici est de contribuer par des résultats de travaux de recherche probants établissant le lien entre les effets migratoires et ses impacts sur la santé humaine en Afrique subsaharienne, à élaborer des stratégies pour un meilleur accès et de droit aux soins de santé des migrants et insister sur l’application de politiques migratoires étatiques et régionales inclusives en Afrique subsaharienne.

L’appel est ouvert à tous les spécialistes des sciences humaines et sociales s’intéressant aux questions de santé des migrants en Afrique subsaharienne. Les articles proposés pour ce numéro concernent les contributions à visée empirique et/ou théorique.

Axes thématiques des contributions

Les contributions sont attendues autour des axes suivants :

Axe 1 : Migration et mortalité (cas des maladies transmissibles en Afrique subsaharienne, mortalité due au VIH/SIDA et à la tuberculose, etc.)

Axe 2 : Migration et maladies non-transmissibles

Axe 3 : Données épidémiologiques sur la santé des migrants

Axe 4 : Offre, accès, recours aux soins des migrants en pays d’accueil (les déterminants de l’accès aux soins des migrants, les enjeux de l’accès aux soins des primo-arrivants, les parcours de vie et santé des migrants, etc.)

Axe 5 : Politiques, stratégies et pratiques des migrants face aux besoins en soins de santé

Axe 6 : Varia (voir les rubriques de la revue)

Calendrier de publication

  • Date limite de soumission : 30 Avril 2019
  • Sélection des contributions par le comité scientifique : 03 Mai 2019
  • Publication du troisieme numéro : 30 Juin 2019

Consignes

Les contributions doivent se conformer aux normes éditoriales de la RETSSA .
Les consignes de la revue pour soumettre un article est consultable ici : http://www.retssa-ci.com/index.php?page=auxauteurs

Contact

Titres, résumés et articles sont à envoyer à

rev.tssa@gmail.com

Un accusé de réception sera envoyé en retour aux auteurs.

Pour vos contributions et questions, le responsable de ce dossier thématique est : Dr. Anne Marilyse KOUADIO, Maître de Conférences, géographe sociale, Ecole Normale Supérieure d’Abidjan (Côte d’Ivoire), Email : kamarilyse@yahoo.fr; Tél: +222549401801 .

Références bibliographiques

CHRISTOPHE DAUM et ISAÏE DOUGNON, 2009, « Les migrations internes au continent africain », Hommes & migrations [En ligne], 1279 | 2009, mis en ligne le 29 mai 2013, consulté le 04 décembre 2018. URL: http://journals.openedition.org/hommesmigrations/280; DOI : 10.4000/hommesmigrations.280.

CRIS BEAUCHEMIN ET DAVID LESSAULT, 2014, « Les statistiques des migrations africaines : ni exode, ni invasion», e-Migrinter [En ligne], 12 | 2014, mis en ligne le, consulté le 11 octobre 2018. URL : http://journals.openedition.org/e-migrinter/417 ; DOI : 10.4000/e-migrinter.417.

GALBRAITH JOHN KENNETH, 1980, Théorie de la pauvreté de masse, Paris, Gallimard, 168p.

HAUT-COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES POUR LES REFUGIES, 2015, Tendances mondiales 2014, juin.

HERAN F. 2018, « L’Europe et le spectre des migrations subsahariennes » in Population et Sociétés N°558, Septembre.

LERIDON H., 2015, « Afrique subsaharienne : une transition démographique explosive », Futuribles n° 407, pp. 5-21.

OCDE-AFD, 2015, « Resserrer les liens avec les diasporas : panorama des compétences des migrants », 3 novembre, 18p.

UNION AFRICAINE, 2006, Position africaine commune sur la migration et le développement, Réunion des experts sur la migration et le développement 03 - 05 avril 2006 Alger (Algérie), 18p.







Education, santé et bien-être en Afrique

ouvert

Migration et santé en Afrique subsaharienne

Fermé

La santé dans le monde rural

Fermé

Dynamiques spatiales, sociales, territoriales et santé en milieu urbain

Fermé



4 ème  numéro Décembre 2019


Si vous souhaitez proposer un dossier thématique, merci d'envoyer votre proposition à l'adresse e-mail suivante : rev.tssa@gmail.com.


Gretssa

IGT

Geotrope

Regards Sud

UFHB



Visiteurs

 Aujourd'hui 1
 Hier 34
 Semaine 1
 Mois 1615
 Tout 20001

  Actuellement 1 invités en ligne