2021/Vol.4-N°8: Mobilité, transport et santé en Afrique
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REPRESENTATIONS SOCIALES DE LA COVID-19 AU GABON : UNE ETUDE EXPLORATOIRE AUPRES DES ETUDIANTS DE LA FACULTE DES LETTRES ET DES SCIENCES HUMAINES DE L’UNIVERSITE OMAR BONGO
SOCIAL REPRESENTATIONS OF COVID-19 IN GABON: AN EXPLORATORY STUDY WITH STUDENTS OF THE FACULTY OF LETTERS AND HUMAN SCIENCES OF OMAR BONGO UNIVERSITY

KOUMBA Théodore
Maître de Conférences
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (FLSH)
Département de Psychologie Centre de Recherches d’Etudes en Psychologie (CREP) Université Omar Bongo
theokoum@yahoo.fr

TSAMBA-NDZEDY-MOUGHOA Rosamour Gassien Aymar
Doctorant
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (FLSH)
Département de Psychologie Centre de Recherches d’Etudes en Psychologie (CREP) Université Omar BONGO
rosamourgassien@gmail.com


Résumés



Entrée d'Index


Mots clés: représentation sociale | COVID-19 | normes sociales | attitude | comportements à risque |

Keys words: Social representation | COVID-19 | social norms | attitude | risky behaviours |


Texte intégral




Introduction

Depuis décembre 2019, le monde entier est en alerte. Cet état de fait est consécutif à la propagation de la maladie à coronavirus, ce nouveau virus découvert en Chine et qui est devenu l’une des principales menaces pour la santé mondiale (B. Wang et al., 2020). Le 30 janvier 2020, le virus s’est propagé dans 147 pays, a tué 7800 et affecté des milliers de personnes en peu de temps (A. L. Phelan et al., 2020). L’impact de la Covid-19 fait écho dans la majorité des Etats et au Gabon particulièrement, cela parait évident. En effet, à l’heure actuelle, le Gabon est touché par la troisième vague de la pandémie et compte un peu plus de 29 526 sujets contaminés et 178 décès. Cependant, bien qu’inquiétante, cette maladie semble ne pas avoir eu suffisamment de résonnance dans la population quant à sa dangerosité. La crise sanitaire actuelle à laquelle le Gabon fait face est pourtant sans précédent. Une telle évidence qui supposerait en conséquence que les habitudes et les modes de conduites traditionnels des uns et des autres soient révisés de sorte de lutter contre l’action du virus qui semble s’être déjà propagé et imposée à notre environnement.
Cette étude a pour cadre de référence la psychologie sociale et pour approche la théorie des représentations sociales. Il est en effet possible, dans la mesure où, nous souhaitons comprendre les comportements des populations quant à l’observance des mesures barrières, d’interroger leurs représentations de la maladie. Les représentations sociales ont en effet l’avantage d’être un outil sociocognitif à partir duquel les mobiles des comportements collectifs peuvent être saisis. Dans la littérature, il a été possible de supposer que les représentations sociales soient le réservoir sociocognitif où les attitudes prennent formes (P. Moliner, 1998 ; P. Rateau, 2000 ; E. Sales-Wuillemin, 2005 ; et A. Bengamaschi, 2011) pour déterminer les comportements.
Selon S. Moscovici (1961), la représentation sociale est analysable selon trois types de dimensions : l’information, l’image et l’attitude. En effet, appréhender un objet représentationnel consiste à saisir à la fois les connaissances possédées à propos de cet objet mais aussi identifier la nature des discours et le positionnement des individus vis-à-vis de ce dernier. Ici, en lien avec l’objet Covid-19, cette dimension est relative aux connaissances des étudiants en faisant voir leur description symptomatologique, aux facteurs de risques perçus, de riposte (mesures barrières, distanciation sociale, etc.) et de traitement. L’image permet de définir le domaine de représentation comme « l’ensemble des opinions structurées par un modèle social ou par une image » (R. Kaës, 1968, p. 34). L’image suppose donc un minimum d’informations qu’elle intègre à un niveau imageant et qu’elle contribue à organiser. Cette dimension se reflèterait dans les discours que tiennent les personnes interrogées au sujet de stigmatisation sociale envers les personnes atteintes et sur l’image qu’elles se font de celles-ci. L’attitude constitue le troisième grand concept dans l’étude des représentations sociales. L’attitude est définie comme « un schéma dynamique de l’activité psychique, schéma cohérent et sélectif, relativement autonome, résultat de l’interprétation et de la transformation des modèles sociaux et de l’expérience de l’individu » (S. Moscovici, 1961, p. 269). L’attitude exprime l’orientation générale, positive ou négative, vis-à-vis de l’objet de la représentation. Pour les personnes interrogées, cette dimension se reflète dans les opinions au sujet des conduites à tenir et celles à proscrire vis-à-vis de la maladie, notamment le respect ou non des mesures de protection face au virus, et qui traduisent une attitude générale partagée. Dans le cadre de cette étude, nous nous intéressons aux connaissances et à l’attitude des étudiants à vis-à-vis de la Covid-19 pour comprendre leurs comportements.
La littérature abonde à propos de l’étude de la santé et la maladie. En psychologie sociale, plusieurs études avec pour fondement la théorie des représentations sociales ont été menées dans ce sens (C. Herzlich, 1969 ; D. Jodelet, 1989b ; O. Labra et A. Lacasse, 2015). Ces études ont permis d’illustrer de quelle manière, la maladie, en tant que réalité présentée, renvoie à la mise en relation entre « l’ordre biologique » et « l’ordre social ».
  1. Herzlich (op. cit.) a sans conteste mené un travail princeps. Suite à l’ouvrage précurseur de S. Moscovici (1961), ce travail a de nouveau clairement montré que ce qui est important n’est pas la réalité elle-même, mais bien le rapport que l’individu entretient avec la réalité, en l’occurrence via sa maladie. Quant à l’importance particulière accordée à l’étude des représentations sociales pour ce qui concerne de telles questions, C. Herzlich la justifie par « l’articulation réciproque de différents « niveaux » des phénomènes psychosociaux (organisation cognitive d’un objet social, élaboration de normes de comportement) que l’on a coutume d’étudier séparément » (p. 176). Plus tard, D. Jodelet (1989b) étudie la représentation sociale de la maladie mentale et postule que la dynamique relationnelle, autrement dit le rapport à l’autre, régit les pratiques et les représentations. Les travaux montrent enfin que ces visions diffèrent selon les différents groupes sociaux. G.D. Bishop (2004), par exemple, a étudié l’influence de l’appartenance culturelle sur les représentations de la santé et de la maladie. Il montre ainsi le rôle que joue la culture dans la manière d’appréhender la maladie, de l’éviter, de la soigner et de la traiter. Ces éléments, quoique l’on dise, marquent le rapport des individus avec les objets qui les entourent, tel que la Covid-19 aujourd’hui.
Au Gabon, la population s’est mise tant bien que mal, à s’approprier de cette maladie jusqu’ici étrangère à sa réalité quotidienne, dont les informations, les opinions et les discours à son propos ont donné lieu à l’élaboration d’une forme de représentation sociale. Les informations autour de la maladie faisaient croire que le virus n’aurait aucun effet sur le continent africain, qu’il ne résisterait pas au climat chaud des pays du Sahara et encore moins aux méthodes traditionnelles de traitement. Partant de ces conceptions populaires, il semblerait finalement exister une appréhension de la maladie qui tienne compte aussi bien du contexte socio-culturel mais également de la nature des interactions sociales existantes.
En revanche, les connaissances actuelles dans la littérature à propos de la représentation sociale de la Covid-19 en Afrique en générale et au Gabon en particulier sont difficilement accessibles ou du moins rares. Cet état de fait accentue donc d’un intérêt particulier l’étude de cet objet qui, aujourd’hui, semble s’être imposé à notre société comme une réalité sociale évidente. Toutefois, S. Kapanga Kule et J. Mfwankang Muniar (2020) ont récemment réalisés une étude intitulée « représentation sociale de la Covid-19 chez les jeunes de la commune de Mont-Ngafula (Congo) ». Cette étude visait deux objectifs à savoir, décrire les représentations sociales de la Covid-19 des jeunes de Mont-Ngafula et décrire l’incidence des représentations sociales de la Covid-19 chez ces jeunes. Les résultats de cette étude font constater que les discours de ces jeunes révèlent une perception négative de la Covid-19, ce qui tend donc à rendre difficile de les mobiliser pour lutter contre cette pandémie. Enfin, les auteurs concluent que les représentations sociales des jeunes autour de la Covid-19 laissent entrevoir le socle d’une culture pour un peuple. Les jeunes Congolais ont montré à travers leur imaginaire que la Covid-19 est une pandémie d’origine mystérieuse et d’autres la qualifient comme une punition divine. Ils ne croient donc pas à son agent pathogène.
De ce qui précède, il en ressort une pertinence dans l’étude des représentations sociales qui rend compte de comment les individus appréhendent les objets sociaux qui les entourent. Le mérite accordé aux différentes études antérieures présentées est donc évident d’autant plus qu’elles réitèrent le rôle essentiel que joue le contexte socio-culturel dans la construction des représentations.
Cependant, dans la littérature il a été constaté qu’une représentation sociale peut avoir plusieurs facettes, dont certaines ne sont pas verbalisables en toutes circonstances (C. Flament, C. Guimelli et J.C. Abric, 2006). Il y aurait un certain caractère normatif référé à certains objets et qui rendrait difficile l’accès au contenu des représentations sociales. L’objet Covid-19 tel que normé par les institutions possède un caractère contraignant qui le qualifie d’objet sensible et donc difficilement saisissable d’un point de vue de son contenu représentationnel. L’hypothèse que peuvent être masqués les aspects d’une telle représentation et dont l’expression serait perçue comme transgressive de certaines normes a initialement été formulée par C. Guimelli (1998), qui utilisait l’expression de « zone muette ». Cette hypothèse est celle qui a conduit cette étude.
Dès lors, quelles représentations ces étudiants ont-ils de la Covid-19 ? Ces représentations sous-tendent-elles les pratiques et comportements observés ? Ainsi, fort de ce qui précède, nous formulons l’hypothèse générale selon laquelle la représentation sociale de la Covid-19 chez les étudiants de la FLSH de l’UOB est fonction du contexte de production discursive (normal vs substitution). Deux hypothèses spécifiques ont ainsi été émises. La première postule l’existence d’une représentation de la Covid-19 qui soit normative en contexte normal. Nous nous attendons à ce que les termes qui constituent le noyau central de cette représentation soient normatifs et caractéristiques de la Covid-19. La seconde stipule l’existence d’une zone muette de la représentation de la Covid-19 lors du passage en contexte de substitution. Nous nous attendons à ce que les termes constitutifs du noyau central de cette représentation soient contre-normatifs et caractéristiques des problématiques observées, notamment des pratiques et comportements manifestés.

1. Méthodologie

Ici, nous allons présenter les participants de notre étude, l’outil de collecte de données ainsi que les techniques utilisées pour le traitement de ces données, celles ayant permis l’évaluation de nos hypothèses.

1.1. Présentation de l’échantillon

Notre population cible était essentiellement constituée d’étudiants de niveau Master, tous inscrits en faculté des lettres et des sciences humaines (FLSH) (psychologie, sociologie, anthropologie et histoire) à l’Université Omar Bongo. Cette population était d’environ 908[1] au moment de l’enquête. Cependant, compte tenu des mesures restrictives prisent à l’égard de la pandémie à ce moment, notre échantillon, choisi aléatoirement, n’a pu être suffisamment représentatif de la population globale. En effet, l’enquête n’a été menée que sur 120 sujets à qui nous avons soumis notre questionnaire, soit 13,51% de l’effectif global. En revanche, seuls 91 ont été retenus pour l’analyse. 29 questionnaires étaient inexploitables. Au total, nous avons enregistré 47 hommes (51.64%) et 44 femmes (48.35%) dont l’âge variait entre 27 et 32 ans. L’âge moyen étant de 27 ans et 23 mois. Au final, l’échantillon retenu ne représente que 10,02% de la population globale (étudiants en master suivant les quatre départements susmentionnés). Cette étude n’est résolument qu’exploratoire.

1.2. Outil de collecte de données : la méthode d’association libre

Les travaux portant sur les représentations sociales depuis l’introduction de cette théorie par S. Moscovici (1961) connaissent une multitude d’approche conceptuelle, méthodologique et le développement d’outils qui contribuent à garantir le caractère scientifique de ces études (J.C. Abric, 2003 ; T. Apostolidis, 2003). L’orientation théorique que nous donnons à cette étude, celle de la théorie du noyau central considère que les éléments d’une représentation sociale font partie de deux systèmes sociocognitifs. L’un est qualifié de « central » et l’autre de « périphérique ». Selon J.-C. Abric (op. cit., p. 60) :
« la théorie du noyau central a une conséquence méthodologique essentielle : étudier une représentation sociale, c’est d’abord, et avant toute chose, chercher les constituants de son noyau central. En effet, la connaissance du contenu ne suffit pas, c’est l’organisation de ce contenu qui donne sens. Deux contenus identiques peuvent correspondre à deux représentations sociales différentes ».
Les outils qui permettent d'accéder au contenu des représentations et de vérifier la centralité de certains éléments sont aussi multiples que variés. Mais pour les besoins de ce manuscrit, nous avons utilisé la technique de l’« évocation hiérarchisée » (J.-C. Abric, 2003).
1.2.1. L’évocation hiérarchisée
L'évocation hiérarchisée est un outil qui permet de recueillir simultanément le contenu d’une représentation tout en mettant en évidence sa hiérarchisation (J.-C. Abric, op.cit.). Cet outil implique que ce sont les sujets interrogés qui produisent eux-mêmes le matériel qui sera exploité par la suite. La phase d'association libre consiste, à partir d’un mot inducteur, à demander au sujet de produire tous les mots ou expressions qui lui viennent à l’esprit. Le caractère spontané et moins contrôlé permet d’accéder facilement et rapidement, que lors des entretiens, aux éléments qui constituent l’univers sémantique de l'objet de l'étude. Cette technique permet d'actualiser les éléments implicites et latents noyés ou masqués dans les productions discursives classiques (J.-C. Abric, 2003). Dans le cadre de cette recherche nous avons posé, par exemple, la question suivante aux sujets : « lorsque vous entendez l’expression « Covid-19 », quels sont les 5 mots ou expressions qui vous viennent spontanément à l’esprit ?».
La phase de hiérarchisation est une phase au cours de laquelle le sujet est invité, après la phase d’association libre, à ranger dans l’ordre d’importance les mots ou expressions de sa propre production verbale. C’est-à-dire que « chaque sujet est incité à classer sa propre production en fonction de l’importance qu’il accorde à chaque terme pour définir l’objet en question » (Abric, op. cit., p. 63). Dans le cadre de cette recherche, nous avons ensuite demandé aux sujets, par exemple, d’accomplir la tâche suivante en phase d’hiérarchisation : « Maintenant, classez-les dans l’ordre d’importance que vous les accordez. Mettez le chiffre 1 devant le plus important pour vous, puis le chiffre 2, par ordre d’importance décroissant jusqu’à 5 ».
1.2.2. La recherche de la zone muette
Interroger des personnes sur leurs représentations de l’objet Covid-19 peut laisser entrevoir un biais de désirabilité sociale du fait du caractère sensible et normatif de cet objet. Le biais de désirabilité sociale (D. Crowne et M. Marlowe, 1960) est une tendance de l’individu à vouloir se présenter favorablement aux yeux de la société. Il se caractérise par l’envie manifestée par le répondant de gagner une évaluation positive auprès des personnes qui l’entourent. Pour C. Nass et al. (1999), le biais de désirabilité est déclenché par la nature des questions (sujets sensibles et/ou très personnels) et la présence d’un enquêteur.
Pour J.-C. Deschamps et C. Guimelli (2002, p. 78), de tels objets sensibles et normatifs sont décrits comme des sujets pouvant être difficiles ou embarrassants à aborder par les individus « suivant les circonstances dans lesquelles ils se trouvent, et qui, dans beaucoup de situations, exigera leur part de prudence et de la circonspection émotionnelle ». A cet effet, il nous a semblé important, compte tenu des contraintes normatives que pose notre objet d’étude, d’introduire une consigne permettant de vérifier l’hypothèse implicite de l’existence d’une éventuelle zone muette sur l’objet Covid-19 au Gabon.
Cette démarche suppose donc l’identification de la zone muette. Pour accéder à cette « zone muette », J.-C. Abric (2003) conseille de réduire la pression normative pour faciliter chez le sujet la verbalisation de ses cognitions cachées. Pour ce fait, il a enrichi la technique de l’évocation hiérarchisée par deux outils de réduction de cette pression afin de faciliter l’expression des cognitions cachées. Ces deux outils sont, la technique de substitution qui permet de réduire la pression normative par la réduction du niveau d'implication du sujet et la technique de décontextualisation qui permet également de réduire la pression normative. Mais, cette fois, le sujet est placé dans un contexte éloigné de son groupe de référence. Cela permet au sujet d'exprimer librement ses pensées en réduisant les risques de jugement négatif de la part de ses interlocuteurs (J.-C. Abric, op. cit.).
Pour cette recherche, nous avons utilisé la technique de substitution qui a déjà fait l'objet de plusieurs validations expérimentales[2]. Et nous avons formulé, par exemple, la question suivante : « à votre avis lorsque les jeunes comme vous (ou de même formation) entendent l’expression « covid-19 », quels sont les cinq mots ou expressions qui leurs viennent spontanément à l’esprit ? » ; « Parmi ces mots ou expressions, quel est celui qu’ils considéreraient comme le plus important. Mettez le chiffre 1 devant le plus important pour eux, puis le chiffre 2, par ordre d’importance jusqu’à 5 ». Selon J.-C. Abric (2003, p. 76), étant donné que « le sujet a du mal à assumer certaines de ses idées, on va lui permettre de les exprimer en les attribuant à d’autres qu’à lui-même ».

1.3. Méthodes d’analyse de données

Le travail présenté ici s’articule autour de l'approche structurale des RS. Dans ce cadre, nous avons cherché d'une part à établir un dictionnaire d'opinions sur l’objet Covid-19 et en comprendre les fondements en contexte normal. D’autre part, nous nous sommes prêtés à la tâche de dégager son contenu (NC) en contexte de substitution afin de vérifier s’il existe une appréhension de la maladie qui soit transgressive des normes et qui serait masquée au sein de la population. Pour cela, nous avons comparé entre eux les items obtenus pour l’inducteur Covid-19 selon chaque contexte de production. Ces comparaisons ont été effectuées sur la base du contenu des noyaux centraux.
Les données ainsi collectées ont été soumises à une analyse prototypique et catégorielle. Il s’agit d’analyses quantitatives et qualitatives qui mettent en évidence la structure de la représentation sociale. L’analyse prototypique est une technique d'analyse de corpus qui permet d’attribuer à chaque terme une fréquence moyenne d’apparition et un rang moyen (P. Vergés, 1992 ; 1994). L’analyse catégorielle quant à elle permet le regroupement autour des termes repérés les plus fréquents, les items considérés comme proches d’un point de vue sémantique. On crée ainsi des catégories d’items reflétant de quelle manière s’organise la représentation autour des éléments repérés comme les plus saillants (P. Moliner et al. 2002). Cette analyse permet d’approfondir l’analyse prototypique et de vérifier que les mots repérés par la première analyse relèvent bien des thèmes les plus récurrents dans les réponses des sujets. Les données ont été traitées à l'aide du logiciel d'analyse EVOC 2000. Il s’agit d’un logiciel d’analyse lexical élaboré par P. Vergés (op. cit.) qui permet le traitement des associations verbales en croisant les rangs attribués aux mots, et leur fréquence d’apparition.   
[1] Données statistiques obtenues auprès du service de la scolarité de la FLSH de l’UOB au moment de l’enquête. Ces données ont été obtenues suite à une demande d’enquête introduite auprès du chargé de la scolarité quelques jours avant l’enquête. 
[2]Cette technique a fait ses preuves dans sa capacité à permettre aux individus d’exprimer l’inexprimable. Voir les études de Bingono, E., La réforme, Effets de contexte sur la production d’associations verbales : le cas des représentations de la dynamique des formules pédagogiques chez les enseignants à l’éducation de base , Revue de l’Association Francophone Internationale de Recherche Scientifique en Éducation, Université de Maroua, 2011, nº 5, pp. 32-45; Deschamps, J.-C. et Guimelli, C., Effets de contexte sur la production d’associations verbales : le cas des représentations sociales des Gitans, Cahiers internationaux de psychologie sociale, 2000, nº 47-48,3-4/00, pp. 44-54 ; Deschamps J.-C., &Guimelli, C., Étude des représentations sociales de l'insécurité : Effets de deux types de contextes sur la production de réponses associatives. In : Actes du 3ème Congrès International de Psychologie Sociale en Langue Française (vol.2). ADRIPS, Valencia, pp. 201-203, 2000 ; Deschamps, J.-C., Analyse des correspondances et variations des contenus de représentations sociales. In : Abric, J.-C., Méthodes d'études des représentations sociales. Erès, 2003, pp. 179-199.

2. Présentation et analyse des résultats

Dans cette section nous allons présenter les résultats issus de nos différentes analyses, notamment ceux issus de l’analyses prototypiques et ceux issus de l’analyse catégorielle. Ces analyses sont à chaque fois réalisées selon les contextes de production (contexte normal et contexte de substitution). 

2.1. Identification des cognitions centrales selon les contextes de production : résultats de l’analyse prototypique

Dans le questionnaire, nous avons demandé aux individus de faire des associations libres à l’expression Covid-19. Le tableau 1 synthétisé, ci-dessous, présente les principaux résultats. N’ont été reportés que les éléments issus du noyau central car c’est à partir d’eux que la représentation sociale trouve son pouvoir explicatif et interprétatif.
Tableau 1 : Analyses prototypiques du système central de l’inducteur Covid-19 en contexte normal et de substitution
Analyses prototypiques du système central de l’inducteur Covid-19 en contexte normal et de substitution
Sources : Données de l’enquête réalisée (T. Koumba et R.G.A. Tsamba-Ndzedy-Moughoa, 2021)
Pour répondre à l’objectif que nous nous sommes assignés, nous avons émis deux hypothèses stipulant l’existence d’une RS normative de la Covid-19 en situation normale d’une part (hypothèse 1) mais qui soit contre-normative lors du passage en contexte de substitution en mettant au jour l’existence d’une zone muette de cette représentation d’autre part (hypothèse 2). Les résultats obtenus donnent à voir des RS solidement structurées mais globalement opposées. En effet, le système central (NC) relatif à l'inducteur Covid-19 est composé des items mesures « barrières (81) », « mort (69) », « pandémie (56) », « maladie (45) », « toux (44) », » grippe (15) », « fièvre (21) » en contexte normal. Ces différents items à la fois descriptifs et normatifs ne rendent compte que de l’appréhension objective de la Covid-19 dans sa définition et sa manifestation. La majorité de ces items font partie de ce que J.C. Abric (1994) et P. Moliner (1996) appellent les cognitions fonctionnelles ou descriptives et que M. Rouissi (2006) appelle les définitions objectives de l'objet représentationnel. Ces auteurs s'accordent sur le fait que ces éléments bien qu'appartenant au système central ne peuvent être considérés comme des cognitions sociales. M. Rouissi (op.cit.) suggère que ce sont les cognitions évaluatives (normatives) ou protons qui correspondent réellement au système central d’une représentation, tel que l’item « mesures barrières » dans notre cas. D’un autre côté, les items, « mensonge (91) », « manipulation (87) », « complot (74) », « invention (63) » et « business (53) » sont apparus en contexte de substitution. Il convient, par ailleurs, de souligner la disparition de l’ensemble des items obtenus en contexte normal (mesures barrières, mort, pandémie, maladie, toux, grippe et fièvre) lors du passage en contexte de substitution avec une nette augmentation des fréquences des items qui sont apparu. En d’autres termes, l’utilisation de la technique de substitution a permis l’apparition d’items majoritairement contre-normatifs, c’est-à-dire négatifs d’un point de vue définitionnel de la Covid-19.
Finalement, l’application de la technique de substitution qui permet d’avoir accès aux schèmes dormants (C. Guimelli, 1998) ou à la zone muette (J.C. Abric, 2003), lors du recueil des évocations des associations verbales nous a permis de faire les quelques remarques suivantes :
En fonction des contenus observés au sein des NC (normal et de substitution), nous pouvons affirmer avec certitude que le contexte de substitution soumis aux enquêtés dans la phase de recueil des contenus des RS a produit un impact considérable en modifiant de manière significative les cognitions obtenues en contexte normal. Ces modifications sont à la fois d'ordre fréquentiel mais aussi sémantique. En effet, en termes de contenu, nous constatons que le contexte de substitution permet de faire apparaître des items cachés tout en faisant disparaître le contenu du NC obtenu en situation normale. En terme qualitatif, le contexte de substitution, dans notre cas, a permis d'obtenir un NC ayant pour la majorité des contenus représentationnels chargés négativement.
Les analyses prototypiques ne suffisant pas pour confirmer l’existence d’une représentation, une analyse catégorielle semble donc être nécessaire.

2.2. Identification des thèmes catégoriels au mot inducteur « Covid-19 » selon les contextes de production : résultats de l’analyse catégorielle

L’analyse du corpus recueilli a conduit à poser une catégorisation sensiblement différente. Le tableau 2 suivant en fait la présentation.
Tableau 2 : Analyse catégorielle de la RS de la « Covid-19 » en contexte normal et de substitution
Analyse catégorielle de la RS de la « Covid-19 » en contexte normal et de substitution
Sources : Données de l’enquête réalisée (T. Koumba et R.G.A. Tsamba-Ndzedy-Moughoa, 2021)
Sans véritable différence, du moins d’un point de vue fréquentiel et même sémantique, les catégories construites confortent les données obtenues lors des analyses prototypiques. La première remarque que nous pouvons faire porte sur les deux premières catégories de chacun des contextes. La catégorie mesure barrière en contexte normal constitue 36% du corpus total alors qu’en contexte de substitution, la catégorie inexistence de la maladie constitue 39% du corpus. La différence de 3%, bien que peu significative, témoigne tout de même du caractère contradictoire manifesté sur un même objet et qui se dégage lors du passage en contexte de substitution. La seconde remarque faite est l’apparition dans les deux contextes de la catégorie mesures barrières mais qui perd 19% de son poids d’occurrence lors du passage en contexte de substitution (36% >17% ; 19% >17%). En perdant son poids d’occurrence, ceci porte à croire que les jeunes n’y verraient aucun intérêt particulier pour la pratique des mesures barrières. Ceci est d’autant plus renforcé par les catégories inexistence de la maladie (39%) et forme de commerce (30,7).  Ces deux catégories confondues constituent à elles seules, 69,7% du corpus total. Un score relativement élevé qui laisse penser que la Covid-19 serait l’objet d’une mise en scène et dont les pouvoirs publics s’en serviraient pour amasser de l’argent. Enfin, la catégorie mort (15,30 ; 13,29) apparait dans les deux contextes même si un peu moins représenter en contexte de substitution. Ce qui est sûr, et nous pouvons l’affirmer, bien évidemment à partir des données observées, que la Covid-19 en tant que pandémie a causé la mort de beaucoup de personnes dans le monde. Ainsi, peu importe le contexte, elle constitue bel et bien une source de frayeur. Ce sentiment de peur existerait chez chaque individu.

3. Discussion

Discuter de nos résultats revient dans un premier temps à faire le point sur les résultats obtenus et leur rapport aux hypothèses de départ et dans un second temps, à confronter ces résultats avec ceux issus de la littérature consultée.

3.1. La représentation sociale de la Covid-19 : résultat de la dynamique socioculturel chez les étudiants gabonais

Cette étude avait pour objectif de dégager le champ de représentation de la Covid-19 chez 91 étudiants de l’UOB en tenant compte du type de contexte de production (normal et de substitution). Deux hypothèses ont ainsi conduit cette recherche :
- l’hypothèse 1 postulait l’existence d’une représentation de la Covid-19 qui soit normative en situation normale. Pour celle-ci, nous nous attendions à ce que les termes caractéristiques du NC soient de polarité positive, c’est-à-dire d’un point de vue définitionnel ou en lien avec les normes valorisées au sujet de la Covid-19. Nous avons pu constater qu’en effet, chacune des productions était caractéristique de la Covid-19 et valorisée socialement (mesures barrières, maladie, pandémie, etc.). L’hypothèse H1 est donc confirmée. 
- l’hypothèse 2 postulait quant à elle, l’existence d’une zone muette de la représentation de la Covid-19 lors du passage en contexte de substitution et que les termes caractéristiques du NC sont de polarité négative, c’est-à-dire ayant peu ou pas de lien avec les éléments valorisés à propos de la Covid-19 et caractéristiques des problématiques observées. Comme prédit, nos résultats ont révélé l’existence d’une zone muette de la RS de la Covid-19 en contexte de substitution et que les éléments constitutifs du NC sont majoritairement contre-normatifs (mensonge, manipulation, complot, etc.).
La première remarque que nous pouvons faire concernant nos résultats est qu’ils offrent des éléments de réponse variés et pertinents qui nécessites d’être discutés. En effet, les représentations sociales sont des phénomènes cognitifs qui engagent les appartenances sociales des individus avec les implications affectives et normatives, avec les intériorisations d’expériences, de pratiques, des modèles de conduites et de pensées, socialement inculqués ou transmis lors des communications sociales. Elles sont considérées comme le produit et le processus d’appropriation de la réalité extérieure à la pensée sociale (D. Jodelet, 1989). A partir de ces quelques éléments qui viennent d’être donnés dans le parcours définitionnel que nous venons de faire, nous comprenons aisément pourquoi les individus utilisent ou projettent dans certains contenus des représentations qu’ils élaborent sur les objets sociaux des composantes de leur culture locale. C’est-à-dire que, par exemple, dans le cas des dimensions manipulation/invention/complot, nous pouvons penser que ces dernières ont été puisées, en paraphrasant D. Jodelet (1989, p. 370), « dans le fonds commun des savoirs traditionnels ». Tous ces éléments que véhicule et défend la culture constituent des réservoirs où sont puisés les savoirs et les connaissances qui servent pour des besoins de compréhension, d’explication et d’interprétation de certains évènements ou des situations de la réalité qui se présente à nous ou pour catégoriser, classer, dénommer et agir sur ces phénomènes et tout ce qui est lié à ceux-ci. Ces dimensions traduisent l’empreinte du groupe et donc celui du contexte physique, social et culturel dans lequel se trouve ce groupe. En d’autres termes, le contenu social d’une représentation résulte, entre autres, des matrices culturelles d’interprétation. Ces matrices mettent en œuvre un cadre culturel de connaissances et de comportements (D. Jodelet, 1991) chez les étudiants. Ainsi, certaines de leurs idées préconçues, qui proviennent des médias et de toutes autres sources, étant partagées, servent à construire le noyau de la représentation sociale de l’objet représentationnel. Par ailleurs, l’existence des deux contenus représentationnels antagonistes pour le seul objet Covid-19 illustre en effet que celui-ci serait considéré à la fois comme un objet sans réel fondement problématique mais aussi comme un objet contraignant. Cette instabilité des cognitions sociales à propos de la Covid-19, bien qu’identifier à partir de la double consigne utilisée, marque l’absence de consensus dans la considération de l’objet telle que souhaitée par les autorités.
Globalement, nos résultats trouvent de la résonnance dans la littérature. Il apparait en effet, que ces derniers corroborent les résultats de G.D. Bishop (2004) qui, en étudiant l’influence de l’appartenance culturelle sur les représentations de la santé et de la maladie a pu montrer le rôle que joue la culture dans la manière d’appréhender la maladie, de l’éviter, de la soigner et de la traiter.
Par ailleurs, le processus psychologique d’ancrage que nous offre la théorie des RS est un outil d’interprétation heuristique qui permet de rechercher dans quelle mesure, par le truchement de la culture, les croyances anciennes ou traditionnelles peuvent servir de crampon à certaines cognitions sociales sur des objets sociaux donnés.
Nos résultats corroborent ceux de S. Kapanga Kule et J. Mfwankang Muniar (2020) qui avaient déjà fait remarquer que dans leur discours, les jeunes Congolais laissent entrevoir une représentation négative de la Covid-19. Cette étude réalisée dans un contexte similaire au nôtre (Afrique centrale) renforce l’idée du poids du contexte culturel sur les considérations de la Covid-19.

3.2. Démasquage de la zone muette de la représentation sociale de la Covid-19 chez les étudiants : dynamique de la consigne de substitution

L’approche méthodologique adoptée ici permet de de dégager suffisamment d’informations sur les considérations populaires à propos de cette pandémie. Les recherches antérieures portant sur les objets santé et maladie (C. Herzlich, 1969 ; D. Jodelet, 1989b ; O. Labra et A. Lacasse, 2015 ; G.D. Bishop, 2004) ou sur la représentation sociale de la Covid-19 (S. Kapanga Kule et J. Mfwankang Muniar, 2020) ce sont contentées d’étudier les RS d’un point de vue de leur structure et de leur contenu sans tenir compte du contexte de production. Or, la Covid-19 en tant qu’objet sensible, impose une démarche qui tienne compte des contraintes normatives pour son étude. Ceci nous a conduit à construire une réflexion autre que celles existantes en ayant recours à une double consigne. Ainsi, les informations obtenues à partir du contenu de la zone muette de cette représentation fournissent une grille de lecture suffisamment claire de l’attitude des étudiants et traduisent corrélativement les pratiques et comportements observés au quotidien. Malgré le niveau d’instruction supposé élever de notre population d’étude, il semble bien exister des comportements à risque dans notre contexte d’étude. C’est d’ailleurs ce qu’ont conclu C. L. Johnston et al. (2011) en affirmant qu’il n’y a pas de lien entre le niveau de connaissances et les comportements à risque.
Finalement, nos résultats rejoignent ceux de plusieurs autres chercheurs (C. Guimelli et J.C. Deschamps, 2000 ; Guimelli et Deschamps, 2002 ; N. Chokier et P. Rateau, 2009 ; D. Jodelet, 1989a) qui avaient déjà confirmés le caractère pro-normatif des représentations en situation normale. Ce qui convient de noter ici est l’effet inhibiteur que produit le contexte normal sur les productions discursives des étudiants. Nous pouvons ainsi admettre que lorsqu’on interroge des sujets sur des objets que l’on peut qualifier de « sensibles » et « normatifs », ils auront tendance à masquer leur production mais que les situations de substitutions feraient apparaitre le coté contre-normatif et donc négatif de celles-ci. Nous pouvons, de ce point de vue, concevoir aisément que le recours des jeunes aux cognitions sociales connotées négativement pour décrire la Covid-19 au Gabon est en quelque sorte, symboliquement, l’expression d’une rupture ou d’une crise de confiance et d’une prise de distance entre le groupe auquel il appartient (les jeunes) et l’objet représentationnel qu’est la Covid-19 telle qu’elle est présentée au Gabon et même ailleurs.

En nous intéressant à la représentation sociale de la Covid-19 dans cette étude, nous avons voulu dégager le contenu et l’organisation de celle-ci auprès de 91 étudiants à partir de deux contextes de production. Globalement, les résultats nous ont permis de valider nos hypothèses. D’une part, la Covid-19 est fortement associée à des termes à la fois caractéristiques et socialement valorisés (mesures barrières, maladie, etc.) et d’autre part à des termes plutôt négatifs et transgressifs des normes sociales (mensonges, business, distraction, complot, etc.). Il apparait donc une représentation de la Covid-19 positive en contexte normal et négative en contexte de substitution. Ces résultats ont été interprétés à partir des travaux de certains chercheurs qui avaient déjà fait remarquer que face à certains objets jugés sensibles, des formes de pressions normatives pèsent sur les sujets au point de les amener à procéder à un ajustement de leur discours en vue de masquer leurs véritables cognitions en situation normale de production. L’identification de ces cognitions cachées est d’autant plus pertinente qu’elles permettent d’appréhender et de comprendre les comportements au quotidien et implique donc que des communications plus élaborées soient définis pour tenter de moduler et de conformer ces comportements « déviants » aux comportements souhaités. Même si le non-respect des mesures édictées et l’exposition aux effets du virus ne donnent pas à voir une détresse généralisée au sein de notre société (Gabon), ils exposent tout de même l’ensemble de la communauté à des effets qui pourraient être dramatiques. Dès lors, à l’heure où l’arrivée des vaccins contre la Covid-19 donne une lueur d’espoir pour un retour à la vie normale, de telles dispositions psychologiques peuvent-elles être favorables à la vaccination des étudiants ?

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Pour citer cet article


Référence électronique
KOUMBA Théodore et TSAMBA-NDZEDY-MOUGHOA Rosamour Gassien Aymar, REPRESENTATIONS SOCIALES DE LA COVID-19 AU GABON : UNE ETUDE EXPLORATOIRE AUPRES DES ETUDIANTS DE LA FACULTE DES LETTRES ET DES SCIENCES HUMAINES DE L’UNIVERSITE OMAR BONGO , Revue Espace, Territoires, Sociétés et Santé ,[En ligne] 2021, mis en ligne le 30/12/2021, consulté le 2022-07-02 09:52:14, URL: https://retssa-ci.com/index.php?page=detail&k=217