2018/2: La santé dans le monde rural
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Conséquences sanitaires de la dynamique du paysage rural dans le foyer de Trypanosomiase Humaine Africaine (THA) de Bonon (Côte d’Ivoire) entre 2002 et 2015
Health consequences of rural landscape dynamics in the african human trypanosomiasis (tha) source in Bonon (Côte d'Ivoire) between 2002 and 2015

COULIBALY Bamoro
Doctorant en Géographie
Département de Géographie
Université Alassane Ouattara de Bouaké
bamoroc@yahoo.fr

KROUBA Débora Isabelle
Doctorante en Géographie
Département de Géographie
Université Alassane Ouattara de Bouaké
deborakrouba@gmail.com

KOUAKOU Aristide Adjoua Colette
Doctorante
Université Félix Houphouët-Boigny
Abidjan, Côte d'Ivoire
kouakoucoletteadjoua@yahoo.fr

OUATTARA Aboubacar Adama
Doctorant
Département de Géographie
Université Alassane Ouattara de Bouaké
ouattaraaboubacaradama@yahoo.fr

BERTÉ Djakaridja
Doctorant
Département de Géographie
Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan
bertedjakaridja@yahoo.fr

TA BI Tra Dieudonné
Doctorant
Département de Géographie
Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan
tabitradieudonné@gmail.com

RAYAISSE Jean-Baptiste
Maître de Recherche
Centre Internationale de Recherche-Développement sur l’Elevage en Zone Sub-humide de Bobo-Dioulasso
Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
jbrayaisse@gmail.com

JAMONNEAU Vincent
Chargé de Recherche
UMR 177 Intertryp IRD-CIRAD
IPR Bouaké
vincent.jamonneau@ird.fr

SOLANO Philippe
Directeur de Recherche
UMR 177 Intertryp IRD-CIRAD
Montpellier, France
philippe.solano@ird.fr

KOFFI Yao Jean-Julius
Maître de conférences
Université Alassane Ouattara
Bouaké, Côte d'Ivoire
yao.julius@ird.fr

KABA Dramane
Chargé de Recherche
Institut de santé publique
Institut Pierre Richet de Bouaké
kaba_dramane@yahoo.fr

ANOH Kouassi Paul
Professeur Titulaire de Géographie
Institut de Géographie Tropicale
Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody-Abidjan (Côte d’Ivoire)
anohpaul@yahoo.fr

ASSI-KAUDJHIS Joseph Pierre
Professeur Titulaire
Université Alassane Ouattara
Bouaké,Côte d'Ivoire
jkaudjhis@yahoo.fr

COURTIN Fabrice
Chargé de Recherche
UMR 177 Intertryp IRD-CIRAD
IPR Bouaké
fabrice.courtin@ird.fr


Résumés



Entrée d'Index


Mots clés: Côte d’Ivoire | Trypanosomiase Humaine Africaine | glossines | végétation | agriculture |

Keys words: Côte d’Ivoire | African Human Trypanosomiasis | tsetse | vegetation | agriculture |


Texte intégral




Introduction

La Trypanosomiase Humaine Africaine (THA) ou maladie du sommeil, est une pathologie due à un parasite, le trypanosome, transmis à l’homme lors de la piqûre d’une glossine (plus connue sous le nom de mouche tsé-tsé). Cette pathologie sévit exclusivement en Afrique subsaharienne, dans l’aire de distribution des glossines. Il existe deux formes de THA. La forme à Gambiense (T.b.gambiense), que l'on retrouve dans les pays d'Afrique Centrale et de l'Ouest est responsable de 98 % des cas notifiés. La forme à Rhodesiense (T.b.rhodesiense), est présente en Afrique Orientale et Australe (C. Laveissière et al., 2000, p. 4). Elle est responsable de 2% des cas notifiés. En Côte d’Ivoire forestière, le trypanosome responsable de la THA est T.b.gambiense, transmis à l’homme par Glossina palpalis palpalis (C. Laveissière et al., 2000, p. 42). La population à risque de contracter la THA est essentiellement constituée d’agriculteurs, particulièrement de manœuvres qui travaillent dans les plantations de café et de cacao du sud forestier (JP. Hervouët, 2000, p. 221).
Caractérisé par sa situation en zone de transition forêt-savane, le foyer de THA de Bonon est situé en secteur de forêt mésophile. C’est le foyer de THA le plus actif de la Côte d’Ivoire. Ce pays est le deuxième le plus atteint en Afrique de l’Ouest par cette pathologie (OMS, 2014, p. 15). Le domaine de forêt mésophile est propice à l’agriculture de rente notamment celle du binôme café-cacao qui est le socle de l’économie ivoirienne. Une situation qui a eu une influence sur cet espace. Le faible peuplement autochtone Gouro des années 1960, composé de 20 unités d’habitation (IGN, 1959), a été profondément modifié par l’implantation depuis des décennies de plusieurs vagues d’immigrés de divers horizons géographiques. Ce sont essentiellement des populations du Nord (Sénoufo, Malinké, Lobi) et des Baoulés du centre auxquels se sont joints des populations venues du Mali, de la Guinée et surtout du Burkina Faso (Mossi en particulier).
Cette nouvelle configuration du peuplement a bouleversé la structure de l’habitat, l’emprise agricole et aussi le support forestier original. C’est dans cette situation de recomposition paysagère que l’endémie de la THA a connu une explosion en 1997 à Bonon (JP. Hervouët, 2000, p. 214). Dès septembre 1997, les équipes de chercheurs de l’Institut Pierre Richet (IPR), de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD, ex-ORSTOM) et du Projet de Recherche Clinique sur la Trypanosomiase (PRCT) ont initié la lutte contre la THA dans le foyer de Bonon. Des prospections médicales et entomologiques menées pendant plusieurs années ont permis de faire baisser considérablement les prévalences. Ainsi depuis 2007, c’est moins de 10 cas par an qui sont notifiés (MK. N’Djetchi et al., 2017, p. 3). En 2015, dans un espace presque totalement occupé par les hommes répartis dans 335 unités de peuplements, de rares malades sont dépistés dans le foyer de Bonon. Parallèlement à cette augmentation de la population et à la baisse des prévalences de la THA, la carte de la distribution des glossines se modifie. Bien que la lutte médicale et entomologique aient donné des résultats très significatifs dans le foyer de la THA de Bonon, quels sont encore les facteurs physiques et humains qui y maintiennent cette maladie? Ce travail vise à expliquer comment les changements subis par le paysage forestier du fait de la forte anthropisation ont eu des conséquences sur la distribution des glossines et la THA dans le foyer de Bonon. Il s’intègre dans une méthodologie pluridisciplinaire. Aussi, en plus d’une approche géographique, l’étude a-t-elle fait appel à des données des sciences biomédicales (entomologie et parasitologie).

1. Méthodologie

1.1. La zone d’étude

Le foyer de THA de Bonon est situé au sud de l’axe routier bitumé Bouaflé-Daloa dans la sous-préfecture de Bonon (Carte n°1), dans le département de Bouaflé (région de la Marahoué). Situé dans une zone de mosaïque de forêt et de savanes incluses, le foyer bénéficie d’un climat de type guinéen caractérisé par quatre saisons avec une pluviométrie annuelle qui oscille entre 1 100 et 1 400 mm. Les températures varient peu et avoisinent 25°C toute l’année. La zone est animée essentiellement par l’activité agricole. Le binôme café-cacao et les cultures vivrières du riz, de la banane plantain, du maïs et de l’igname sont les plus pratiquées. Depuis quelques années l’élevage de bovins prend de l’importance du fait des transformations paysagères qui l’autorise désormais, il constitue un bon complément économique aux activités agricoles (F. Ruf, 2008, p. 7). Le réseau hydrographique de la zone est constitué exclusivement de cours d’eau temporaires qui s’assèchent de plus en plus vite au cours de l’année, du fait d’un raccourcissement de la saison des pluies depuis des décennies dû au dérèglement climatique (YT. Brou et al., 1998, p. 367). Au plan épidémiologique, c’est en 1997 que le foyer se révèle avec 20 cas de THA dépistés. L’épidémie atteint son pic avec 96 cas en 2000. Depuis 2007, le nombre de nouveaux cas notifiés est passé sous la barre de 10 cas/an (MK. N’Djetchi et al., 2017, p. 3).
Carte n°1 : Localisation de la zone rurale étudiée, située au sud de la ville de BononLocalisation de la zone rurale étudiée, située au sud de la ville de BononSource : 2CI-THA, IPR/IRD, 2017

1.2. Matériels et démarche géographique

L’étude est basée sur plusieurs sources. La première source est constituée de deux séries de recensements exhaustifs des populations et des unités d’habitat de la zone d’étude et d’une cartographie fine du réseau de pistes et des peuplements faîtes par GPS en 2002 et en 2015 par l’IPR. La deuxième source provient de deux images Landsat couvrant le foyer de Bonon (colonne 197 et ligne 55) : une image Landsat 7 ou EMT+ (Thématique mappers améliorée) prise le 20 janvier 2002 et une image Landsat 8 ou OLI (Operational Landsat Image) prise le 18 décembre 2015. La troisième source est composée des résultats des prospections médicales de dépistage de la population du foyer et des enquêtes entomologiques de capture de glossines. Ces deux séries d’enquête ont eu lieu en décembre 2002 et décembre 2015 pour le dépistage et en juillet 2002 et juin 2015 pour l’enquête entomologique.
Les données des recensements de 2002 et 2015 permettent de suivre les paramètres socio-démographiques notamment les volumes de populations et le caractère rural de la population. La cartographie fine du réseau de pistes et de peuplements rend compte du degré d’anthropisation de la zone. Cette anthropisation, marquée par l’occupation du sol est mise en évidence par le traitement des images Landsat des deux périodes. L’étude de l’évolution de l’occupation du sol est basée sur une analyse diachronique des images aux deux dates. Les scènes utilisées ont été enregistrées en saisons sèches.
Les données biomédicales géo-localisées, permettent de corréler les phénomènes d’anthropisation et leurs conséquences sur l’environnement des glossines et par ricochet sur la maladie du sommeil. En 2002 et en 2015, des dépistages médicaux de la THA ont été réalisés sur les populations du foyer de Bonon. Ces prospections sont censées être exhaustives mais dans la réalité, c’est une relative proportion de la population qui se présente aux postes médicaux (Photo n°1).

Photo n°1 : Dépistage actif de la THA par une équipe de santé mobile dans la zone rurale au centre du foyer en 2002 et à Gblo, hameau baoulé au sud-est de la zone d’étude en 2015

Dépistage actif de la THA par une équipe de santé mobile dans la zone rurale au centre du foyer en 2002 et à Gblo, hameau baoulé au sud-est de la zone d’étude en 2015Source : B. Coulibaly, 2002 et 2015
A l’occasion des prospections médicales, le personnel médical va vers la population : c’est le dépistage actif. Les personnes sont recensées à leur arrivée. Avec un ticket qui les identifie, ils sont soumis à deux séries de test. Le premier test est un test sérologique, il permet de constater la présence d’anticorps du trypanosome dans le sang. Lorsque ce test est négatif, la personne est dite indemne de THA. Si elle est positive, elle est dite suspecte et subie le deuxième test (parasitologique) pour la mise en évidence du parasite. Si le  parasite est vu dans le sang, la personne est déclarée malade et enregistrée comme tel. Dans le cas contraire, elle reste suspecte. Notre étude concerne seulement les malades. Un autre mode de dépistage permet de compléter notre liste des malades, c’est le dépistage passif qui est le fait d’une notification de cas à la suite d’une consultation médicale classique dans un centre de santé.
Les données entomologiques ont été collectées à l’aide de 320 pièges de capture « Vavoua » en 2002 (Photo n°2) et de 278 en 2015. Le piège « Vavoua » est un attractif visuel de la glossine. Il est composé d’un tissu bleu qui attire et d’un tissu noir sur lequel la glossine se pose. Une cage au-dessus du piège emprisonne les glossines.

Photo n°2 : Piège « Vavoua » posé à l’intersection d’une rue et d’un bas-fond dans la ville de Bonon

Piège « Vavoua » posé à l’intersection d’une rue et d’un bas-fond dans la ville de BononSource : B. Coulibaly, 2015
Ces pièges sont posés dans les lieux de contact homme-vecteur (passage de voie communication dans les bas-fonds, points d’eau, périphérie des peuplements, plantations) et les gîtes potentiels (cours d’eau, bas-fonds, clairières de forêt).
En 2002, les pièges ont été posés pendant 4 jours successifs et récoltés toutes les 24 heures. En 2015, cet exercice s’est répété dans les mêmes espaces pendant 2 jours et des récoltes toutes les 24 heures. Cette différence de durée de pose ne biaise pas la comparaison entre 2002 et 2015. La densité apparente de glossine (DAP) par jour est calculée selon la formule suivante :
DAP = Nombre de glossines / (nombre de pièges x nombre de jours)
Cette variable exprime le nombre moyen de glossines que l’on capture par jour dans un piège posé à un point précis.
Les cartes ont été réalisées avec le logiciel QGIS 2.8.2 à partir des fonds de cartes topographiques, de relevés GPS et des tables de données géoréférencées tandis que les images Landsat ont été traitées par le logiciel ENVI 4.8 avec des précisions (overal accuracy) de 94, 61 % pour l’image de 2002 et de 97, 45 % en 2015. Le coefficient de Kappa est de 0,91 et 0, 96 respectivement en 2002 et 2015. Ce qui explique une bonne caractérisation de l’occupation du sol. Ces résultats ont été intégrés dans une base de données pour le SIG sur QGIS 2.8.2. Ce traitement s’est basé sur une classification colorée pour discriminer le paysage forestier de la zone d’étude.
La démarche géographique s’articule autour des éléments du complexe pathogène représentés par l’homme (victime et réservoir de parasite), la glossine (vecteur, à écologie exigeante nécessitant un bon couvert végétal pour l’ombre et une hygrométrie adaptée à sa survie), le trypanosome (l’agent pathogène) et le milieu naturel où ces éléments tissent leurs relations, (H. Picheral, 1982, p. 167) (Figure n°1). Il s’est agi d’apprécier comment les éléments de ce complexe ont évolué dans le temps et corrélativement, l’état de leurs interrelations. Spécifiquement, l’étude montre l’évolution du contact de l’homme et du vecteur dans un environnement favorable à la survie de celui-ci.

Figure n°1 : Schéma du complexe pathogène et les relations qui les lient

Schéma du complexe pathogène et les relations qui les lientSource : P. Grébaut, 2009

2. Résultats

2.1. Le foyer de Bonon, une zone en saturation foncière 

2.1.1. Une transformation physionomique spectaculaire

Au moment où la THA revêtait un aspect épidémique à la fin des années 1990 et au début des années 2000, le foyer de Bonon connaissait déjà des signes de saturation foncière. En 2015, cette saturation s’amplifie. En effet, la caractérisation de l’occupation du sol par le traitement d’image Landsat ETM+ et Landsat OLI respectivement de 2002 et 2015 a donné la répartition du tableau 1.

Tableau n°1 : Statistique d’occupation du sol de 2002 à 2015

Statistique d’occupation du sol de 2002 à 2015Source : B. Coulibaly, 2015
Le tableau montre de grands bouleversements dans la distribution des éléments de l’occupation du sol. La forêt a quasiment disparue en 2015. Ne subsistant que sous la forme de forêts sacrées, elle couvre moins de 1 % de la superficie de la zone, alors qu’en 2002 elle couvrait 8 % de la zone d’étude. Le complexe café-cacao (plantation arbustive) qui domine l’espace en 2002 avec 73,6 km2 (63 %) sur une superficie totale de 117 km2, décline pour atteindre 30,42 km2 (26 %). La surface perdue est affectée en 2015 à la culture arborée de l’hévéa, de l’anacarde et du teck ainsi qu’aux cultures vivrières. Ces deux formations qui occupaient en 2002 respectivement 0,1% et 14,4 % de la zone, en occupent 23,14 % et 47 % de la surface en 2015. En 2015, en même temps que les superficies de forêts connaissent une réduction drastique, la savane qui était peu utilisée est mise en valeur sous la forme de plantation arborée notamment le teck. La carte 2 montre comment en l’espace de 13 ans les parcelles de vivriers ont plus que triplé passant de 14 % de la zone à 47 %. Elle montre aussi le déclin du binôme café-cacao et l’introduction de nouveaux plants. Les sols nus, conséquences d’une jachère trop courte des parcelles vivrières de plateaux (maïs et haricot) de 2002 sont résorbés en partie par les tecks, l’anacarde et l’hévéa.

2.1.2. La recomposition d’une agriculture en crise

Trois formations de l’occupation du sol attirent l’attention du témoin de la zone pendant les 2 périodes. L’évolution des vergers de cacaoyers et de caféiers, l’utilisation des bas-fonds et l’invasion des adventices herbeux. La première formation est le complexe cacao-café, qui occupait la majeure partie de la surface de la zone d’étude en 2002 (63 %) et qui en représente encore le ¼. Mais force est de constater que les vergers qui étaient verdoyants en 2000 sont affectés par une série de problèmes. La photo 3 montre une replantation de cacao  souffrant de la sécheresse.

Photo n°3 : Jeune plantation de cacao affectée par une saison sèche rigoureuse

Jeune plantation de cacao affectée par une saison sèche rigoureuseSource : B. Coulibaly, 2015

Carte n°2 : Occupation du sol du foyer de la THA de Bonon en 2002 et 2015

Occupation du sol du foyer de la THA de Bonon en 2002 et 2015           Source : Image landsat EMT+ de 2002 et landsat 8 de 2015                                Réalisation: B. Coulibaly, 2015                                                                                                             
Les problèmes de la cacaoculture sont : le vieillissement du verger, la maladie du swollen shoot (Photo n°4). Ces problèmes ont pour corolaire la transformation des plans malades ou séchés en bois de chauffe et aussi l’adoption des nouvelles mesures enseignées par les agents d’encadrement du ministère de l’agriculture. Ces mesures sont entre autre la replantation du cacaoyer ou l’introduction des nouvelles cultures telles que l’anacarde, l’hévéa et le teck (Photo n°5).

Photo n°4 : Pancarte de sensibilisation aux méfaits du swollen shoot dans un champ dévasté par le vieillissement et la maladie virale (swollen shoot)

Source : B. Coulibaly, 2015

Photo n°5 : Replantation de cacaoyers et jeunes plants d’hévéa à Kouamékro

Source : B. Coulibaly, 2015
La deuxième formation concerne le profond changement des bas-fonds sous la pression des cultures vivrières. En 2002, les superficies de bas-fonds étaient sous-exploitées ou encaissées dans des vergers boisés de cacao (Photo n°6).

Photo n°6: Bas-fond rizicole encaissé dans la cacaoyère au sud-ouest du foyer (a) et un bas-fond non cultivé au bord de la piste au sud de Deux-Côtes (b)

Source : B. Coulibaly, 2015
En 2015, les bas-fonds sont des espaces découverts, affectés à l’exploitation de différentes spéculations vivrières dont la riziculture et les maraîchers (Photo n°7).

Photo n°7 : Bas-fond complètement ouvert sous le poids des cultures vivrières

Source : B. Coulibaly, 2015
La troisième observation est la prolifération des adventices nuisibles principalement chromolaena odorata et digitaria (Photo n°8) qui donne au paysage un aspect de savane dans la forêt.

Photo n°8 : Invasion de chromolaena odorata dans une vieille plantation de cacao de Saakro (a) et de digitaria en compétition avec une replantation de cacaoyers à Blablata (b)

Source : B. Coulibaly, 2015
L’aspect du paysage à grande échelle géographique passe d’un espace couvert de forêts et de vergers de cacaoyers à un espace très ouvert constitué de jeunes vergers et d’herbes : un espace en reconstruction en 2015.
Cette transformation rapide du couvert végétal est l’œuvre d’une démographie agricole galopante dans le foyer.

2.2. Une évolution rapide de la population

La population de la sous-préfecture à l’instar de la ville de Bonon, connait une croissance rapide, tirée par deux facteurs : l’accroissement naturel, l’immigration suscitée par l’attraction économique de la ville de Bonon (RGPH, 2014). De 2002 à 2015 la population de la ville de Bonon est passée de 28 140 habitants à 90 792. Quant au foyer de THA de Bonon, les recensements effectués en 2002 et en 2015 par l’IPR montrent que le volume de la population a doublé passant de 22 273 à 41 925 habitants. Cela fait presser une forte densité humaine sur la zone. Déjà largement au-dessus de la moyenne nationale (71,3 habitants/km2), la densité de la zone d’étude est passée de 189 habitants/km2 en 2002 à 356 habitants/km2 en 2015. Mais cette population est inégalement répartie. En effet la ville de Bonon et les villages sur les limites du foyer regroupent l’essentielle de la population. Le centre du foyer est constitué de campements, de culture avec de faibles populations. La carte 3 illustre l’évolution du volume de population des localités de la zone.

Carte n°3 : Evolution des volumes de population dans le foyer de THA de Bonon de 2002 à 2015

         Source : Images landsat 7 de 2002 et landsat 8 de 2015; Recensements IPR/IRD de 2002 et 2015                   Réalisation : B. Coulibaly, 2015
En plus de la ville qui s’agrandit, les hameaux augmentent aussi en taille et en nombre.
La double dynamique caractérisée par l’accroissement démographique rapide et les pressions sur le couvert végétal engendre des conséquences sur la distribution des glossines vectrices de la THA et la maladie dans la zone.

2.3. Redistribution des glossines et localisation des trypanosomés dans le foyer de Bonon

Cette recherche fait deux constats principaux concernant les populations de glossine:
- premièrement, les volumes de glossines ont baissé entre 2002 et 2015 et ;
- deuxièmement une variation dans des localisations selon l’importance de la densité de glossines. La carte 4 présente cette situation. Elle montre la variation des densités apparentes de glossines (DAP) tant dans son volume que dans sa répartition spatiale. Rappelons que cette densité entomologique est une moyenne journalière de capture de glossine et se rapporte à un point : celui de la localisation du piège.
 La densité moyenne est plus forte en 2002 qu’en 2015 soit respectivement 4,7 et 1,1 glossines par jour et par piège. La zone rurale notamment le centre du foyer, au milieu des champs est particulièrement infesté de glossines en 2002 contrairement aux grosses agglomérations (ville et villages). L’ouest de la zone est aussi infesté. En 2015, les fortes densités se localisent surtout dans les villages et la ville de Bonon. Le sud de la zone est aussi densément peuplé par les glossines. Le centre du foyer est presque assaini de glossines. Cette redistribution des glossines à une répercussion sur celle de la Trypanosomiase Humaine Africaine (THA).
Le foyer de THA de Bonon connait une baisse significative de ses prévalences entre 2002 et 2015 (Carte n°5). En 2002, au plus fort de l’épidémie, 96 malades ont été dépistés. Quinze ans plus tard, soit en 2015, seulement 2 malades sont dépistés dans la périphérie Sud de la ville de Bonon. Les malades dans leur grande majorité résident en ville principalement au Sud de la voie bitumée Bouaflé-Daloa en 2002. Ils sont aussi résidents de la zone rurale Sud. En effet, on les retrouve dans le village de Blablata et dans les hameaux de Saakro et Kouamékro à l’ouest et de Tiégbekaha au Sud-Est ainsi que dans les campements au centre du foyer. En 2015, seule la ville abrite des cas notamment dans sa périphérie Sud. En somme, la THA devient une maladie urbaine en 2015.

Carte 4 : Distribution des glossines dans le foyer de THA de Bonon en 2002 et 2015

Image Landsat 7, Janvier 2002 et Landsat 8, Décembre 2015
Enquêtes entomologique IPR/IRD 2002 et 2015; Réalisation B. Coulibaly, 2016

Carte n°5 : Localisation des résidences des cas de THA dans le foyer de Bonon en 2002 et 2015

Image Landsat 7, Janvier 2002 et Landsat 8, Décembre 2015 ; Prospection médicale IPR/IRD 2002 et 2015                      Réalisation B. Coulibaly, 2016

3. Discussion

3.1. Une déforestation rapide due à une forte anthropisation

Le défrichement de la zone d’étude s’inscrit dans celui de la sous-préfecture de Bonon qui fait partie des fronts pionniers du centre-ouest dont l’exploitation a commencé à la fin des années 1950 (Ibo, 2006, p. 10). En 2000, la zone d’étude ne conservait que 8 % de son couvert forestier, le reste étant occupé par l’agriculture et les habitations. Quinze ans après, la forêt a quasiment disparue et représente moins d’1 % des superficies. Ce constat se résume par le choix de la politique de développement du pays depuis l’époque coloniale (AA. Hauhouot, 1992, p. 357). C’est une économie basée sur la culture du café et du cacao, deux produits aux méthodes culturales extensives. Aussi rapide que soit la déforestation à Bonon au profit du binôme café-cacao, elle est jugée moins rapide comparée à celle de la région de Méagui au Sud-Ouest du pays (R. Balac, 1997, p. 314 ; AA. Ouattara et al., 2018, p. 192). Cette déforestation est l’œuvre d’une immigration rapide encouragée par les pouvoirs publics pour maintenir le niveau de production de ces produits qui représentent une part essentielle du PIB (40 %).
Le peuplement de Bonon est ancien puisque dès 1960, dans la zone d’étude, existait déjà 11 villages le long de la voie principale Bouaflé-Daloa. Ce sont les villages de Sehizra, Zaguié et Vrigrifouta qui, à l’occasion de la politique colonial de regroupement des villages le long des voies de communication, ont rejoint Brozra et Fréfrédou. Le village de Ouarébota rejoint ceux de Blablata et de Madiéta tandis que Bognozra et Gobazra se réunissaient. En plus de ces villages nous comptons le village de Dabouzra et 4 campements. A cette date le canton Gouro dont fait partie Bonon avait une densité de 12 habitants au kilomètre carré (hbts/km2) (C. Meillassoux, 1999, p.35). La répartition démographique en 2002 est la résultante de 40 années d’arrivées de migrants en quête de terres cultivables. Déjà à cette date, la densité humaine qui est de 189 hbts/km2 double en l’espace de 15 ans pour atteindre 356. En fait, le peuplement du centre-ouest se caractérise par une augmentation spectaculaire de son volume de population, notamment d’un apport provenant de la « boucle du cacao » vieillissante du Centre-Est (front pionnier précédent) (AA. Hauhouot, 2002, p. 106 ; Y. Oszwald, 2005, p. 56). C’est une population qui vient d’horizons divers parmi lesquels des foyers de THA encore actifs comme Bouaflé, Daloa et les villages dits de colonisation burkinabé de Bouaflé (Koudougou, Garango et Sourgou) (JP. Hervouët, 2000, p. 214). Mais la situation géographique de la zone est favorable à la glossine-vectrice de la THA. La dynamique démographique impulsée par l’accroissement naturel et la forte immigration ont eu deux conséquences. La première est introduction du pathogène dans le foyer à cause de l’origine des migrants et l’autre conséquence est la pression agricole dans la zone.

3.2. L’impact du peuplement et de la déforestation sur la THA dans le foyer de Bonon

3.2.1. Modification du couvert végétal et évolution de la densité apparente de glossines dans le foyer de Bonon

De 2002 à 2015, la baisse des densités de glossines semble consécutive à la baisse de la couverture forestière eu égard à la transformation de son gîte. La glossine est très dépendante de l’ombrage et de l’humidité pour sa survie. Pour cela les reliques forestières et les bas-fonds humides constituent des lieux de prédilection des glossines. Dans la zone du sud forestier ivoirien, les entomologistes ont cité les cacaoyères et les caféières couvertes comme étant des gîtes favorables aux glossines (C. Laveissière et al., 2003, p.40, 67) au même titre que les forêts anthropisées. Mais ces vergers sont vieillissants et affectés par les maladies. De ce fait, en 2002, les nombreuses reliques forestières au centre et à l’ouest de la zone et les cacaoyères qui favorisaient l’épanouissement des glossines, ne jouent plus ce rôle. La couverture forestière n’est représentée que par d’étroites reliques au Sud du foyer et par les forêts sacrées des villages et de la ville de Bonon. Les localisations des parcelles de forêt et des glossines sur les cartes 2 et 4 illustrent bien la corrélation entre couvert forestier (forêts sacrées) et densité de glossines.
Les superficies des bas-fonds cultivés en 2015 ont considérablement augmenté. De ce fait, la surface de vivriers a atteint 47 %. Ces terres, autrefois considérées comme marginales sont progressivement devenues des lieux privilégiés d’une nouvelle agriculture marchande que sont le riz, la banane plantain et les maraichages (Lavigne D.P.et al, 1996, p. 1). Avec la raréfaction des terres cultivables, l’intérêt croissant pour les bas-fonds compense le manque d’espace de culture et permet une augmentation de la production vivrière pour nourrir une population en constante croissance. La forte utilisation des bas-fonds ne permet pas l’ombrage nécessaire à la survie des glossines (F. Courtin et al., 2005, p. 6).

3.2.2. La dynamique de population et de paysage en 2015 dans le foyer de Bonon : une conjoncture favorable à la lutte contre la THA

La baisse de la prévalence de la THA à Bonon n’est pas le seul fait de la lutte médicale menée dans le foyer depuis 20 ans. Cette baisse est due aussi à la dynamique du système pathogène. En effet la forte pression anthropique a entrainé une déforestation majeure, à tel point que les conditions de l’épanouissement du vecteur font défaut. La littérature sur la lutte contre la maladie du sommeil rappelle comment la lutte agronomique a été efficace contre les populations de glossines. Cette lutte est basée sur la modification de la végétation du gîte de l’insecte par le débroussaillage notamment (C. Laveissière et al., 2000, p 99). Les rares couvertures forestières où gîtent des glossines qui résistent à cette pression sont majoritairement des forêts sacrées. Les gîtes de prédilection de la glossine que sont les plantations de cacao et les bas-fonds ne jouent plus leur rôle, car il manque d’ombrage et aussi d’humidité, du fait d’un asséchement général du paysage. Ce manque d’humidité résulte aussi de la durée de saisons sèches constatées depuis des décennies par les travaux de Brou (2009, p. 15). Aussi en 2015 seuls 2 malades ont-ils été dépistés dans le foyer et cela dans la périphérie de la ville de Bonon. Dans un élan de survie, les glossines sont protégées dans les forêts sacrées et leurs périphéries. Cette nouvelle situation qui cloisonne les vecteurs diminue la possibilité du contact homme/vecteur mais ne l’exclue pas à long terme. En effet, les replantations du cacao et les plantations arborées du teck et de l’hévéa seront probablement assez ombrageuses pour abriter à nouveaux des glossines et relancer la trypanosomiase Humaine Africaine (THA).
La lutte contre la maladie du sommeil est axée sur deux stratégies. L’extraction du parasite du foyer par le dépistage et le soin des malades et l’élimination des vecteurs dans la zone (C. Laveissière et al., 2000, p. 131). L’étude montre qu’en cette période de baisse de prévalences et des densités de glossines et le cloisonnement spatial de celles-ci, qu’une lutte médicale sera plus objective et moins coûteuse dans les espaces riverains des forêts sacrées. Une collaboration des acteurs de la lutte contre la THA et les gestionnaires des forêts sacrées permettrait une élimination durable des glossines-vecteurs. Cette lutte anti-vectorielle doit utiliser des outils sélectifs tels que le piège « Vavoua » à l’intérieur et à la périphérie des forêts sacrées.

Conclusion

Le foyer de THA de Bonon s’est révélé à la fin de l’année 1997 dans un contexte favorable à l’expression de son système pathogène. Les éléments de ce système ont évolué dans le sens d’un blocage. D’une part la scène de cette dynamique se décrit comme suit : le biotope forestier a connu une forte dégradation et tend à annihiler le rôle du vecteur (la glossine) en le confinant dans de rares reliques et forêts sacrées en lisière des villages Gouro et de la ville. D’autre part la lutte médicale a diminué considérablement le réservoir de parasite. Ainsi, la faiblesse du réservoir de trypanosomes chez l’Homme, corrélée à la diminution des possibilités de rencontre entre l’Homme et les glossines du fait des mutations spatiales observées entre 2002 et 2015, ne semble plus permettre la transmission du trypanosome à l’Homme. Le cycle épidémiologique de la THA n’est plus fonctionnel, excepté dans des lieux très localisés, situés à la périphérie des villages autochtones Gouro caractérisés par la présence de forêts sacrées encore bien conservées, qui représente un refuge pour les glossines, d’autant plus dangereux qu’il est situé à proximité des Hommes.
Les résultats de cette étude doivent permettre au programme national d’élimination de la THA (PNETHA) d’orienter la lutte médicale et anti-vectorielle en direction des peuplements les plus à risque d’héberger des cas de THA, afin d’éliminer durablement cette maladie centenaire.

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Pour citer cet article


Référence électronique
COULIBALY Bamoro, KROUBA Débora Isabelle, KOUAKOU Aristide Adjoua Colette, OUATTARA Aboubacar Adama, BERTÉ Djakaridja, TA BI Tra Dieudonné, RAYAISSE Jean-Baptiste, JAMONNEAU Vincent, SOLANO Philippe, KOFFI Yao Jean-Julius, KABA Dramane, ANOH Kouassi Paul, ASSI-KAUDJHIS Joseph Pierre, COURTIN Fabrice,Conséquences sanitaires de la dynamique du paysage rural dans le foyer de Trypanosomiase Humaine Africaine (THA) de Bonon (Côte d’Ivoire) entre 2002 et 2015 , Revue Espace Territoire Population et Santé ," [En ligne] 2019, mis en ligne le 19 Janvier 2019, consulté le 2019-05-19 12:05:57, URL: https://www.retssa-ci.com/index.php?page=detail&k=34







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