2020/Vol.3-N°5: Système alimentaire urbain et santé en Afrique
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Le maraîchage : technique de production et difficultés rencontrées par les producteurs de Moundou au Tchad
Marketage: production technique and difficulties encountered by Moundou producers in Tchad

DOUDOUA Yassine
Doctorant
Laboratoire de recherche RURALITES, (France)
Université de Poitiers, Ecole Doctorale SSTSEG
yassine.doudoua@univ-poitiers.fr

YENGUE Jean Louis
Enseignant-Chercheur, Professeur de Géographie
Laboratoire de Recherche RURALITES, (France)
Université de Poitiers
jean.louis.yengue@univ-poitiers.fr

DJONDANG Koye
Docteur en Agroéconomie
Institut Tchadien de Recherche Agronomique pour le Développement (ITRAD)
N’djamena (Tchad)
djondang_koye@yahoo.fr


Résumés



Entrée d'Index


Mots clés: Tchad | Moundou | agriculture urbaine | maraîchage | revenu | sécurité alimentaire |

Keys words: Chad | Moundou | urban agriculture | market gardening | income | food security |


Texte intégral




Introduction

Dans le monde, la population urbaine croit rapidement. Selon les Nations Unies, on attend une forte augmentation du nombre des urbains, passant de 3,6 milliards en 2011 à 6,3 milliards en 2050 (I. De Filipe et al, 2015, p. 1).  Cependant, l’urbanisation en Afrique au sud du Sahara est récente. Elle a pris son élan pour la plupart des pays africains, au lendemain de l’indépendance (M. Arnaud et al, 1998, p. 4). En effet, l’urbanisation se fait de manière diversifiée, car elle ne se limite pas à l’extension d’une seule ville, mais plusieurs, à l’intérieur d’un même pays (M. Fall et S. Coulibaly, 2016, p. xiii).
En 1950, le taux d’urbanisation n’y était que d’un peu plus de 10 %. Mais il a atteint aujourd’hui 37 % (alors qu’au niveau mondial, il est proche de 50 %). L’urbanisation a en effet été rapide tout au long des 50 dernières années. Aujourd’hui, la population urbaine s’accroit de 3,9 % par an, en Afrique (F. Gendreau, 2008, p. 11).
En Afrique au sud du Sahara, les gouvernements et les municipalités sont le plus souvent démunis devant les besoins multiples d’une population de plus en plus importante, mais pauvre, notamment en ce qui concerne les services et les dépenses d’infrastructure : construction de logements, services d’éducation et de santé, transport urbains, approvisionnement des marchés, évacuation et traitement des eaux usées et des déchets, fourniture d’eau et d’énergie, etc. Dans ce contexte, l’agriculture urbaine et périurbaine peuvent jouer un rôle déterminant dans l’approvisionnement alimentaire, la création d’emplois et la génération des revenus (F. Gendreau, 2008, p. 9).
Dans les pays du Sud, l’agriculture urbaine joue un rôle majeur dans l’approvisionnement alimentaire en produit frais, du fait de l’insuffisance des infrastructures de transport (J-L. Yengué, 2019, p. 109). Mais dans les pays du Nord, elle concerne d’abord l’agriculture périurbaine en lien avec l’approvisionnement alimentaire de la ville, souvent sous forme de circuit court diversifié (vente à la ferme, cueillette, paniers, etc.), où la fraicheur des produits et la connaissance du producteur sont des critères importants pour les consommateurs (C. Aubry et al, 2014, p. 74).
Le Tchad, est un vaste pays enclavé, situé au cœur du continent africain. Il couvre une superficie de 1 284 000 km² et partage les frontières avec six pays. Il est soumis à un climat caractérisé par l’alternance d’une saison des pluies et d’une saison sèche. Les pluies arrivent dès le mois d’avril dans la zone soudanienne du pays et atteignent leur maximum aux mois de juillet-août. Trois grandes zones agro-écologiques se distinguent nettement dans le pays. Elles sont caractérisées par des conditions climatiques et agricoles différentes, largement influencées par la pluviométrie, qui varie du nord au sud, entre 100 mm à 1 200 mm. Ces zones agro-écologiques, avec des potentialités naturelles et productives spécifiques sont du nord au sud, la zone saharienne, la zone sahélienne et la zone soudanienne.
Le Tchad, à l’instar des autres pays en développement est caractérisé par l’urbanisation rapide de sa population (Ph. Antoine, 1996, p. 65). P. Vennetier (1969, P. 5) l’avait déjà bien souligné dès la fin des dix premières années des indépendances de la plupart des pays Africains. Le taux d’urbanisation au Tchad a atteint en 2009, 21,7% (INSEED[1], 2009, p. 21). Moundou, la capitale économique située au sud du pays, est le symbole de cette croissance galopante et continue de recevoir d’importants flux de population en provenance de divers horizons. De 50 000 habitants dans les années 1980, les Moundoulais sont estimés à 187 000 habitants en 2010 (D. All-yom, M. Madji, 2012 p.vii). L’urbanisation a parfois pour cause non seulement la migration structurelle, mais également conjoncturelle (M-A. Pérouse de Montclos, 2010, p. 3). Pour le cas de la ville de Moundou, les disettes et les conflits armés ont contribué de manière à n’en point délaissé à sa croissance rapide.
Les défis à relever face à la croissance démographique sont nombreux et complexes. Le premier concerne l’accès à l’alimentation de base : comment nourrir tant d’êtres humains, et surtout autant d’urbains (T. Sposito, 2010, p. 8). Le maraîchage offre pour des populations urbaines pauvres, l’opportunité d’accès aux produits indispensables pour leur survie, tant pour des besoins alimentaires que pécuniaires. Dans la ville de Moundou comme partout ailleurs en Afrique sahélienne, le maraîchage se pratique en général pendant la saison sèche, avec une production maximale en janvier-février. Toutefois, il y a bien d’espèces (tomate, gombo, aubergine, piment, etc.) qui s’adaptent bien en saison pluvieuse (A. Issa et al, 2008, p. 4).
Autour de la ville de Moundou, les superficies consacrées à la production maraîchère ont considérablement augmenté, la suppression des subventions à la production coton a incité de nombreux agriculteurs à diversifier leur production (FAO[2], 2012, p. 88).
Ce travail entend participer à la compréhension de la pratique du maraîchage dans la ville de Moundou au Tchad à travers les techniques de productions adoptées et les difficultés que rencontrent les maraîchers. Alors, qui sont les principaux acteurs impliqués, leurs motivations, ainsi que les systèmes de productions pratiqués ? Comment sont organisés les flux de commercialisation des produits maraîchers et quelles contraintes rencontrent-ils ? Pour répondre à ces questions, des enquêtes qualitatives et quantitatives ont été menées auprès des maraîchers sélectionnés d’une façon aléatoire.
[1]Institut National de la Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques
[2]Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

1. Matériels et Méthodes

1.1. Zone d’étude

Située au Sud-Ouest du Tchad, entre deux plans d’eaux à savoir le Lac Taba au nord et le Lac Wey, Moundou est le Chef-lieu de la Région du Logone Occidental et du Département du Lac Wey. Elle est comprise entre 8°33’43’’ de latitude nord et 16°04’28’’ de longitude Est. Le site actuel de la ville de Moundou est implanté dans une cuvette plate au bord du fleuve Logone. Grâce à sa position stratégique sur les axes routiers les plus importants qui desservent les villes tchadiennes de la région soudano-sahélienne et les connectent aux pays avoisinants, la ville de Moundou demeure un nœud de communication et un carrefour important du pays (Carte n°1). 
Fort d’un potentiel considérable d’unités industrielles sur son territoire par rapport au potentiel industriel à l’échelle nationale, la ville de Moundou se positionne comme la « capital économique » et la « portière de la zone méridionale » du pays. La commune de Moundou, au regard de ses atouts économiques impressionnants constitue, à ne point douter, un « pôle d’échanges » important de par sa proximité géographique avec la république du Cameroun et la République Centrafricaine (PDL, 2014, p. 10).

1.2. Découpage en arrondissement et quartiers

Administrativement, Moundou est classée comme capitale de la région de Logone Occidental, conformément aux dispositions des lois organiques (N° 002/PR/2000 du 16 février 2000 et N° 007/ PR/2002 du cinq juin 2002) portant statut des collectivités territoriales décentralisées. Aux termes des dispositions du décret N°39/PR/MISD/99 du premier février 1999, portant création des Arrondissements municipaux de la Commune de Moundou et en vertu de l’Arrêté municipal N°54/RT/MATD/RLOC/DLW/CM/SG/2012 du neuf juillet 2012 portant réorganisation des Arrondissements municipaux dans la ville de Moundou, la Commune de Moundou est subdivisée en sept Arrondissements qui regroupent 27 quartiers administratifs, eux-mêmes subdivisés en 251 carrés.
Elle s’étend sur une superficie de 317 km² sur laquelle vit une population de 148 303 habitants avec une densité d’environ 467 habitants au km² (INSEED, 2009, p. 26). Cette population, aujourd’hui estimée à plus de 190 000 habitants, se répartit dans 27 quartiers (Tableau n°1) :

1.3. Méthodologie

La collecte des données s’est faite en deux phases : la collecte des données secondaires et celle des données primaires.
1.3.1. Collecte des données secondaires
La phase des données secondaires qui a commencé dès le début de l’étude à N’Djaména et Moundou puis à Poitiers en France.
Ce travail a permis d’appréhender les travaux antérieurs sur la problématique de la production maraîchère et les contraintes y afférent, tant sur le plan national que spécifique à la ville de Moundou. La revue documentaire s’est poursuivie itérativement jusqu’aux épreuves auxquelles est soumis ce manuscrit.
1.3.2. Collecte des données primaires
Trois méthodologies ont été employées pour disposer des données primaires. Il s’agit de l’enquête par entretien en focus-groupe sur la base d’un guide, l’interview individuel sur la base d’un questionnaire et l’observation directe.
Le focus groupe a consisté à regrouper un nombre représentatif des personnes concernées par l’étude selon les critères genre et âge. S’occupant essentiellement de la mise en marché des produits maraîchers, les femmes peuvent ne pas révéler certaines réalités en présence de leurs époux. Chargé et répondant à des critères d’homogénéité. Le regroupement des jeunes à part a visé se savoir si le mobile de leur orientation vers le maraîchage et leurs objectifs diffèrent de ceux des plus âgés. En focus groupe, il est conseillé d’éviter de former des groupes pléthoriques même dans une catégorie homogène. Des regroupements de 6 à 12 individus ont été observés.
Le focus-groupe, tout comme l’enquête par questionnaire se sont déroulé dans les exploitations maraîchères pour permettre de faire l’observation directe.
Le travail d’enquêtes de terrain s’est fait par étapes, en allant toujours du général au particulier : il a consisté d’abord à identifier les systèmes de production mis en œuvre par les exploitants de la zone d’étude avant de les caractériser et les évaluer.
Tout en enquêtant les différents gestes du maraîcher, des travailleurs dans les parcelles et les dispositions pratiques des cultures en planche, la mise en marché des produits maraîchers sont observés. Les données ou informations issues de l’observation directe ont permis de faire des croisements en vue d’une meilleure valorisation des données ainsi collectées.
L’observation directe a été aussi utilisée pour enregistrer des informations complémentaires, afin de cerner les réalités d’ordre physique ou comportementale, ou encore les non-dits. Elle a permis de situer les emplacements des bassins de production. La manière dont les femmes maraîchères transportent les produits pour le marché. La pratique culturale qu’adoptent les maraîchers, qui n’obéit pas nécessairement aux règles de bonne pratique culturale.
Le recours à plusieurs méthodes de collecte de données a permis de recueillir une large gamme de données et d'informations sur le thème traité. L’utilisation des méthodes a permis d’harmoniser et trianguler les informations, afin d’obtenir une vision globale sur la pratique de l’agriculture urbaine dans la ville de Moundou, à travers sa composante maraîchage.
1.3.3. Choix des bassins de production
Le choix des bassins de production a été guidé par la sortie exploratoire de terrain, les échanges informels avec les maraîchers, la documentation ainsi que les rencontres avec les services de l’encadrement des producteurs, en occurrence l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rurale (ANADER). Au total 10 bassins de production maraîchère ont été recensés, dont neuf en zone urbaine et un en zone périurbaine. Étant donné que l’étude a porté sur le maraîchage en zone urbaine, tous les bassins de production en zone urbaines ont été retenus (carte n° 2). Les enquêtes ont été menées à la fin de la saison sèche et en saison pluvieuse. Ceci coïncide donc avec les inondations de certaines zones de production, surtout les berges du fleuve Logone et les deux lacs locaux ainsi que les sites de Koutou et Belaba1.
1.3.4. Échantillonnage des maraîchers
Dans le cadre de cette étude, la population cible est constituée des maraîchers urbains et la technique d’échantillonnage par choix raisonné a été utilisée pour retenir les individus à enquêter. Le tableau n°2 présente leur répartition par bassin de production.
Les entretiens en focus groupe ont permis de concevoir et d’améliorer le questionnaire individuel qui porte sur les pratiques culturales, les ventes et coûts des facteurs utilisés dans la production, afin d’analyser les performances économiques. La collecte des données, basée sur des discussions de groupe est complétée par un questionnaire.
Le choix des maraîchers dans les différents bassins de production, a été fait en collaboration avec les agents de l’ANADER, une structure du ministère de l’agriculture chargée de la vulgarisation, de l’appui-conseil et de la formation des producteurs dans son ensemble. L’enquête s‘est déroulé en juin- juillet, pleine période des cultures pluviales en grand champ dans la zone soudanienne. A cet effet, l’échantillonnage a été fait sur la base de la disponibilité des maraîchers recensés mais aussi de leurs volontés de répondre à l’interview.
1.3.5. Méthode d’analyse des résultats
Les données secondaires constitue?es par la revue bibliographique ont été capitalisé pour rendre compte des travaux antérieurs sur le maraîchage urbain à Moundou. A travers la méthode d’analyse de contenu, les discours obtenus lors des entretiens avec les populations cibles ont été analysés. Un accent a été mis sur les pratiques de production maraîchère et les contraintes y afférent.
Les données collectées par guide d’entretien en focus groupe et par questionnaire ont été? saisies et traitées a? l’aide du logiciel Sphinx afin d’extraire et de capitaliser les informations sous forme numérique facilement utilisables. Elles portent sur des statistiques descriptives (fréquence, écart type, etc.).

2. Résultats

2.1. L’enjeu du maraîchage en ville

L’agriculture urbaine joue un rôle de générateur de revenus, pour les maraîchers à travers la vente de leurs produits. A partir des données collectées sur le terrain, les analyses ont été focalisées sur les types des producteurs, les systèmes de production ainsi que quelques études de cas, afin de confirmer ou informer le rôle que joue la pratique du maraîchage en ville, dans l’amélioration des conditions de vie des ménages maraîchers.
2.1.1. Superficie cultivée
La terre étant le premier facteur de production, constitue l’élément physique de l'unité d'exploitation qui lui permet de se reproduire. Certaines pratiques culturales sont liées directement au statut d'occupation de la terre. La superficie exploitée a été retenue comme critère de classification et le statut foncier comme critère de caractérisation. On classifie des superficies allant de moins de 100 m² à presque 1 500 m² (Graphique n°1).
Les cultures maraîchères occupent de grandes superficies, dans la majorité des bassins de production (Graphiquen°2). Plus de la moitié des maraîchers interrogés (60%) dans les zones urbaines de Moundou ont des parcelles supérieures à 1 000 m², soit plus de 125 planches d’une dimension de 1,20 m sur 10 m par maraîcher.
L’observation Du graphique n° 2 montre que les maraîchers se trouvant sur le site de production de Koutou disposent majoritairement de parcelles ayant des superficies comprises entre 1 000 à 1 500 m². La petite taille des parcelles dans certains bassins de production s’explique d’une part, par le nombre important de maraîchers, à l’exemple du bassin de production de Koutou et, d’autre part par le fait que les bassins situés autour du fleuve Logone et des deux Lacs ne sont pas aménagés. Les maraîchers préfèrent exploiter des parcelles de taille réduite, afin d’en assurer un bon entretien et d’obtenir des rendements satisfaisants, plutôt que d’aménager les bassins autour du fleuve et les deux lacs qui intègrent l’agglomération de Moundou (Carte n°2).
2.1.2. L’accès au foncier
Le mode d’acquisition des parcelles diffère selon les bassins de production. Pour les maraîchers, plusieurs modes d’accès à la terre existent (Graphique n°3). Cependant, on note l’absence de l’accès au foncier par le métayage et le fermage. Le mode d’accès le plus usuel est l’héritage. Les maraichers font également recours à l’achat, au don, à la location et l’occupation des espaces publics pour accéder à la terre.
La terre a un symbole social ; cela se traduit par des attributions gratuites des parcelles de cultures maraîchères à des parents, amis, connaissances, ou par bienfaisance, de la part des propriétaires terriens (13 %).
Sur la majorité des sites de production maraichère, l’accès au foncier par le biais de l’héritage représente plus de 50 % des superficies exploitées, hormis le site de Bellevue, où le mode d’accès au foncier par héritage est inferieurs à 50 %. Les parcelles peuvent également être acquises par des valeurs marchandes (environ 10 % des exploitations sont louées). Les frais de location varient selon la taille des exploitations. L’accès au foncier par location se pratique dans les bassins maraîchers de Taye, Lac-Taba, Bellevue et Belaba 1.
L’accès au foncier reste un problème majeur, malgré la mise en place par le gouvernement du décret N°215/PR/MES/2001, créant un Observatoire du Foncier au Tchad, afin de réfléchir à ce sujet. Même si des maraîchers souhaitaient étendre leur exploitation en raison de la disponibilité de l’eau et de la demande accrue des populations en légumes frais, cette volonté d'extension se heurterait au conflit foncier, en raison de la forte appropriation des terres dans la ville de Moundou. L’étude conduite sur le terrain et les analyses des données collectées confirment que l’accès au foncier se fait majoritairement par le biais de l’héritage. Cependant, les maraîchers ne disposant d’aucun document attestant que les parcelles acquises par héritage leurs appartiennent, ils peuvent être déguerpis du jour au lendemain par la municipalité ou les services du ministère en charge de l’urbanisme.
2.1.3. Approvisionnement en eau
Trois sources d’approvisionnement en eau d’irrigation permettent la pratique du maraîchage en zone urbaine de Moundou. Il s’agit de :
  • Lac Wey et Taba (Photo n°1) 
  • Fleuve Logone (Photo n°2)
  • Puits traditionnels (Photo n°3)
2.1.4. Fertilisation appliquée
Le maraîchage est un système de culture intensif qui nécessite un apport régulier d’engrais. Les tailles assez réduites des parcelles, en comparaison aux grands champs, exigent de l’intensification, afin d’optimiser les productions. Sur l’ensemble des bassins, la majorité des maraîchers utilisent la matière organique comme fertilisant. Ils préparent des composts dans le jardin, suite aux formations reçues pendant la mise en œuvre du projet d’horticulture urbaine (Photos n°4, n°5 et n°6). 
2.1.5. Evaluation économique de la rentabilité du maraîchage, à travers quelques compte d’exploitation
Les produits maraichers de ces neuf bassins de production sont vendus presque exclusivement sur les différents marchés de la ville de Moundou. Par cette vente, le maraicher dispose d’un revenu monétaire dont l’importance dépend de nombreux facteurs tels que le niveau de production, la taille de l’exploitation, la variation des prix, le circuit de commercialisation et la période de mise en marché. Cependant, quels que soient ces facteurs, il convient de se demander si ce revenu peut permettre au maraichers d’assurer sa survie ou si le maraichage, en tant qu’activité économique, est rentable pour ces acteurs ? En théorie, déterminer la rentabilité du maraichage urbain est simple. Les couts de production sont soustraits de la valeur totale de la production (produit brut) pour obtenir le résultat d’exploitation ou revenu net (Tableau n°3). Le calcul des rendements des différents facteurs de production, notamment de la terre, du travail et des intrants, permet de définir la rentabilité de ce type d’activité. En pratique toutefois, cette détermination n’est pas aussi aisée qu’on pourrait le croire.
L’analyse de ces trois comptes d’exploitation montre que les coûts de production les plus élevés sont ceux du bassin de production de Koutou (Tableau n°3). Cela se justifie par l’importance de ses charges en termes de la main d’œuvre et d’achat d’engrais chimiques.
La rentabilité économique du maraichage n’est pas remise en cause, si l’on se base sur ces études de cas de trois spéculations. Elles montrent que les maraichers peuvent plus ou moins subvenir à leurs besoins primaires. Le revenu mensuel de ces exploitations est ainsi nettement supérieur au SMIG (60 000 F CFA).
2.1.6. Commercialisation des produits maraichers : Une activité féminine 
Deux modes de vente des produits maraichers se pratiquent à Moundou : la vente à bord-champ dans les bassins de production et la vente sur le marché. Dans les deux cas, les femmes grossistes communément appelées « mosso » achètent les produits maraîchers en premier et revendent aux femmes détaillantes ou directement aux ménagères. Les photos 7 et 8 montrent comment la mise en marché des produits maraîchers se fait à Moundou.
La vente à bord-champ se fait par unité de surface cultivée pour les légumes feuilles et les légumes bulbes. Tandis que les légumes fruits se vendent en tasse, récipient servant d’unité de mesure sur les marchés locaux. Pour les ventes en planche, les prix de vente se négocient surplace, dans le bassin de production. Les négociations portent à la fois sur la qualité et la densité de la planche. Une fois les produits en planche achetés, les femmes grossistes se chargent elles-mêmes de la récolte des légumes très tôt le matin et, les apportent directement au marché. Certains consommateurs se ravitaillent aussi directement sur les sites de production (surtout en cas de cérémonie). De grands maraîchers vendent en partie leurs produits à bord-champ et apportent une autre partie directement au marché. Ils adoptent ainsi une stratégie pour écouler assez vite leurs produits sachant que les produits maraîchers sont pour la plupart périssables. La vente directe sur le marché permet aux producteurs d’établir une relation avec les consommateurs qui est une forme de diversification de la clientèle. Il arrive parfois que le producteur ne parvienne pas à vendre toute sa récolte dans les délais requis. La production non vendue entre dans l'autoconsommation ou offerte en dons aux amis et connaissances diverses, par manque des moyens de conservation au frais.

2.2. Maraîchage un moyen de survie

A partir des données recueillies sur le terrain par questionnaire ou entretien, la contribution du maraichage à l’amélioration de la sécurité alimentaire des ménages à travers les principales espèces cultivées a été analysée. Les fonctions du maraîchage en ville et les stratégies de diversification développées par les maraîchers ont été également analysées.
2.2.1. Principales espèces cultivées et fonctions du maraîchage
Les résultats de l’étude dans les bassins maraichers de la ville de Moundou ont montré que plusieurs espèces sont cultivées, en occurrence les légumes-feuilles. Viennent ensuite, les légumes fruits, à racines et à bulbes
Lors des échanges avec les maraîchers, trois grands types de fonction que joue le maraîchage urbaine ont été identifiés.
  • Alimentaire : l’autoconsommation, diversité alimentaire
  • Économique : vente de la production principale source de revenu et rentabilité
  • Sociale : entraide et esprit de groupes
2.2.2. Stratégie de diversification
Dans un contexte international de contraintes croissantes sur les ressources naturelles comme sur les marchés, la diversification constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour les agriculteurs du Sud (E. Malézieux, P. Moustier, P, 2005, p. 376).
Dans la zone urbaine de Moundou, les maraîchers font de la diversification dans certains bassins de production en produisant des plants d’agrume (Photo n°9, Photo n°10, Photo n°11) et du maïs irrigué à côté des cultures maraîchères, afin d’augmenter leurs revenus. Ces revenus supplémentaires leurs permettent d’acheter des céréales pour nourrir leurs familles.

2.3. Contraintes liées à la production maraîchère

Dans la zone urbaine de Moundou, le maraîchage est soumis à un certain nombre de contraintes. Ces contraintes se classent en deux catégories :
En amont de la production, l’on mentionne l’accès au foncier, l’inondation, l’approvisionnement en intrants agricoles et surtout de bonne qualité et la divagation des animaux. En aval, il existe des difficultés d’écoulement des produits et une forte concurrence des légumes venant du Cameroun.
En effet, depuis la construction de la route de la ville de Moundou, à celle de Touboro au Cameroun en 2004-2005, les marchands des légumes viennent aisément au Cameroun pour s’approvisionner dans la journée. Cette ouverture crée une situation de concurrence mettant à mal les producteurs maraîchers, mais au profit des consommateurs.
La terre est le principal facteur de production agricole, mais elle fait défaut chez les maraîchers à Moundou. L’urbanisation se développe au détriment des parcelles maraîchères. La mairie et les services du ministère en charge de l’urbanisation ont des visées bien antagonistes à celles des maraichers. La production maraîchère dans la zone urbaine de Moundou se réalise dans un contexte permanent de délocalisation ou de cessation d’activités sur le site de Koutou.
2.3.1. Inondation des bassins de production
En saison pluvieuse, la majorité des bassins de production sont inondés, étant donné que le maraîchage dans la zone urbaine de Moundou se pratique autour des lacs Wey et Taba, aux berges du fleuve Logone, ainsi que dans les bas-fonds de Koutou et de Belaba 1. Globalement, la ville de Moundou constitue une cuvette dans laquelle les crues d’eau des deux lacs et du fleuve Logone s’y jettent. Le drainage devait se faire vers le Nord de la ville, alors qu’il est orienté vers le fleuve Logone au Sud (PDL, 2014, p. 6). Ceci accentue l’inondation de la ville en saison pluvieuse et rend la vie difficile à toute la population moundoulaise, non seulement du point de vue circulation en ville, mais de celui des activités de la population. La non pratique du maraîchage en saison pluvieuse est l’une des conséquences de l’inondation.
2.3.2. Difficultés d’approvisionnement en intrants agricoles et surtout de bonne qualité
Le maraîchage ne bénéficie pas d’un système d’approvisionnement en intrants spécifiques comme pour les autres productions. Les maraîchers sont contraints de se tourner vers le marché où ils achètent des semences, des engrais minéraux et des pesticides de synthèse de formulations inadaptées, à des prix relativement élevés et qui ne sont pas toujours disponibles.
Pour certaines espèces (laitue, corètes) les maraichers produisent eux-mêmes leurs semences. Par contre les semences de la roquette et de la carotte sont importées de l’Europe. Les semences ne sont pas toujours disponibles en temps voulu et ont pour la plupart des cas, un pouvoir germinatif faible, compte tenu de la mauvaise condition de conservation.
2.3.3. Divagation des animaux
Les bassins de production maraîchère sont confrontés à la divagation des petits ruminants et des animaux des transhumants. Le bassin de production le plus exposé est celui de Bellevue. Il est confronté surtout à la divagation des petits ruminants élevés au sein des concessions. Situé en pleine ville, les maraichers de ce bassin n’ont malheureusement pas de moyens pour clôturer les parcelles en matériaux solides. Ils n’utilisent que des matériaux fragiles, en l’occurrence les tiges de sorgho.

3. Discussion

L’agriculture urbaine comme moyen de survie a été déclarée par de nombreux auteurs. A. Olahan (2010, p. 13 et p. 37) l’a bien soutenue en citant le cas de la ville d’Abidjan. La migration constitue l’épicentre de la problématique de l’agriculture urbaine. C’est ce que nous avons abordé dans le cadre de notre étude. En effet, Moundou avec son statut de ville industrielle attire des migrants venant d’autres villes du pays. Elle représente également le pôle privilégié d’exode rural de la circonscription même dont elle est le chef-lieu. Le but de l’attrait des migrants par cette ville est d’abord la recherche du salariat. A défaut d’en avoir, la plupart d’entre eux se convertissent en producteurs maraîchers pour survivre.
Certains auteurs soutiennent que le maraîchage urbain est perçu comme ultime recours pour des besoins nutritionnels (S. H. F. Kakai, 2010, p. 1). L’aspect pécuniaire est pour autant considérable. Car les besoins ne sont pas uniquement nutritionnels, il est aussi social (N. Rebai, 2014, p.), du fait que le maraîchage permet de maintenir des ruraux venus en ville pour chercher du travail salarial, mais à défaut s’adonnent à cette activité agricole. Nombre d’auteurs clament le bienfait du maraîchage sur les trois dimensions : alimentaire, pécuniaire et social. S’agissant de l’aspect pécuniaire du maraîchage, il convient de souligner avec H. Morel Meliki (2020, p. 1), qu’il relève aussi d’une stratégie d’accès au foncier que d’une simple activité de production agricole.
Les cultures maraîchères à Moundou n’ont pas atteint un niveau de mise en marché au point d’en faire du maraîchage une agriculture commerciale comme les travaux de C. Y. Koffie-Bikpo et A. A. Adaye (2014, p. 1) ont permis d’en révéler à Abidjan.
Cependant, le rôle social du maraîchage semble laisser pour compte, dans un contexte où de nombreux jeunes diplômés sont en quête d’emploi. C’est à ce niveau que le travail de C. Schilter (1991, p. 159) a mérite d’être cité. Cet auteur souligne que « l’agriculture urbaine est une activité qui crée les emplois, en économie de survie. En effet, les producteurs maraîchers de la ville de Moundou tout comme ceux de bien d’autres contrées, le sont souvent par instinct de survie que la véritable recherche d’emploi. Si emploi ils pouvaient en avoir, ils le souhaiteraient beaucoup plus dans le salariat que dans l’auto-emploi en maraîchage.
Tout pendant qu’il est reconnu au maraîchage urbain, le rôle d’employeur et de métier d’avenir, L. Plateau et al. (2019, p. 2) posent le problème de sa viabilité face à l’épreuve de l’installation professionnelle. Ces auteurs soulignent qu’il faut un certain pas de temps afin que le maraîchage soit professionnellement intéressant. A Moundou, cela paraît difficile du des difficultés d’accès au foncier.
Au contraire, pendant ce temps, le lotissement des terres pour habitation risque fort bien de primer sur celles sollicitées par les maraîchers. L’étude a montré que ces producteurs urbains de Moundou font face à une difficulté majeure, celle de l’expansion des lotissements des parcelles pour l’habitation qui diminuent drastiquement les surfaces agricoles exploitables en maraîchage générant ainsi des perpétuels conflits (G. Nouatin and F-X. Bachabi, 2010, p. 9). Les avis contradictoires apparaissent dans les travaux des scientifiques sans que les producteurs et les administrateurs se prononcent. Cependant, les précédents auteurs dénoncent l’empiètement de l’urbanisation sur les terres agricoles urbaines, M. Banzo and L. Couderchet (2013, p. 6) soulignent que l’émergence de l’agriculture urbaine constitue un problème d’urbanisation de l’agglomération bordelaise en France.
Comme la région de Matam au Sénégal (B. Koffi & A. Camara, 2010, p. 5), la ville de Moundou jouit du fort potentiel hydrologique qu’offrent le fleuve Logone, le lac Wey et le lac Taba. Cependant, comme l’ont souligné B.S. Olanrewaju et al. (2004, p. 31), les sources d’approvisionnement en eau pour le maraîchage à Moundou, servent également à l’usage ménager. En effet, la population se sert des eaux du fleuve Logone et celles des deux lacs pour la baignade et la lessive, ainsi que l’abreuvement des animaux, tandis que les eaux des puits ouverts dans les parcelles, sont non seulement pour l’irrigation, mais également pour la consommation humaine.
Les maraîchers de Moundou tout comme ceux d’ailleurs sont bien conscients de la nécessité de faire des apports des fertilisants aux cultures. Cet apport est d’ailleurs indispensable pour toute les plantes cultivées (P. Nabyenda, 2006, p. 29). Ils font également bien recours aux types de fertilisation, l’apport des matières organique et l’apport des engrais minéraux. Sur la base des formations qu’ils reçoivent des agents des projets et/ou organismes de développement les maraichers produisent la matière organique à partir des résidus des récoltes ou des déjections animales collectées dans la nature. Par contre, l’accès aux engrais minéraux est fait au bénéfice de la culture cotonnière en zone soudanienne du Tchad (G. Magrin, p. 525).
Sur le plan économique le maraîchage à Moundou apparaît comme une alternative à la crise sociale et économique qu’a infligé la crise de la filière cotonnière au Tchad et plus spécifique dans la zone productrice, en l’occurrence la zone soudanienne, comme l’a souligné L. Tujague-Gibourg, (2004, p. 171).
Les chiffres donnant les superficies cultivées, la production et le rendement des cultures, ainsi que l’estimation des prix sur le marché en une période donnée constituent des éléments d’appréciation des rentabilités économiques des productions agricoles (M. F. Rosenfeld, 1953, p. 25). D’après cette étude, les revenus mensuels tirés de trois légumes (laitue, carotte et poivron) sont globalement supérieurs au SMIG au Tchad qui est de 60 000 FCA. Cependant le poivron sur le site de Koutou n’a pas obéit à la règle, avec un revenu mensuel estimé 27 000 FCA seulement.
Généralement considérée comme chargées de la vente des produits agricoles en général et maraîchers en particulier le rôle des femmes dans le maraîchage ay delà de cette considération, les femmes jouent un rôle prépondérant dans les activités de production maraîchère comme dans celles de l’ensemble des agricultures familiales (H. Guetat-Bernard, 2015, p. 89).
De tout ce qui précède, le maraîchage à Moundou comme dans bien d’autres contrées du monde ne se fait pas sans difficulté. Tous ceux qui ont travaillé sur le maraîchage n’ont manqué de mettre l’accès au foncier comme contrainte majeure. On convient avec M.  Kanda, (2015, p. 118), qu’au-delà de l’aspect foncier la difficulté d’accès aux produits phytosanitaires conseillé pour protéger les cultures et celle d’accès aux matériels agricoles adapté sont des contraintes qui limitent la bonne production maraîchère en vue d’obtenir le bon rendement et donc bénéficier de bon prix sur le marché.

Conclusion

Le maraîchage pratiqué dans la ville de Moundou est une activité caractérisée par une diversité de techniques culturales. Cette diversité repose essentiellement sur les bonnes pratiques agricoles des techniques acquises, dans le cadre du projet horticole sous régional, à savoir : les méthodes d'irrigation, les moyens utilisés et la fertilisation des sols, la protection des cultures. L’expérience personnelle des maraîchers est un facteur de succès indéniable. Néanmoins, il faut renforcer les capacités des maraîchers en termes de gestion d’exploitation (conseil de gestion).
Les systèmes de production maraîchère en zone urbaine Moundou sont très diversifiés en termes de spéculations produites. Cependant, cette diversification semble suivre la typologie des bassins de production. Les exploitations sont globalement de petites tailles, en cycle court et gérées sous le statut d’exploitants individuels. La main d’œuvre salariale n’y existe presque pas.
Les producteurs engagés dans les maraîchages témoignent de difficultés communes par bassin de production : pression foncière, problème d’inondations, difficultés d’approvisionnement en intrants agricoles, concurrence des produits venant du Cameroun voisin. Malgré ces contraintes, la production maraîchère s’avère rentable par rapport au niveau de vie actuel des populations de la ville de Moundou.
Le maraîchage constitue un secteur essentiel, jouant un rôle important au sein de la population. Les légumes de différents types sont produits, aussi bien dans les bas-fonds que dans des parcelles non bâties en plein centre urbain.
À travers cette étude, les différentes fonctions de l’agriculture urbaine à travers sa composante principale qui est le maraîchage tel que pratiqué dans la ville de Moundou sont relevées. Les maraichers sont majoritairement de la région du Logone occidental dont Moundou est la capitale.
Au regard des aspects positifs sur la sécurité alimentaire et de revenus que présente la filière maraîchère, une attention particulière mérite de lui être accordée par l’État, les autorités municipales et les institutions de recherche.

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Pour citer cet article


Référence électronique
DOUDOUA Yassine, YENGUE Jean Louis et DJONDANG Koye, Le maraîchage : technique de production et difficultés rencontrées par les producteurs de Moundou au Tchad , Revue Espace, Territoires, Sociétés et Santé ,[En ligne] 2020, mis en ligne le 30 Juin 2020, consulté le 2020-12-03 17:19:34, URL: https://www.retssa-ci.com/index.php?page=detail&k=97