2018/2: La santé dans le monde rural
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Normes alimentaires et sanitaires appliquées aux nouvelles accouchées chez les Akan en milieu rural ivoirien
Food and sanitary standard applied to women in postpartum period among Akan people in the ivorian rural area

ADIKO Francis Adiko
Chargé de Recherche
Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS)
Centre Ivoirien de Recherches Economiques et Sociales (CIRES) de l’Université Félix Houphouët-Boigny
adiko.francis2@gmail.com

NINDJIN Charlemagne
Maître-Assistant
Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS)
UFR des Sciences et Technologies des Aliments de l’Université Nangui-Abrogoua
charlemagne.nindjin@yahoo.fr

YAO Léopold Yao
Maître de Conférences
Institut des Sciences Anthropologiques de Développement (ISAD)
l’Université Félix Houphouët-Boigny
yaoleopold@yahoo.fr


Résumés



Entrée d'Index


Mots clés: Normes alimentaires | normes sanitaires | pratiques thérapeutiques | représentations alimentaires |

Keys words: Food standards | sanitary standards | therapeutic practices | food representations |


Texte intégral




Introduction

Le problème de la malnutrition présente une envergure internationale inquiétante aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. Les femmes constituent une population cible particulière dans ce problème de nutrition. Leurs besoins nutritionnels augmentent en fonction de leur activité professionnelle pendant la grossesse et surtout durant la période d’allaitement (J.-L. Bresson, 2009, p. 9).
Selon les résultats de l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples 2011-2012 de Côte d’Ivoire, l’état nutritionnel des femmes était peu satisfaisant. Car, si la surcharge pondérale (Indice de Masse Corporelle ou IMC supérieur ou égal à 25) touche 26 % des femmes en âge de procréer, ce sont 8 % d’entre elles qui présentent une déficience énergétique chronique (IMC inférieur à 18,5 (MSLS, INS et ICF International, 2013, p. 12).
Dans les localités appartenant à la zone ex-CNO (Centre, Nord et Ouest), affectées par les conflits lors de la décennie de crise à partir de 2002, le mauvais état nutritionnel de la femme et de l’enfant s’explique par de multiples facteurs, tels que la pauvreté, le manque d’accès à des services professionnels, le cadre de vie insalubre, les pratiques de soins inappropriées, l’insécurité alimentaire des ménages et les mauvaises pratiques alimentaires (SAVE THE CHILDREN, 2014, p. 43).
A l’Est du pays chez les Agni N’Dénian, appartenant au groupe Akan, les prescriptions alimentaires et comportementales adressées aux femmes enceintes relèvent de critères esthétiques ou thérapeutiques (B. M. Yoro et al., 2015, p. 139, 140). Dans la plupart des sociétés traditionnelles d’Afrique et d’Amérique latine, les mêmes logiques liées à la beauté et la santé corporelle expliquent l’importance particulière accordée aux prescriptions alimentaires pendant le post-partum (E. Katz, 1993, p. 103,102 ; J.-P. Olivier de Sardan et al, 1999, p. 5 ; S. Walentowitz, 2003, p. 340-346). Par exemple, dans les sociétés du groupe Akan lagunaire de Côte d’Ivoire lors des relevailles, on incite les accouchées à consommer du foutou[1] de banane à la sauce graine[2] et du foufou[3] de banane ou de l’attiéké à l’huile rouge[4] accompagné de la sauce claire[5]. Ces plats sont le plus souvent offerts à des intervalles de temps relativement court, qui vaudrait comme cure. En effet, ces aliments sont privilégiés, car considérées comme capables de mieux sustenter les accouchées (A. F. Adiko et al., 2016, p. 60-61). Cette alimentation n’a pas seulement pour objet de « bien nourrir » les nouvelles mères et de leur signifier rituellement « d’être à la hauteur » de leurs nouvelles tâches (P. Bourdieu, 1982, p. 60), mais elle consiste à renforcer l’honneur du couple. Car la nourriture légère, plus digestive étant considérée comme contre-culturelle, le fait de manger du pain, du riz ou des frites, supporte une charge imaginaire de rupture sociale ou de pauvreté. Par conséquent, ce mode d’alimentation génère généralement la stigmatisation ou le rejet social des accouchées dans les villages ébrié de la périphérie d’Abidjan (A. F. Adiko et al., 2016, p. 61).
L’enquête cherchait à révéler dans quel cadre complexe s’instaure l’alimentation des accouchées prises entre leurs désirs individuels, les règles collectives, l’influence des normes alimentaires des autres groupes de Côte d’Ivoire ou d’occident et celles des nutritionnistes. Etant donné qu’un groupe n’est pas un ensemble homogène d’individus et qu’une culture ne s’exprime pas de la même façon par tous les individus, nous avons étudié ce que les unes et les autres retiennent comme mode d’alimentation. L’acceptation des règles du groupe par celles-ci, leurs résistances à ces mêmes règles, leurs dispositions particulières, leurs influences spécifiques et leurs connaissances de la diététique, ont été ainsi documentées.
L’objectif était d’acquérir des connaissances sur l’alimentation et les soins des accouchées et d’enquêter sur les pratiques et les représentations des femmes accouchées et leur réseau de proches et d’aidants (mères, sœurs, conjoints, matrones[6], agents de santé, etc.). Le premier objectif spécifique a été d’analyser les différents discours, les thèmes, les métaphores et les images qui circulent dans un groupe social en lien avec le post-partum et l’assistance de l’accouchée. Le second a reposé sur la détermination des fondements culturels, socio-économiques et sanitaires des régimes proposés aux femmes au moment du post-partum dans différents groupes akan d’origine rurale. Enfin, il s’est agi d’identifier les enjeux en matière de genre liés à l’alimentation, l’esthétique, au soutien à la naissance et au nouveau-né ainsi qu’aux alliances matrimoniales. Une attention particulière a été aussi portée à la phase de réclusion du « rituel de l’accouchée »[7] ainsi qu’aux acteurs et actrices qui lui promeuvent dans cette situation, soit une nourriture dite traditionnelle, soit une nourriture dite moderne.
[1] Le foutou est la forme pilée de morceaux de banane et de manioc bouillis, aboutissant à une pâte élastique.
[2] La sauce graine est issue d’un processus culinaire traditionnel consistant à faire cuire longuement l’extrait du tourteau de graine de palme bouillie à l’eau. En effet, il s’agit d’une purée à base de graine de palme.
[3] Le foufou est la forme écrasée et mise en boulette de la banane bouillie.
[4] L’huile de palme non raffinée est appelée huile rouge et l’attiéké à l’huile rouge, l’attiéké huilé.
[5] C’est la purée claire de tomate et d’aubergine assaisonnée d’épices et d’huile rouge.
[6] La matrone est une accoucheuse traditionnelle dans les milieux ruraux où les sages-femmes sont difficilement accessibles. Mais les populations dans certaines villes ont recours aux matrones pour des diverses raisons, notamment socioculturelles et économiques.
[7] Le « rituel de l’accouchée » est analysé comme un rite de passage (A. Van Gennep, 1909, p. 55, 64) avec la première phase (l’accouchement), la deuxième (le temps de réclusion) et la troisième (la sortie publique).
 

1. Méthodologie

La recherche s’est déroulée chez les Akan en milieu rural ivoirien au sud-est de la Cote d’Ivoire (Carte n°1), précisément dans sept villages soient Assuamé, Assikasso et Ayénou à Agnibilékro, Duokro et Akpessekro à Yamoussoukro et Azuretti et Mondoukou à Grand-Bassam.

Carte n°1 : L’aire ethnoculturelle Akan de Côte d’Ivoire

          Source : données d’enquête, CSRS-PNUD2 - N0 18, 2013
Il s’agit de localités dont sont originaires les Agni, Baoulé et N’Zima représentant respectivement les Akan de l’est, Akan du centre et Akan lagunaire.
L’approche qualitative adoptée, nous avons mené une observation participante pendant 10 jours (Photo n°1) et conduit neuf entretiens semi-directifs et trois focus groups entre le 05 juillet et le 22 août 2013 (Tableau n°1).

Tableau n°1 : Activités de recherches menées

 Les entretiens ont été menés auprès de 47 accouchées, 17 assistantes et 29 conjoints d’accouchées, trois matrones, six femmes enceintes, deux agents de santé modernes et huit notables (Tableau n°2), sélectionnés après échanges avec les chefferies dans les villages des trois localités citées. Celles-ci ont permis de sélectionner les personnes devant participer à l’étude. Cette sélection est basée sur des critères objectifs de différenciation au niveau de l’origine ethnique, l’âge, la position sociale. Ce qui a permis d’avoir une gamme de points de vue différents, car ces critères sont considérés comme les plus susceptibles d'avoir un impact sur la gamme des expériences et des opinions que les individus pourraient avoir sur le rituel des accouchées.

Tableau n°2 : Catégories d’acteurs des rites d’accouchement et de post-partum rencontrés

Aussi à partir d’observations, de description dense (C. Geertz, 1998, p. 11), 24 journaux de terrain ont été rédigés et 360 photos prises (Cf. Tableau n°1).
Des recensions (J.-P. Olivier de Sardan, 1995, p. 11, 12) ont également été menées et ont débouché sur 420 recueils photographiques d’accouchées et de leurs proches, de produits de pêche et de cultures vivrières, de lieux de cuisine, de mets, de plantes médicinales, etc.

Photo n°1 : Prise de vue de la conduite d’un entretien

Source : données d’enquête, CSRS-PNUD2 - N0 18, 2013
Les guides d’entretiens cherchaient à comprendre les connaissances, attitudes, pratiques et perceptions des groupes ciblés. Ces connaissances ont offert un tableau du « bien manger » en période post-partum c’est-à-dire ce que l’on mange à cette période. Concernant les habitudes alimentaires, les questions cherchaient à explorer deux aspects : d’abord la signification des aliments et la perception de leurs qualités gustatives et nutritives et ensuite les manières de manger et le contexte commensal (horaire, fréquence, règles, convives, période de l’année, aléas liés à des crises alimentaires, etc.).
Les entretiens ont été transcrits grâce au logiciel MaxQDA et ont fait l’objet d’une analyse de contenu des discours sans occulter le sens des narrations que les femmes et leurs proches interviewés auraient voulu transmettre. De l’analyse des contenus se sont dégagées, les grandes lignes du corpus de texte sur l’organisation du « rituel de l’accouchée ». Le travail de description et d’analyse des interactions et pratiques alimentaires observées inscrites dans les carnets de terrain des ethnologues ont permis de voir les différences entre ce qui est dit être mangé et ce qui est effectivement consommé.

2. Résultats

2.1. Les repères conceptuels de l’accouchée du point de vue émique

2.1.1. Les concepts désignant l’accouchée

Un vocable spécifique désigne l’accouchée : il s’agit de ta en Baoulé, de êta en Agni et de danin en N’Zima. Le mot traduit l’idée d’élever, d’éduquer, de s’occuper de quelqu’un. Ce mot renvoie à la fonction première de la femme qui est celle de la reproduction sociale selon les personnes interviewées. Selon une enquêtée n’zima, la femme qui accouche d’un enfant devient automatiquement danin car elle est appelée à affronter le rôle de la maternité. En ce sens danin veut dire la mère. L’accouchement confère un rôle de femme accomplie à la parturiente, c’est un nouveau stade de la vie d’où la joie exprimée généralement par l’ensemble de la communauté villageoise dès la sortie du bébé, mais c’est également un moment d’inquiétude et de stress car les « accouchements difficiles » qui causent des décès maternels et infantiles font penser qu’il s’agit de la traversée d’un danger, d’une longue pénitence, voire de la mort. En un mot, l’accouchement produit deux sources de joie : celle d’avoir vaincu la mort et un moment heureux d’acquisition de nouveau statut social. Par rapport à leur vision du monde, il faut remercier Dieu d’avoir donné la vie à la mère et à l’enfant. La fête qui va accompagner le rituel de sortie de l’accouchée a tout ce sens religieux.

2.1.2. Les concepts désignant le « rituel de l’accouchée »

L’accouchement est à la fois un fait biologique et un fait social. Au regard de l’attention que la communauté y accorde, c’est un rituel qui comporte des actrices, des acteurs, des règles et le tout s’opère dans la durée. Toutefois du point de vue clinique, la durée moyenne de l’accouchement est évaluée à 13 heures pour le premier enfant, et 8 heures pour les suivants. Mais compte tenu de la perception des signes de danger liés à la grossesse dans les sociétés dites traditionnelles, cette durée peut être influencée par la préférence de solliciter la présence de matrone pour accompagner la parturiente au centre de santé.
Les concepts de « rituel d’accouchée » (tadilè en Baoulé, éradanin en N’Zima et bécofièta en Agni) recouvrent deux significations : il y a d’une part, celle du rôle d’éducatrice qui est attribué à l’accouchée dès la naissance du bébé et d’autre part, celle de l’assistance que la société lui apporte en considérant l’accouchée comme une personne convalescente, une indigente. Dans ce sens, il faut à l’accouchée un accompagnement affectif, social et matériel pour qu’elle se reconstitue biologiquement et socialement en vue d’une réintégration dans la société. Le concept agni becofièta se traduit littéralement par becofi, ce qui revient à dire faire sortir et par èta qui signifie l’accouchée. Autrement dit c’est une assistance qui doit la ramener à la vie « normale » après un temps de réclusion (Photo n°2). En effet, il s’agit d’un temps de sociabilisation privilégiée qui offre un cadre bénéfique pour l’accompagnement alimentaire et thérapeutique de l’accouchée.

Photo n02 : Une accouchée en chambre de réclusion avec son bébé

Source : données d’enquête, CSRS-PNUD2 - N0 18, 2013
En fait, le « rituel de l’accouchée » en tant que rite de passage (de la femme à la mère) comprend la phase de traversée du danger avec l’accouchement et de réclusion post-partum, ouvrant sur celle de la fête de sortie publique.

2.2. L’organisation du « rituel de l’accouchée

En matière d’organisation ou de pratique, on observe des similitudes mais aussi des différences d’un groupe social à l’autre.

2.2.1. Les structures de l’assistance de l’accouchée

Dans tous les groupes sociaux étudiés, il est dit que la fonction d’assistance demande de la disponibilité. Elle consiste à prendre soins de l’accouchée et du bébé sur le lieu de l’accouchement[1], généralement chez la mère ou le mari de l’accouchée. Chez les Baoulé, l’assistance est constituée des beaux-parents (belle-mère ou belle-sœur) et des parents de l’accouchée (mère ou tante, sœur, cousine de l’accouchée). Partout les deux parents assistent indirectement l’accouchée par l’apport de nourriture ou, plus spécifiquement, de viande. Chez les Agni et N’Zima, ce sont les parents de l’accouchée qui lui apportent assistance (mère à défaut tantes et sœurs). De plus, disent les enquêtées n’zima, une camarade sincère peut être une assistance.
Le mari ou l’amant peut apporter de la nourriture ou de la viande pour l’accouchée, mais quand celui habite la ville, il peut se contenter d’envoyer au village des frais de nourriture se montant à 10 à 15 000 Fcfa par mois. Il s’agit d’entretenir l’accouchée et son bébé durant trois mois : faire chauffer l’eau pour son bain et son massage, l’aider à laver le bébé, préparer la nourriture, écraser les piments pour son lavement, mettre de la pommade sur son corps et sur le corps du bébé. Partout, après une semaine de réclusion de l’accouchée dans la maison, une cérémonie de baptême du bébé a lieu (Baoulé et Agni) à l’issue de laquelle l’accouchée peut sortir et exercer des petites activités de ménage moins pénibles (Photo n°3) que celles qui l’occupent habituellement aux champs.

Photo n°3 : Une accouchée lavant les vêtements de son bébé

Source : données d’enquête, CSRS-PNUD2 - N0 18, 2013
Chez les N’Zima, quatre ou six mois après l’accouchement, une grande cérémonie de sortie publique est organisée à l’église pour présenter le bébé à Dieu et demander sa bénédiction selon la foi des informateurs. Partout, après trois mois, l’assistance prend fin car l’organisme de l’accouchée est reconstitué. Ce qui lui permet désormais de vaquer à ses occupations antérieures.

2.2.2. Le régime alimentaire de l’accouchée

Dans les trois groupes visités, l’accouchée prend son premier repas léger à base de bouillie de maïs, de mil ou de riz considéré comme favorisant la montée du lait maternel, le matin (de 7h à 8h). A midi (de 12h à 13h) et le soir (de 19h à 20h), les foutous d’igname, de banane ou de manioc (Photo n°4) sont au menu en vue de faire récupérer de la force à l’accouchée. La sauce principale est partout de la sauce piquante à base de piment qui aide, selon les personnes interviewées, à atténuer les « plaies de ventre » (les douleurs internes)[2] occasionnées par l’accouchement. Les sauces de graine, d’aubergine, de feuilles de taro, d’épinard sont également consommées. Chez les Baoulé et Agni, les « viandes de brousse »[3], de bœufs, de mouton, de poulet sont offertes à l’accouchée pour lui donner de la force, démontrant dans ce contexte, l’idée d’énergie et de force liées à la viande de brousse et de la viande en général. Chez les N’Zima, c’est plutôt le poisson qui est donné à titre de ressource énergisante et les aliments chauds qui sont considérés comme guérissant « les plaies de ventre ».
De nouvelles variétés d’aliment ont été introduites dans les trois groupes : pour aider l’accouchée à produire du lait maternel, sont consommés les matins le « quaker »[4] et le café accompagné de pain, ce qui démontre l’adaptation à des aliments non traditionnels mais néanmoins considérés comme bénéfiques[5].
« Quand la femme accouchée est bien nourrie, elle se rétablit et grossit vite et le bébé également grossit » dit une enquêtée (Nadège, Mondoukou, 27 ans, CAP et BTS).
Les mélanges de substances locales ou modernes sont employés comme des antibiotiques qui aident à guérir les « plaies de ventre ». Ces médicaments sont utilisés avec la prétention de faire fondre le sang coagulé dans les entrailles et de contribuer à faire grossir l’accouchée dans les trois régions visitées. Ils sont généralement achetés dans le circuit parallèle ou dans la rue et appelés « médicaments de la pharmacie au soleil » dans les milieux populaires, selon A. F. Adiko et al. (2012, p. 74). Par exemple à Assouamé, le Koutoukou[6] est consommé régulièrement mais en petite quantité. En effet, on y observe dans la plupart des cours que cette boisson artisanale est obtenue par distillation du vin de palmier à huile. Comme dans d’autres villages, on cite les gélules achetées sur le marché couramment appelées toupailles. Les comprimés de pénicilline ou de APC[7] sont tout aussi utilisés en tant qu’antibiotiques.
Concernant les interdits alimentaires que l’accouchée doit respecter, la consommation du riz est interdite chez les Agni durant un mois car « le riz pique dans la plaie du ventre de l’accouchée », selon les interviewés. Par ailleurs, au début du post-partum, il est déconseillé de consommer de la sauce arachide car celle-ci « reste collée dans la plaie du ventre et provoque la douleur de ventre ».
Les accouchées rencontrées collectivement ou interviewées individuellement puisent dans ce registre de produits alimentaires, les variations relevant davantage des quantités ou du moment choisi pour consommer tel ou tel produit. Les configurations domestiques influencent également le suivi des régimes alimentaires socialement valorisés. En effet, les femmes qui ne sont pas spécifiquement soutenues financièrement et socialement par leur famille maternelle et par le conjoint n’accèdent qu’au minimum de soin et soutien.

2.2.3. Les recours thérapeutiques aux accouchées

Les soins traditionnels lors du « rituel des accouchées » chez les Baoulé, Agni et N’Zima comportent le lavement qui semble être une pratique extrêmement courante non seulement après l’accouchement lui-même mais aussi tout au long du post-partum. La pratique est en fait fondée sur la préoccupation de la guérison des « plaies de ventre » que nous avons évoquées supra. L’assistante de l’accouchée doit donc se charger d’écraser quotidiennement du piment et aider l’accouchée à s’administrer la mixture en vue de la guérison de ses maux de ventre. Les femmes étudiées se sont montrées particulièrement sensibles à l’ingestion anale de ces préparations pimentées dans l’objectif de se purger et considèrent également avec attention toutes les décoctions buvables. Ces mélanges confectionnés généralement avec des écosses de bois, des plantes et du piment, sont injectables par voie anale et orale et perçus comme ayant une fonction apéritive. Les plantes servant à la préparation des décoctions sont à dessein cultivées à la périphérie de certains villages ou dans les cours et rues (Photo n°5). C’est le cas de Doukpanin (Newbouldia laevis) et de Edjanin (Ficus umbellata) permettant de soigner ou atténuer les « plaies de ventre ». Par ailleurs, les préparations assouplissant ou adoucissant la peau sont très prisées. C’est pourquoi le beurre de karité est appliqué sur les seins de l’accouchée le matin, à midi et le soir pendant trois mois après l’accouchement, pour les nourrir et garder leur souplesse et fermeté. L’objectif de cette application de beurre végétal est de grossir les seins et augmenter la lactation pour le bébé. Chez les Agni, d’autres préparations sont utilisées pour les « plaies de ventre » et le massage du corps : le sang coagulé resté dans les entrailles de l’accouchée dit fondre grâce à un mélange d’autres médicaments à la cendre tandis que le corps est massé avec des baumes mentholés du commerce pour calmer les douleurs lombaires et musculaires.

Photo n°5 : Un pied de Edjanin (Ficus umbellata) dans une cour à Azuretti

 Source : données d’enquête, CSRS-PNUD2 - N0 18, 2013
Nonobstant la propension à recourir aux soins domestiques, les relations entre la médecine dite traditionnelle (notamment pratiquée par les matrones et leurs assistantes) et la médecine dite moderne (dispensaires, hôpitaux) devraient être mieux documentées dans le domaine du soin à la mère et à l’enfant. Toutefois, les investigations ont permis de constater que le travail des matrones, des assistantes, des auxiliaires de santé et des dispensaires ne semblent pas causer des tensions et des conflits de loyauté. Il importe de noter que chaque forme de soin peut être utilisée conjointement, surtout que l’accès aux agents de santé dans les dispensaires ou hôpitaux n’est toutefois pas toujours garanti. A cette situation, s’ajoute le fait que la transmission du savoir des matrones et assistantes est quelque peu menacée. En effet, plusieurs d’entre celles-ci ont souligné qu’elles peinent désormais à instruire les jeunes filles du village.

2.2.4. L’observance des règles sociales et symboliques du « rituel des accouchées »

Dans la plupart des villages visités, les règles collectives sociales et symboliques liées à l’accouchement et au post-partum comprenant l’observance d’un temps de réclusion, d’un « congé post-partum » de deux mois et demi[8], sont généralement suivies. Le temps de réclusion est la période de repos et de petits travaux au sein de la maison et de la cour d’habitation sans obligation de travaux aux champs. La durée du congé peut-être  aussi écourtée pour les femmes qui occupent parfois des postes dans le petit commerce et les supermarchés, comme ce fut le cas chez les Apollo de Grand Bassam. Dans l’imaginaire populaire, ce congé devrait permettre aux accouchées de se refaire une santé le plus rapidement possible et de prendre du poids. Cette perspective se base sur le fait que certains produits autochtones faisant partie de leur régime quotidien sont porteurs de qualités nutritionnelles et thérapeutiques. Ces croyances et perceptions traditionnelles sont si ancrées dans les milieux ruraux que les préoccupations en matière d’alimentation ne sont généralement pas exposées aux auxiliaires de soin par les accouchées. Cet état de fait pourrait avoir une influence décisive sur l’observance ou non des conseils médicaux et diététiques qui restent à diffuser par les agents de santé et les nutritionnistes locaux.
Par ailleurs, les femmes savent qu’un embonpoint trop prononcé pourrait être mauvais pour leur santé, mais que leur activité de paysanne régule ensuite leur poids après le congé. Les femmes n’zima, celles du littoral à Grand-Bassam, moins souvent appelées à une activité physique intense, pourraient en revanche présenter quelques risques de surpoids à long terme. Toutefois, l’observation permet dans un premier temps de constater que le « rituel des accouchées » lors du post-partum en milieu rural ivoirien ne conduit pas à des formes de surpoids ou obésité. Elle montre également que, toutes proportions gardées, les femmes du groupe Akan bénéficient de bonnes conditions durant leur grossesse et la période d’allaitement. Il faudrait toutefois pouvoir étudier davantage les différences qui peuvent exister entre les discours, les représentations et les pratiques (réelles).
[1] L’objet des rites de l'accouchement est que la femme réintègre sa société d’appartenance ou y assure sa fonction nouvelle, en tant que mère (A. Van Gennep, 1909, p. 56).
[2] Les douleurs liées aux tranchées sont communément appelées « plaies de ventre » dans la mesure où elles sont parfois prises comme la cause de saignements des femmes venant d’accoucher.
[3] La «viande de brousse» désigne ici la viande d’animaux sauvages des­tinée à la consommation humaine. Elle est généralement fraîche ou fumée, mais aussi entière ou découpée.
[4] Le Quaker Oats est une marque de boite de flocons d'avoine avec très peu de sucre, destiné à être bouilli pour l’alimentation humaine.
[5] C’est souvent le petit déjeuner qui subit le plus de variation et s’adapte le plus facilement à de nouvelles normes importées ou liées à la migration.
[6] Le Koutoukou ou gbêlê, est une boisson alcoolique artisanale produite localement en
Côte d’Ivoire.
[7] L’APC ou l’acétaminophène 500mg comprimé est un analgésique.
[8] Certaines femmes ont noté que ce congé durait cinq mois.

3. Discussion

3.1. L’importance de la sociabilité dans le post-partum

La sociabilité entendu comme l’ensemble des relations qu’un individu entretient avec les autres et les formes que prennent ces relations (P. Mercklé, 2011, p. 37), reste important pour les accouchées compte tenu de leur situation de vulnérabilité physique et physiologique. Chez les Akan, les accouchées peuvent bénéficier d’un capital social[1] considérable pendant la période de réclusion post-partum. En général, celles-ci comptent sur leurs proches et dans ce cas, l’influence des femmes âgées est toujours très importante pendant la période post-partum (M.-J. Lewis, 2008, p. 97 ; I. Capponi et C. Horbacz, 2007, p. 10). En fait, les conditions d’existence d’un individu dépendent des rapports de réciprocité de celui-ci avec son environnement social (P. Mercklé, 2011, p. 37; A. Degenne et M. Forsé, 2004, p. 12). Ces relations sociales, activées dans le rituel, peuvent générer un capital social qui a fonction protectrice (M. Tousignant, 1988, p. 85). En effet, des femmes d’expérience assurent des soins permanents et attentifs qui ne leur sont pas souvent offerts si l’accouchement a lieu à l’hôpital. Pour les accouchées de conditions relativement défavorisées, l’aide financière des proches provient en grande majorité des parents et amis résidents  à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Ce qui constitue la base d’une redistribution des ressources de la ville vers la campagne. Par exemple en zone rurale, la majorité des chefs de ménage emprunte de l’argent à leurs amis et connaissances pour faire face aux besoins de nourriture et autres en absence de disponibilité financière.

3.2. Le  régime alimentaire à base de féculents : mode d’alimentation ritualisée chez les Akan

Le régime alimentaire se construit de façon à peu près semblable dans tous les groupes ethniques enquêtés. En effet le mode d’alimentation des accouchées se présente comme un facteur de différenciation du peuple akan des autres ensembles ethnoculturels de la Côte d’Ivoire, à savoir les Gur, les Malinké, les Mandé du sud, les Mandé du nord et les Krou. Par exemple selon les Ébrié, une ethnie akan lagunaire, l’alimentation des accouchées du Nord et de l’Ouest de la Côte d’Ivoire est fortement basée sur le riz[2], qu’ils considèrent comme amaigrissant, incapable d’engraisser. Cet état de fait explique que les perceptions positives de l’embonpoint chez les accouchées au Nord et à l’Ouest du pays, sont peu répandues, à en croire les habitants des villages ébrié de la périphérie d’Abidjan (F. A. Adiko et al., 2016, p. 61). Comme cela a été relevé dans nombre de travaux sur le modèle alimentaire, l’alimentation et la cuisine reste l’un des marqueurs identitaires (C. Fischler, 2001, p. 78 ; J.-P. Poulain, 2002, p. 11). En effet dans les campagnes et villes de Côte d’Ivoire, la variable socio-culturelle ou l’appartenance ethnique demeure déterminante dans les choix alimentaires et influence le choix de plat à base de céréales ou de féculents (Courade et al, 1989, p. 37). Dans leurs régions d’origine des Akan, les populations d’ethnies Baoulé et Agni ont particulièrement construit des modèles alimentaires spécifiques basées sur la consommation de l’igname, le manioc, la banane plantain et de leurs formes dérivées dans leurs villages d’origine (Becker et N’Guessan, 2004, p. 139 ; A. A.-P. Atsé, 2017, p. 30). Pour ces populations traditionnellement attachées à l’igname, sa consommation fortement ritualisée représente un facteur d’identification ethnique, de distinction et de cohésion sociale (N. Bricas et H. Attaie, 1997, p. 25). Quant au manioc, il est majoritairement consommé par les Ivoiriens, en l’occurrence des individus d’ethnie N’Zima appartenant au groupe Akan lagunaire. Ceux-ci l’utilisent pour fabriquer l’attiéké[3] qui est un produit alimentaire très prisé en Côte d’Ivoire. Ainsi compte tenu de l’importance socioculturelle que revêtent ces féculents, mais aussi du fait de sa qualité de nutriment apportant une grande part des calories nécessaires au développement humain, l’igname et le manioc, sont culturellement valorisés pour l’alimentation de base de la nourrice Akan. Il est clair que le foutou de manioc, qui est la forme pilée et élastique du mélange de morceaux de manioc et de banane plantain bouillies, fait partir du régime alimentaire de base des ménages des régions du Sud, et particulièrement du littoral de la Côte d’Ivoire. Chez les Akan lagunaire, le foutou de manioc à la banane bien mûre, accompagné de la purée de palme communément appelée sauce graine, est généralement servi à l’accouchée parce qu’il est considéré un aliment générateur d’embonpoint et de lactation.
[1] Selon P. Bourdieu (1980, p. 2), le capital social est l’ensemble des ressources actuelles ou potentielles qui sont liées à la possession d’un réseau durable de relations plus ou moins institutionnalisées d’interconnaissance et d’inter-reconnaissance.
[2] Les zones savanicole du Nord et montagneuse de l’Ouest de la Côte d’Ivoire sont propices à la riziculture et aux autres cultures céréalières.
[3] L’Attiéké est la semoule de manioc fermentée et cuite à la vapeur.

Conclusion

Dans tous les villages d’origine des Akan de Côte d’Ivoire, il y a une continuité du « rituel des accouchées » et l’idéologie d’ordre esthétique et thérapeutique demeure inchangée. Les pratiques des acteurs et actrices impliquées ne semblent pas causer de tensions et de conflits de loyauté. Mais les pratiques du rituel ont connu des modifications dues à la pauvreté de la population. Les jeunes des villages manquent de revenus consistants leur permettant de bien s’occuper de leur épouse accouchée. La précarité déjà menaçante obligerait à renoncer à tout ou partie de l’accompagnement post-partum pour des raisons essentiellement financières. Il conviendrait de veiller à ce que ces populations ne descendent pas en-dessous d’un certain seuil de pauvreté. A cela, s’ajoute la déforestation qui a entraîné le manque de gibier qu’on utilisait autrefois pour nourrir l’accouchée.
Ce travail de recherche s’est déroulé exclusivement en milieu rural. Il s’est agi d’étudier ici les « accouchées des champs ». Il faudrait donc comparer les rituels d’accouchées en milieu rural avec ceux qui se déroulent en environnement urbain, notamment en ce qui concerne l’allaitement et le soutien matrilinéaire parfois peu fréquents en ville qu’en campagne.

Remerciements

Ce travail de recherche a été réalisé en 2013 et a bénéficié du financement du projet CSRS-PNUD 2 : renforcement du partenariat scientifique ivoiro-suisse. Nous tenons à remercier vivement le CSRS et ses partenaires.
Nos remerciements sont adressés à Mesdemoiselles Bassa Ahou Edwige et Yoboué Aya Mireille (assistantes de terrain) pour leur appui, leurs idées et contributions lors de la collecte des données. Dans cette même logique, nous remercions les autorités administratives des départements de Yamoussoukro, de Grand-Bassam et d’Agnibilékro, pour leur accueil et collaboration. Nous tenons également à remercier toutes les chefferies des villages visités, notamment Assuamé, Assikasso, Ayénou, Akpessekro, Duokro, Azuretti et Mondoukou pour leur accueil et franche collaboration. Nous remercions sincèrement tous les ménages et l’ensemble des autres acteurs impliqués dans les rituels d’accouchée qui ont participés aux entretiens.

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Pour citer cet article


Référence électronique
ADIKO Francis Adiko, NINDJIN Charlemagne, YAO Léopold Yao,Normes alimentaires et sanitaires appliquées aux nouvelles accouchées chez les Akan en milieu rural ivoirien , Revue Espace Territoire Population et Santé ," [En ligne] 2019, mis en ligne le 19 Janvier 2019, consulté le 2019-05-19 11:57:34, URL: https://www.retssa-ci.com/index.php?page=detail&k=32







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