2019/Vol.2-N°3: Migration et santé en Afrique subsaharienne
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Etude des facteurs émergence du risque de maladies diarrhéiques dans la ville d’Abéché au Tchad
Study of the factors of emergence of the risk of diarrheal diseases in Abéché city in Tchad

DOMBOR DJIKOLOUM Dingao
Doctorant en Géographie,
Département de Géographie
Ecole Normale Supérieure d’Abéché (Tchad)
saintaime@yahoo.fr

TOB-RO N’Dilbé
Docteur en Géographie
Département de Géographie
Université Adam Barka d’Abéché (Tchad)
tobro_ndilbe@yahoo.fr

ASSAKO Assako René Joly
Professeur Titulaire
Département de Géographie
Université de Douala (Cameroun)
rjassako@yahoo.fr

TCHOTSOUA Michel
Professeur Titulaire, Géographe/Géomaticien
Département de Géographie
Université de Ngaoundéré (Cameroun)
tchotsoua@gmail.com


Résumés



Entrée d'Index


Mots clés: Abéché | facteur de risque | maladies diarrhéiques | facteurs d’émergence | taux de prévalence | développement humain |

Keys words: Abéché | risk factor | diarrheal diseases | emergence factors | , prevalence rate | human development |


Texte intégral




Introduction

Les villes se développent sur des cadres physiques dont le niveau d’organisation détermine les conditions de vie des populations (H. B. Nguendo-Yongsi, 2014, p. 26). Cette dernière a un impact avéré sur l’organisme de ses habitants. De nombreux travaux mettent en exergue l’impact négatif des déchets sur les citadins et du sous-équipement des quartiers sur les conditions de vie des populations (B. Tchuikoua, 2011, p. 41). En effet, dans les pays en développement, les dysfonctionnements observés dans la chaîne de gestion des déchets sont à l’origine de la prolifération des dépotoirs spontanés, localisés le plus souvent à proximité des aires d’habitation (S. Dos Santos, 2005, p. 44). Cette situation se complexifie avec le sous-équipement des quartiers, caractérisé par un système d’adduction en eau potable en déphasage de l’urbanisation. En conséquence, des maladies surviennent de ces conditions. De ces maladies, celles liées aux conditions d’hygiène et d’assainissement sont préoccupantes, notamment les maladies diarrhéiques.
Les maladies diarrhéiques constituent l’une des principales causes de morbidité et de mortalité dans le monde (UN, 2011, p. 13). Près de 4 milliards de cas de diarrhées surviennent chaque année, avec environ 2,2 millions de décès, dont 37 % des cas en Afrique subsaharienne où elles sont responsables d'environ 7,7 % de tous les décès enregistrés annuellement (B. Koné et al., 2014  p. 3). Plus de la moitié des décès des moins de 5 ans dans cette même partie du monde est due à la diarrhée, au paludisme et à la pneumonie (UN, 2011, p. 12).
Au Tchad en 2017, la diarrhée était l’un des cinq principaux motifs de consultation au premier échelon, et était la troisième cause de consultation curative à l’échelle des centres de santé, avec un taux de 11,84% (ASST, 2017, p. 51). Elle était également la troisième cause de consultation dans les centres de santé chez les enfants de moins d’un an, avec un taux de 18,52% (ASST, 2017, p. 52). Selon l’ASST (2017, p. 54), la tranche d’âge la plus touchée au niveau de la consultation curative est celle des 0-11 mois (13 689 cas /100 000 nourrissons). Les enfants âgés de 1-4 ans (3 293 cas/100 000 enfants) sont 6 fois plus touchés que leurs aînés de 5-14 ans et les adultes de 15 ans et plus. Avec une prévalence de 11,6%, la diarrhée se classe en troisième position parmi les principales causes de morbidité.
A Abéché, la diarrhée est la deuxième cause de morbidité et de mortalité (URBAPLAN, 2017, p. 29). Selon les Rapports Mensuels des Activités de la Délégation Régionale de la Santé, les centres de santé ont déclaré 14 172 cas de diarrhées représentant 8,3% des consultants entre 2015 et 2017. Les dysenteries représentaient 17,21% des cas des diarrhées. Dans ce contexte, quels sont les facteurs des risques diarrhéiques dans la ville d’Abéché ? Pour répondre à cette préoccupation, la présente étude, vise à analyser les différents facteurs de l’environnement socio-spatial de l’émergence des maladies diarrhéiques à Abéché. La réflexion proposée est donc de réfléchir, à deux échelles à la complémentarité des effets du degré d’aménagement des cadres habités et des formes d’usage (eau, hygiène, etc.) qui y sont faites.

1.  Méthodologie

1.1. Présentation de la zone d’étude

Située en Afrique centrale, en milieu sub-saharien sur les massifs du Ouaddaï, à 932 km de la ville de N’Djaména, la ville d’Abéché s’insère dans le bassin versant du Ouadi Chao (Carte n°1). Sa superficie, d’environ 3 600 hectares (commune d’Abéché, 2015, p. 18), abrite une population qui connait une dynamique remarquable depuis ces quinze dernières années. Évaluée en 2009 par le RGPH2[1] à 138 684 habitants, sa population est passée en 2014 à 166 757 habitants, en 2015 à 172 746 habitants et en 2016 à 178 896 habitants (Commune d’Abéché, 2016, p. 18). Cette croissance démographique rapide entraine une occupation du sol différenciée que les pouvoirs publics peinent à encadrer. Par ailleurs, Abéché connait un climat de type sahélien, caractérisé par une saison des pluies qui s’étale sur trois mois (juillet à septembre) et une saison sèche qui s’étend sur neuf mois (octobre à juin) ; des précipitations relativement faibles, variant entre 500 et 600 mm par an ; et une température moyenne annuelle de 32°C (D. D. Dombor et al., 2019, p. 96). Elle repose sur un socle granitique, rendant difficile tout aménagement hydraulique, compromettant un accès durable à l’eau potable (D. D. Dombor et al., 2019, p. 96).
Carte n° 1 : La ville d’Abéché au Tchad

carte1

Sur le plan sanitaire, le district de santé d’Abéché compte 28 zones de responsabilité parmi lesquelles huit se trouvent dans le périmètre urbain (Commune d’Abéché, 2010, p : 28). Les aires de santé sont délimitées par les limites des zones de responsabilités. La ville d’Abéché compte six aires de santés.
Chaque aire de santé comprend un Centre de Santé (CS) qui est dirigé par un Responsable du Centre de Santé (RCS) et les auxiliaires de santé. La ville d’Abéché étant le chef-lieu de la province du Ouaddaï, comprend un Hôpital Provincial au sein duquel est logé le centre de santé Taiba.
[1]RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2, 2009.

1.1. Données et méthode

Les données utilisées dans cette étude proviennent d’une enquête menée sur la prévalence des maladies diarrhéiques, en lien avec l’urbanisation, en vue d’appréhender la vulnérabilité aux risques sanitaires des populations. Les données sur la prévalence des maladies diarrhéiques ont été collectées dans les Rapports Mensuels d’Activité (RMA) des Centres de Santé (CS), compilées à la Délégation Provincial de la Santé (DPS). Les informations recueillies auprès des ménages ont été ensuite complétées et/ou confrontées à d’autres données provenant de la DPS et des CS. Les données socioéconomiques des ménages, des quartiers, et de la ville sont collectées dans les archives (rapports, projets, enquêtes etc.) de la Commune d’Abéché.
Une série d’entretien avec les personnels de santé a été organisée afin de saisir/comprendre la pathologie, de cerner l’ampleur des risques sanitaires. Sur la base de l’éclairage fourni par les informations portant sur les diarrhées et les facteurs environnementaux, un choix raisonné des quartiers à étudier a été fait. Six quartiers présentant des problèmes d’urbanisation, tels que le manque d’adduction en eau potable, l’occupation des zones aedificandi, ont été retenus pour l’enquête de terrain auprès des chefs de ménages (Cf. tableau n°1). 
L’échantillon a été tiré de la base de données de la population de 2017, fournie par la commune d’Abéché. Pour une collecte optimale des informations et avec un objectif d’interroger le dixième des ménages de chaque quartier, la taille de l’échantillon a été estimée à l’aide du logiciel Epi-Info avec un intervalle de confiance de 95 %. Cette méthode a permis de déterminer un échantillon de 1 516 ménages (Tableau n°1), sur un nombre de 13 200 ménages proposés par le Sultanat du Dar Ouaddaï[2].

tableau1

L’enquête a été réalisée en juillet 2018 par une équipe de 24 étudiants en fin de formation à l’École Normale Supérieure d’Abéché, organisés en 11 groupes de 2. Ces équipes ont été déployées sur le terrain après quatre jours de stage théorique et pratique. La méthode d’enquête est l’échantillonnage aléatoire simple qui a consisté à choisir d’abord le premier ménage à la limite de chaque quartier enquêté, les suivants étant retenus selon un pas de sondage de 4 maisons jusqu’à ce que l’effectif de l’échantillon cible soit atteint dans chaque quartier. Cette équipe a visité les ménages éligibles pour recueillir les données, à l’aide de questionnaires standardisés. Le questionnaire a porté sur les rubriques suivantes : caractéristiques sociodémographiques, conditions de l’habitat, hygiène du milieu, conditions socio-économiques, principaux problèmes de santé ressentis par les populations, fréquence et distribution des maladies diarrhéiques et services d’assainissement. Le questionnaire était administré au chef de ménage. Les observations directes de terrains ont été faites et cela a permis de faire des prises de vues.
Des analyses bactériologiques portant sur la recherche des Escherichia Coli (E. Coli) ont été faites pour évaluer le niveau de contamination de l’eau de consommation. Ainsi, 24 puits ont été échantillonnés et analysés. Les puits testés ont fait l’objet de traitements antérieurs par l’UNICEF et font partie des quelque rares puits qui ne tarissent pas pendant la saison sèche.
Les données collectées ont été saisies sur Epi-Data, puis traitées sur Epi-Info dans l’objectif de montrer les liaisons entre les différentes variables socio-spatiales étudiées. Une analyse statistique descriptive simple, par comparaison de pourcentages et un croisement de variables entre les données de prévalences des maladies diarrhéiques rapportées et les facteurs de risque identifiés, ont été faits. L’analyse a permis de réaliser des graphiques avec Epi-Info pour les fréquences des maladies diarrhéiques perçues et leur prévalence et d’élaborer des relations dynamiques entre ces maladies et les variables associées. La cartographie des données de prévalence des maladies diarrhéiques a été faite à partir du logiciel QGIS 2.18.

 

[2] La ville d’Abéché est considérée le berceau de l’islam au Tchad. Près de 88% de la population est musulmane, par contre les contacts avec les femmes pendant les enquêtes posent problèmes. Alors le Sultanat (la chefferie traditionnelle) a sensibilisé la population du bien-être de l’enquête et a identifié les ménages qui sont d’accord pour être enquêtés. Ces ménages sont au total 13 200.

2. Résultats   

2.1. Facteurs d’émergence des maladies diarrhéiques à Abéché          

 2.1.1.  Un niveau de développement humain bas
Les six quartiers étudiés constituent un ensemble géographique qui s'appréhende bien davantage en termes de diversité que d'unité. Le quartier Taradona se singularise par des problèmes de chômage, de retards sociaux ou encore de santé publique (alcoolisme, Hépatite) (PND, 2013, p. 49). Le quartier Benjedid Sud constitue un îlot de prospérité et montre un décollage économique, endogène ou exogène et, une situation sanitaire à la moyenne avec néanmoins de l'exclusion et de la pauvreté (Commune d’Abéché, 2016, p. 37). Les quartiers Hilé-Quinine et Djatinié quant à eux accusent des retards sur le plan économique et social.
Dans les faits, la qualité de la vie dans la ville d’Abéché est déplorable du fait de l’insuffisance et de la mauvaise qualité de ses infrastructures de développement. Le développement humain y est très faible. Il est caractérisé par un fort taux de mortalité infantile de l’ordre de 117‰ (URBAPLAN, 2017, p. 25), un niveau d'alphabétisation inférieur à 30% (enquêtes ménages), une espérance de vie limitée (43,6 ans), une mortalité infanto juvénile élevée (200‰) et une forte mortalité maternelle de 1100 pour cent mille naissance et une paupérisation de la population. En effet, près de 64% de la population vit sous le seuil de pauvreté (Commune d’Abéché, 2017, p. 64). L’instabilité militaro-politique observée depuis 1973 au Tchad, explique ce sous-développement. Ce niveau de développement humain très bas, laisse libre cours à la survenue d’un certain nombre de maladies.
En effet, la diarrhée sévit de façon endémique dans ce cadre spatial. Comme on peut l’observer sur le graphique n°1, il existe une corrélation non négligeable entre le niveau d’alphabétisation et la prévalence des maladies diarrhéiques observées dans la ville d’Abéché.GRAHPE1
Les quartiers Kamina 1, Am-Siégo et Hilé-Quinine qui enregistrent les taux de prévalence les plus élevés, se singularisent par des conditions précaires de développement humain.  Le niveau d'alphabétisation est déterminant dans l’adoption des comportements favorables vis-à-vis de la diarrhée. Il permet de mieux percevoir les messages des services publics en matière d'hygiène et d’assainissement (Taglioni et al., 2009, p. 6.). Les quartiers Djatinié 1 et Benjedid Sud, dont les taux d’alphabétisation avoisinent les 30%, ont les taux de prévalence les plus faibles (moins de 60%) dans la ville d’Abéché
2.1.2. Une densité urbaine importante source de promiscuité
La ville d’Abéché s’étend sur 3 600 hectares pour une population d’environ 173 905 habitants (URBAPLAN, 2017, p. 23). Cependant, la population est inégalement répartie sur le cadre spatial. Une forte concentration de la population est observée dans certains quartiers. Cette situation est la conséquence de la mise en œuvre d’une urbanisation différée, caractérisée par la production d’une assiette foncière brute, dépourvue d’équipements et services de proximité pouvant inciter les ménages à occuper les secteurs nouvellement lotis (Tob-Ro, 2015, p. 245). De nombreux ménages sont contraints de se maintenir dans les anciens quartiers, dans un contexte de promiscuité accrue, ceci pour bénéficier du peu d’équipements et services disponibles (sanitaires et éducatifs), même s’ils peinent à être opérationnels. Ces conditions de vie déplorables favorisent l’'émergence des maladies infectieuses comme la diarrhée. Dans le cas des diarrhées, le niveau d'urbanisation joue aussi un rôle important. Sur les six quartiers enquêtés, on note une forte concentration de la population à Taradona, Kamina 1 et à Am-Siégo (Tableau n°2) en fonction de la taille des quartiers.

tableau2

Cette répartition n’est globalement pas conforme aux taux de prévalence où l'on observe que Taradona, Am-Siégo et Kamina sont des quartiers où la population est très concentrée (Tableau n°2), enregistrent des taux de prévalence faibles. La concentration de la population n’est donc pas un facteur d'émergence significatif mais ce sont les activités et les comportements de celle-ci qui sont déterminants. 
Du point de vue des ménages, cette situation est la conséquence de la contamination de l’eau de boisson (32,31%), du manque d’hygiène du milieu habité (27,26%), de la consommation d’aliments contaminés (24,64%) et de la pollution de l’environnement (10,79%). Toutes ces causes ont des liens avec la situation environnementale susceptible d’offrir des conditions propices à la circulation des germes pathogènes dans l’espace.
2.1.3. Un faible niveau d'équipement en infracstructure de base
L’existence d’un cadre de vie sain, caractérisé par un accès à l’eau potable, la disponibilité des infrastructures d’évacuation des eaux usées fonctionnelles, un service de collecte d’ordures ménagères opérationnel, etc., sont indispensables pour garantir une bonne santé aux populations. Selon les enquêtes de ménages, dans la ville d’Abéché, seulement 18% des ménages disposent d’un système d’approvisionnement adéquat en eau potable (adduction au réseau de la Société Tchadienne des Eaux (STE)). Trois modes d’approvisionnement en eau potable existent à Abéché, avec des variantes liées à leurs combinaisons (Cf. Tableau n°3). En effet, certains ménages ajustent plusieurs modes d’approvisionnement afin de pallier les limites de ceux-ci : eau du puits associée à l’achat en détail des eaux courantes de la STE. Elles se répartissent de manière inégale.

tableau3

Des intermédiaires interviennent pour desservir les ménages. La majorité des ménages (54%) s’approvisionne auprès des revendeurs d’eau fixes et ambulants. Les revendeurs fixes fournissent l’eau en fonction du volume du récipient de prise d’eau. Les coûts varient de 25 à 200 francs CFA. Chez les revendeurs ambulants, les coûts sont variables, de 500 à 3 000 francs CFA, en fonction des périodes d’abondance et/ou de pénurie.
Les bornes fontaines, au nombre de 56 pour l’ensemble de la ville, se répartissent inégalement sur l’emprise spatiale de la cité et opèrent dans des conditions insalubres. Les bornes fontaines, objets de la vente fixe, sont réalisées sous forme de kiosque maçonné en brique cuite (Photo n°1).
Photo n°1 : Un vendeur fixe d’eau au quartier Djatinié
photo1Source : Dombor, septembre 2016
L’absence d’un système de drain des eaux résiduelles entraine la stagnation de celles-ci, à l’origine de la constitution de boue qui piège une catégorie de déchets solides. Les deuxièmes se servent de porte-tout, de fabrication locale, pouvant contenir dix bidons de 25 litres que les exploitants remplissent d’eau et sillonnent les différents quartiers pour les proposer aux ménages à domicile (Photo n°2).
Photo n°2 : Des revendeurs ambulants d’eau au quartier Taradona

photo2

Source : Dombor, septembre 2016
Dans la chaîne d’approvisionnement en eau, les précautions d’hygiène font défaut à l’échelle des deux modes sus-évoqués. Les tuyauteries des bornes fontaines ne font l’objet d’aucun nettoyage/entretien. Les eaux résiduelles stagnent en l’absence d’aménagement pouvant les canaliser. Au niveau des vendeurs ambulants, les bidons, objets du stockage d’eau, accumulent des dépôts de champignons, mais sont rarement nettoyer, sinon sur une fréquence insuffisante. L’analphabétisme des exploitants, les coûts non négligeables d’entretien et le laxisme de la Commune dans l’encadrement de cette activité pourraient expliquer cette situation.
Il existe une relation significative entre la morbidité diarrhéique et les types de latrines ou WC (p= 0,007). Pour l’ensemble des quartiers enquêtés, 50,7% des ménages disposent de WC ou de latrine à domicile.  
2.1.4. Mauvaise qualité microbienne des eaux des puits consommées 
Le tableau n°4 présente les résultats des analyses des eaux de puits consommés.  La recherche des Escherichia Coli (E. Coli) a montré le niveau de contamination de l’eau.
tableau3Les Escherichia Colis sont très nombreux dans les échantillons.  La numérotation des germes a révélé que dans l’ensemble des eaux des 24 puits analysés, la moyenne des colonies dépasse 200/100ml. La présence de ces germes dans les échantillons d'eau de puits montre qu'en général, les eaux de puits d’Abéché sont polluées (Carte n°2). Cependant, ces eaux de puits sont utilisées aussi bien par les ménages non connectés au réseau de la STE que par ceux connectés. Ces derniers utilisent ces eaux de puits surtout en temps de pénurie.
Carte n°2 : Répartition spatiale des puits et des résultats de la présence des E. Coli par quartier dans la ville d’Abéché
carte2 2.1.5. Une offre de soins de santé insuffisante et de qualité déplorable
Dans la ville d’Abéché, l’offre de soins de santé est assurée par un hôpital provincial, six centres de santé publics, neuf cliniques privées, seize cabinets de soins et quatre centres de santé traditionnels.  Ces structures sont appuyées par quatorze pharmacies et des points de vente de médicaments de rues. Contrairement à la ville de N’Djaména où ils existent des laboratoires d’analyse médicales indépendantes, rien de tel n’existe à Abéché. Les laboratoires d’analyse médicale existent en tant que services rattachés aux différentes structures de soins. Le personnel soignant, existant en nombre insuffisant (1 médecin pour 28 572 personnes, 1 infirmier pour 22 500, une sage-femme pour 14 748 femmes en âge de procréer).
Sur un autre plan, le plateau technique de la ville d’Abéché n’est pas bien équipé (manque des médecins qualifiés et de laboratoires etc.). En conséquence, les cas graves de maladies sont référés vers les structures de santé de N’Djaména. La base militaire française des Éperviers, implantée à Abéché, dispose d’un service médical ouvert au public mais dont l’accès est difficile à cause du faible nombre de consultation par jour (30 consultations/jour)
Ces structures existent aux conditions de prestations insalubres et au matériel de travail vétuste et ils sont parfois dotés de personnel non qualifié., ils sont les plus fréquentés du fait des bas prix pratiqués. Aussi pour ces centres, seuls les produits sont payés. Selon les fiches de recettes et des prix des médicaments et examens, les prix de consultation dans les centres de santé publics varient de 300 francs CFA pour les enfants à 1000 francs CFA pour les adultes. La consultation à l’Hôpital Provincial est de 2000 francs CFA. Dans les cliniques privées les consultations varient de 5 000 francs CFA à 10 000 francs CFA. Les prix des analyses de laboratoire dans les Centres de Santé varient selon leur type. La plupart coûte entre 500 et 4000 francs CFA. Il faut compter 3 500 francs CFA pour la numération de la formule sanguine et autant pour la détermination du taux d’hémoglobine. Parmi les autres analyses, citons la Goutte Epaisse (GE) pour la recherche du paludisme (500 FCFA), Widal pour la recherche de la typhoïde (4 000 francs CFA), KAOP pour rechercher les vers intestinaux (2 000 francs CFA). Tout comme les médicaments, le prix des analyses de laboratoire est un compromis entre le coût de revient et l’utilité médicale de l’analyse ou du médicament. A l’hôpital Provincial la GE coûte 2 000 francs CFA, le Widal 4 000 francs CFA, le KAOP 3 000 francs CFA. Dans les cliniques privées, la GE coûte en moyenne 4 000 francs CFA, le Widal 5 000 francs CFA, la Numération formule sanguine 5 000 francs CFA, le KAOP 3 000 francs CFA. Certains font donc recours aux guérisseurs traditionnels dont les prescriptions sont parfois douteuses. Cette situation augmente les risques sanitaires.
2.1.6. Un réseau d’évacuation des eaux constitué de drains naturels
Les déchets liquides produits dans la ville d’Abéché, constitués des eaux usées de ménages et des eaux de pluie, ne disposent pas d’infrastructures adéquates d’évacuation. Le réseau d’évacuation des eaux usées de la ville se limite à 6 km, situé dans les quartiers centraux et n’est opérationnel qu’en saison des pluies. Les eaux usées issues de ménages, notamment celles des toilettes, sont gérées par le biais d’un dispositif de fosse-septique/puisard dont le contenu est évacué à l’air libre en dehors de la ville par des sociétés prestataires dans ce domaine.
Des moyens rudimentaires, portant sur l’utilisation de récipients et de porte-tout ordinaire, sont également utilisés dans ce domaine par des débrouillards. Pour ce dernier mode, le contenu est évacué en pleine ville, dans des dépotoirs spontanés des déchets ménagers. Dans les six quartiers enquêtés, aucun système d’évacuation des eaux usées n’est construit. Ainsi, on procède à l’évacuation des eaux dans les rues et/ou à l’utilisation des fosses. La taille des ménages est en moyenne de 7 habitants par ménage. Les fosses utilisées sont en grande partie traditionnelle (62,7%) car le coût et la maintenance des fosses modernes constituent un problème pour ces populations majoritairement en dessous du seuil de pauvreté (144 570 francs CFA/an).
De même, la promiscuité des habitations est un frein à un système d’assainissement adéquat. La prolifération des déversoirs des eaux usées constitue de graves menaces pour la santé des populations. Ces déversoirs sont favorables à la prolifération de vecteurs des maladies telles que les mouches, les rats, les insectes, les cafards et divers autres arthropodes (F Taglioni et al., 2009, p. 28).

2.2. Fréquence des maladies diarrhéiques dans la ville d’Abéché

Les fréquences des symptômes et syndromes cités par la population ont permis de hiérarchiser les principales maladies diarrhéiques ressenties par les ménages (Graphique n°2). Ces différences se situent au niveau de la nature de la pathologie. La diarrhée simple sévit de façon importante dans les différents quartiers. Les diarrhées avec déshydratation suivent avec des variations notables entre les six quartiers.

graphique

L’analyse du graphique n°2 montre que, les diarrhées simples sont les plus enregistrées dans les quartiers enquêtés. Les quartiers Hilé-Quinine (71%), Djatinié 1 (67%) et Kamina 1 (66%) sont les plus touchés. Les diarrhées avec déshydratation sont aussi notifiées par la population et viennent en deuxième rang des maladies diarrhéiques. Ainsi Taradona (31%) et Benjedid Sud (33%) sont les plus touchés par ces diarrhées avec déshydratation.  L’eau, les aliments et les ordures ménagères sont cités par la population comme cause de ses situations.
La ville d’Abéché est organisée en six aires de santé : Ahmed El-Badawi, Djatinié, Salamat, Islamique, Kamina et Taiba. Elle enregistre un taux de prévalence diarrhéique de 18,7 %[3].  Cependant, ce taux varie fortement d’une aire de santé[4] à  une autre (carte n°3). Cette inégale prévalence, met en évidence le caractère hétérogène du degré d’urbanisation de cette cité.
Les données utilisées dans la carte n°2 proviennent des Centres de Santé. Les lieux de provenance des malades ne sont pas pris en considération.
Carte n° 3 : Prévalence des maladies diarrhéiques à Abéché

carte3

La carte n° 2 montre l’inégale répartition des taux de prévalence de la diarrhée. Ainsi Les aires de santé d’A. E. Abadawi (30,42%) et de Djatinié (20,23%) enregistrent plus de cas de diarrhée que les autres. Ces aires de santé sont situées dans la zone d’extension de la ville. La majorité des quartiers situés dans cette zone n’est pas couverte par le réseau de la STE. Le centre de Santé A. E. Abawi est beaucoup sollicité par les patients à cause de la qualité de ses infrastructures. Ainsi, des personnes en provenance d’autres aires de santé viennent s’y soigner. Selon le Délégué de la DRS, la présence de la maternité dans ce centre est le premier facteur de sa fréquentation. Cette maternité fait fonctionner le centre 24h/24 et tous les jours de la semaine. Par contre les autres fonctionnent qu’en journée (07h à 15h30) et les jours ouvrables (lundi à vendredi).
On note, une forte concentration des cas de diarrhées chez les enfants de 0 et 59 mois révolus (environ 83,10 %). Par ailleurs, 6,58 % des cas sont survenus chez les enfants de 5 et 14 ans. La répartition des enfants selon l'apparition d'un épisode diarrhéique et l'âge confirme l'hypothèse d'une sur-morbidité diarrhéique des enfants de 0 à 59 mois observée dans les statistiques hospitalières. Il est à noter que la différence de l'âge, n'apparaît pas comme un facteur discriminant.
Le tableau n°5 montre la prévalence des maladies diarrhéiques avec déshydratation. Ainsi les enfants de moins de cinq ans sont les plus touchés avec 86% des cas sur les 224 enregistrés.  Sur le plan spatial, l’aire de santé du CS Islamique enregistre 36% des cas parmi lesquels 79,51% des enfants de moins de cinq ans.

tableau5

Sur les 10 148 cas de diarrhées simples notifiés dans les CS d’Abéché, 6 692 cas ont été traités aux SRO et Zinc (tableau n°6).  Les aires de santé les plus affectées sont A. E. Badawi (24,12%) et Djatinié (18,34%). On note que 82,67% de cas de maladies diarrhéiques concerne les enfants de moins de cinq ans.

tableau6

Parmi les maladies diarrhéiques, la dysenterie enregistre des statistiques importantes. Entre 2014 et 2017, 2 157 cas étaient enregistrés dont 64,62% traités au SRO et Zinc (tableau n°7). Aussi, 52,85% des cas concernaient les enfants de moins de cinq ans. Les aires de santé de Djatinié (27,30%) et Islamique (21,23%) étaient les plus touchées par la dysenterie.

tableau7

[3]  Annuaire Statistique Sanitaire du Tchad 2012
[4] La ville d’Abéché est divisée en 6 aires de santé couverts par un centre de santé. Les limites des arrondissements correspondent aux limites des aires de santé

3.  Discussion

L’étude des facteurs socio-spatiaux, à l’origine des maladies diarrhéiques observées à Abéché, montre que la croissance de cette cité, caractérisée par l’augmentation de la population qui se concentre dans les quartiers centraux et péricentraux disposant de peu d’équipement de proximité, a une incidence sur la population. Les problèmes d’assainissement des cadres bâtis, tels que le déficit de drainage des quartiers et d’évacuation des eaux usées domestiques, observés à Abéché sont des facteurs de maladies diarrhéiques. En effet, les eaux de mauvaise qualité, l’assainissement précaire et la mauvaise hygiène contribuent pour une grande partie à la détérioration de la santé des populations. Ce résultat est souligné dans les travaux de H. B. Nguendo-Yongsi. (2008, p. 9), qui ont mis en exergue que toutes les conditions qui dénotent un cadre de vie salubre sont hostiles au développement des micro-organismes à l’origine des diarrhées. Les risques sanitaires auxquels est confrontée la population, sont nombreux, variés et ressortent essentiellement des processus sociaux et environnementaux. Les conditions socioéconomiques des ménages (emploi, revenu mensuel), les problèmes d’accès à l’eau des ménages constituent les facteurs de risque les plus importants. L’incidence de maladies diarrhéiques est liée aux comportements individuels et collectifs  peu propices à la sauvegarde du bien-être physique de la population. Les modes d’accès à l’eau de consommation représentent le troisième facteur statistiquement significatif. Le rapport des risques ici a été plus fort avec les points d’eau traditionnels (puits, rivières, sources).
Les maladies diarrhéiques sont causées par plusieurs parasites dont les salmonelles (les plus fréquemment rencontrés) qui se localisent dans les milieux insalubres, dépourvus de système d’assainissement moderne adéquat, associées à un déficit d’hygiène du milieu (Farthing, 2000 cité par K. Dongo et al., 2008, p 10). Elles présentent un taux annuel mondial de décès estimé à 3,3 millions dans les pays en développement (OMS, 2001, p 167). Une analyse intégrée permet de se rendre compte qu’à l’échelle des quartiers étudiés, les quartiers Taradona et Kamina sont les plus affectés par les problèmes de gestion de l’environnement, gage d’un cadre de vie salubre.

La répartition des enfants selon l'apparition d'un épisode diarrhéique et l'âge confirme l'hypothèse d'une sur-morbidité diarrhéique des enfants de 0 à 59 mois, observée dans les statistiques hospitalières. On note en effet que les enfants de ce groupe d'âge ont une prévalence presque quatre fois plus élevée que celle de ceux des autres groupes. Il est à noter que la différence de l'âge, n'apparaît pas comme un facteur discriminant (S. Ibrahima et al., 2011, p. 52). Les caractéristiques de l'habitat résument l'environnement physique immédiat de la population autant qu'il traduisent le niveau de vie du ménage. Dans tous les cas, cet environnement contribue aussi au risque de morbidité diarrhéique (R. V. Randremanana, 2012, p. 112). Pour cette raison, il est intéressant d'examiner son lien avec la prévalence diarrhéique observée. Les données de l'enquête montrent des carences importantes en matière d'assainissement à Abéché, notamment par la faiblesse de la proportion des ménages disposant de WC modernes (11,6%) et par l'importance de ceux qui évacuent les ordures et les eaux usées dans de mauvaises conditions d'hygiène. Ce déficit d'assainissement commun dans les différentes zones de responsabilité a une forte incidence sur la prévalence diarrhéique observée. Il ressort en effet que la proportion de la morbidité de diarrhée augmente à mesure que la qualité des toilettes se dégrade (seuil de 1%).
Plus que toutes les caractéristiques individuelles de la population, c'est le niveau de vie du ménage qui intervient de façon décisive dans l'état de santé des chaque personne et surtout des enfants. Le lien entre niveau de vie et prévalence de la diarrhée est effectivement établi. Il n'est cependant pas aussi fort qu'on aurait pu espérer. Ceci est sans dû à l'effet des variables introduites dans la construction de l'indicateur. L'analyse montre en définitive globalement que la prévalence des diarrhées diminue avec l'élévation du niveau de vie dans à Abéché.
Les quartiers enquêtés sont différemment exposés aux risques diarrhéiques. La distribution inégale des diarrhées montre que les problèmes de santé s’individualisent selon les quartiers (H. B. Nguendo-Yongsi et al., 2008, p. 7) en même temps que ceux-ci présentent des caractéristiques environnementales qui leur sont spécifiques. La variabilité de la diarrhée dans l’espace abéchois s’explique par la distribution inégale des facteurs de risque, surtout ceux relatifs à l’assainissement de l’espace domestique et péri-domestique, ainsi qu’à la faible assise des comportements hygiéniques.

Conclusion

La ville d’Abéché est confrontée à de nombreux facteurs de risque de maladies diarrhéiques.  La concentration de la population dans les quartiers centraux et péricentraux, très peu équipés en services d’Hygiène de base, le faible niveau de développement humain et économique, les dysfonctionnements dans l’approvisionnement en eau et les flux humains qui leur sont associés, sont autant de facteurs, qui dans le cas des maladies diarrhéiques, éclairent sur les interactions entre environnement et santé. Pour cela la prise en compte des informations sur les facteurs de risque diarrhéique, s'inscrit dans la synergie d'actions pour une gestion saine et durable de l’eau et du cadre de vie par les populations. Il est nécessaire de mettre en place des réseaux de surveillance épidémiologique mais aussi d’établir des collaborations plus étroites entre les centres de santé, la municipalité, les services d’hygiène et de salubrité, les services de l’urbanisme et les médias. Une meilleure coordination permettrait sans doute une meilleure maîtrise des conséquences sociales, humaines et économiques des diarrhées à Abéché.

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Pour citer cet article


Référence électronique
DOMBOR DJIKOLOUM Dingao, TOB-RO N’Dilbé, ASSAKO René Joly Assako, TCHOTSOUA Michel ,Etude des facteurs émergence du risque de maladies diarrhéiques dans la ville d’Abéché au Tchad , Revue Espace Territoire Population et Santé ," [En ligne] 2019, mis en ligne le 30 Juin 2019, consulté le 2019-07-22 01:26:37, URL: https://www.retssa-ci.com/index.php?page=detail&k=47







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