2020/Vol.3-N°5: Système alimentaire urbain et santé en Afrique
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La consommation du Vin par les jeunes ouvriers de la ville de Lomé (Togo) : entre nouvelle identité et risques sanitaires
The consumption of wine by young workers in the city of Lomé (Togo): between new identity and health risks

ATCHRIMI Tossou
Enseignant-chercheur
Maître de conférence
Université de Lomé
batchrimi@yahoo.fr


Résumés



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Mots clés: Vin | consommation | identité | ouvriers | risques sanitaires | Lomé |

Keys words: Wine | consumption | identity | workers | health risks | Lomé |


Texte intégral




Introduction

« Symbole de fête, de partage et de réussite, l'alcool est un véritable phénomène socio-culturel. Très souvent, il accompagne les évènements les plus marquants de notre vie, comme une naissance ou un mariage. Il est ainsi perçu comme élément de convivialité, joie et plaisir » (E. Birckel, 1984, p. 5). « Cependant, il est tout aussi varié qu’il est complexe. Certains l’aiment et le portent au nu, d’autres le consomment sans y prêter une attention toute particulière, et d’autres encore ne l’apprécient pas. Il est le produit le plus subjectif que l’homme ait été capable de créer » (C. Guillemot, 2016, p. 17). De toutes les substances psychoactives, il tient une place privilégiée dans les sociétés. « Socialement admis, l'alcool consommé de manière modérée est symbole de savoir-vivre, d’hédonisme, de distinction » (J. Balland, 2011, p. 58).
Aujourd’hui sa consommation est devenue un phénomène social dans de nombreux pays. Selon M. Kane, dans l’ancienne Egypte, il y avait la consommation de bière de fabrication locale. Le phénomène s’est développé « à partir de la décolonisation avec l’installation de brasseries et de distilleries dans les années 1960 où la production de bière en Afrique a augmenté de plus de 400% entre 1960 et 1980 tandis que la consommation augmentait de 250 à 1000% selon les pays » (M. Kane, 2013, p. 14). De nombreux travaux ont montré que la bière est devenue « un bien de consommation largement répandu en Afrique, approprié et assimilé dans la vie quotidienne » (S. Van Wolputte et M. Fumanti, cités par R. Frisch, 2018, p. 11).
Au Togo, la consommation de la bière est une tradition. La prévalence de sa consommation dans la population générale était de 53,7 %, les jeunes de 25-35 ans représentant 87,1% de ce taux (OMS, 2010, p. 56). Cette boisson d’origine allemande est devenue un « patrimoine » togolais qui incarne « la reconnaissance identitaire nationale » (R.  Frisch, 2018, p. 16). Selon le journal Focus info, (2019, p. 4), on dénombre 25 000 débits de boissons rien qu’à Lomé et ses environs. Ce qui traduit une progression du nombre de bars de 10 000 sur une année. Car en 2018, ils étaient au nombre de 15 000. La bière est la première boisson proposée par ces bars (P. Frisch, 2018, p. 56). Dans un environnement marqué par une forte propension à l’ostentatoire, la boisson apparaît comme un des marqueurs de l’identité sociale. « Le modèle culturel est centré sur le groupe et le milieu social. Boire est le symbole du lien social comme preuve de convivialité ou s’exercera pression sociale. Cette représentation est centrée sur la personnalité du consommateur et son intériorité au sein du groupe culturel » (G. Le Roy, 2017, p. 30).
Toutefois, si, en Afrique, la bière a longtemps occupée une position hégémonique en termes de boisson la plus consommée par la population, elle se voit aujourd’hui contrainte de défendre cette place face au vin qui semble plus glamours pour réponde aux attentes des consommateurs en quête d’une nouvelle identité urbaine. La consommation de vin sur le continent africain, en pleine mutation économique « augmente cinq fois plus vite que la consommation mondiale moyenne » (J. Bertrand, 2015[1]).
Le vin n’est pas considéré comme une nourriture mais, il a cependant de tous temps joué un rôle considérable dans l’alimentation des hommes. Celui dont il question, ici, est ce produit, a priori, issu du raisin (rouge ou blanc) (I. Saulle, 2006, p. 19). Il est à l’origine une boisson correspondant aux catégories supérieures de la société. Produit de tradition occidentale, élément essentiel du festif, nous nous autorisons d’en parler en rapport avec la culture urbaine afin de proposer des formes de conduites dont la fonction est de faciliter une adaptation au social. « Les jeunes se mettent à boire du vin car il est considéré comme un produit noble. Boire du vin ou des spiritueux, c’est un peu toucher à ce luxe » (F. Kandem, 2006[2]). IL s’agit, alors, pour le jeune, de se construire une identité singulière, celle-là passant par l’adoption de nouveaux codes ; ceux des gens auxquels ils veulent ressembler. Cette identité permet conjointement l’intégration et la différenciation des individus dans le mode de vie loméen ; car consommer du vin est une pratique nouvelle qui distingue les jeunes des adultes-parents qui consomment plus régulièrement la bière (C. Simonnet-Toussaint et al., 2005, p. 566). Comme le vin permet aux jeunes d’édifier des conduites propres, dirigées vers un « autrui social » (P. Moliner, 1995, p. 51), le monde adulte et les autres groupes de jeunes, l’on comprend combien il participe à la dynamique sociale. Pour E. Tafani, S. Audin et T. Apostolidis (2002, p. 54), la dynamique des représentations est étroitement liée aux insertions spécifiques des individus dans le champ social considéré ainsi qu’aux enjeux identitaires actualisés dans leurs rapports symboliques intra et intergroupes à l’intérieur de ce champ. De plus, lorsque l’on sait à quel point cette dynamique favorise l’émergence d’un cadre de références commun, assurant homogénéité et communication dans un groupe, il devient légitime, à nos yeux, de postuler l’existence de véritables représentations sociales de l’alcool chez les jeunes. P. Bourdieu et Y. Desault (1975, p. 24) parleront de la demande de luxe. Pour ces auteurs, la situation de la classe dominante qui tend à s’imposer est celle d’une société où la morphologie sociale change en raison de facteurs économiques et identitaires.
Au Togo, depuis quelques temps, le vin a fait son apparition à cause de la demande de certains clients, pour la plupart des jeunes ouvriers opérant dans le secteur informel. Jadis considéré comme un produit de luxe réservé aux personnes à revenu important, le vin est aujourd’hui consommé par diverses couches de la population. Ceci s’apparente, pour les salariés à faible revenu, à une consommation d’apparat et à une logique d’imitation caractéristique d’une sociabilité urbaine. Ne possédant pas les moyens, ces nouveaux consommateurs vont « singer » les pratiques nobles ou se livrer à des pratiques de substitution (T. Veblen, 1970, p. 12). La consommation, phénomène économique, devient ainsi un acte social dans la mesure où elle permet aux individus de signifier leur appartenance à un groupe social ou leur volonté d'y accéder (B. Lahire, 2004, p. 230).
Ainsi, s’il est fréquent de constater que le vin à la fois sacralisé pour sa qualité, sa convivialité et son bienfait il est aussi diabolisé car étant le symbole de l’alcoolisme et de la déchéance psychologique et sanitaire de l’individu surtout quand la qualité fait défaut. Il y aurait donc un lien très important entre la consommation de l’alcool et la santé. Selon C. Fischler (1990, p. 66), « Incorporer un aliment, c’est sur un plan réel comme sur un plan imaginaire, incorporer tout ou partie de ses propriétés : nous devenons ce que nous mangeons. L’incorporation fonde l’identité ». Tout ce que nous mangeons contribue ainsi à nous construire et à nous transformer de l’intérieur. Cette définition peut paraître de prime abord assez forte, mais nous allons voir que le fait d’incorporer du vin nous construit bel et bien et nous transforme. Grâce au vin, les consommateurs vont créer leur identité et marquer « leur appartenance à une culture ou un groupe quelconque, par l’affirmation de leur spécificité alimentaire » (C. Fischler, 1990, p. 68).
Pourtant, de par les impacts sur la santé physique et psychique dont il peut être responsable en cas de consommation nocive, l’alcool représente également souffrance, angoisse et pathologies. Il tue environ trois millions de personnes dans le monde chaque année, ce qui représente un décès sur vingt, affirme l’OMS (2018[3]) dans un rapport sur la consommation d'alcool dans le monde et ses conséquences néfastes sur la santé ; il est responsable de 5,3% des décès dans le monde. Au vu de ce qui précède la question de départ de ce travail est celle-ci : pourquoi le vin est-il devenu une identité des jeunes ouvriers de Lomé, et quelles sont les conséquences sanitaires de sa consommation ? Notre hypothèse est que les représentations des jeunes ouvriers de Lomé de la consommation du vin participent de la construction sociale de la norme urbaine indépendamment des conséquences sanitaires. L’objectif de cette recherche est de montrer le lien entre la consommation du vin et la représentation identitaire des jeunes ouvriers de Lomé.
 
[1] https://www.ledevoir.com/vivre/alimentation/443113/a-cote-de-la-biere-les-africains-consomment-plus-de-vin
[2]https://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/a-cote-de-la-biere-les-africains-prets-a-consommer-plus-de-vin_1691040.html
[3] https://www.who.int/fr/news-room/detail/21-09-2018

1. Approche méthodologique

1.1. La zone d’étude

Le cadre spatial de cette recherche est Lomé, la capitale du Togo. Sa création remonte vers la fin du XVIIe siècle à la suite de la diaspora des Éwé de Notsé. Centre de décision politique et siège des services administratifs elle en sera aussi le centre unique de desserte. Lomé est le point d’entrée et de sortie des marchandises, le seul centre de décision où les aspects de la modernité ont droit de cité.
Toutes les composantes ethniques, du Togo y sont représentées. Toutefois, on note une prédominance des autochtones que sont les Éwés. De moins de 200 000 d’habitants en 1970, le double en 1980, Lomé compte aujourd’hui 1 500 000 habitants (DGCS, 2015, p. 22). Ville carrefour, capitale cosmopolite, elle est aussi un centre de grandes activités commerciales où se développent à la fois les secteurs formels et informels révélant le dynamisme des jeunes conducteurs de taxis motos, le courage des filles portefaix et le savoir-faire des femmes revendeuses de pagnes du grand marché, les redoutables Nanas Benz.
Lomé abrite de grandes entreprises publiques et privées et de nombreux « petits centres commerciaux ». Ces derniers, souvent détenus par des hommes d’affaires pakistanais, sont fréquentés par la bourgeoisie loméenne. Les autres couches de la population se contentent de côtoyer des marchands de centres des décisions politiques, siège du gouvernement, Lomé ne déroge pas à la règle lorsqu’il est question de la santé. C’est le lieu où toutes les mesures en matière d’orientation sanitaire sont prises. Aussi trouve-t-on services et hôpitaux publics, privés ou confessionnels. En matière d’infrastructures hospitalières, le CHU de Tokoin est la référence. On y trouve trois autres hôpitaux publics et une diversité de clinique privées. La carte ci-dessous présente la zone couverte par cette étude.

1.2. Méthodologie et cadrage théorique

La méthodologie a consisté aux enquêtes qualitative et quantitative. La population cible de l’étude correspond à l'ensemble des ouvriers opérant dans la zone portuaire de Lomé.  L’échantillon appartient principalement à la classe des ouvriers issus du secteur privé qui ont bien voulu participer à ce travail sur la base du volontariat.
A l’aide d’un guide d’entretien, nous avons réalisé des entretiens semi-directifs avec 18 jeunes hommes travailleurs âgés de 25 à 35 ans correspondant à la tranche des jeunes employables au Togo. Le questionnaire a pour trame la corrélation des motivations de la consommation et le profil des renseignés. Il a été administré en février 2020 et a concerné 62 ouvriers ayant les mêmes caractéristiques démographiques et socioprofessionnelles que celles de l’entretien.
Le logiciel SPSS (Statistical package for social sciences) a servi au traitement des données quantitatives. Les résultats sont exportés vers Excel 2019 sous Windows XP puis présentés sous forme de tableaux. L’analyse des données d’entrevue étaient effectuées suivant un processus itératif et de validation constante. Il s’agit pour nous de mettre en évidence le sens et les rationalités autour de la consommation du vin.
Sur le plan théorique, le concept d’identité a une place de choix dans cette recherche. Nous l’inscrivons ici, dans la perspective psychologique qui le considère comme un système de représentation de soi (P. Tap, 2005, p. 66). Il s’agit de l’expression de l’idée que l’individu se fait de lui-même, une évaluation personnelle. Par ailleurs, en se fondant sur les travaux de M. Halbwachs (1938, p. 502 ; 1970, p. 175), on retient que les individus ne se font une idée claire d’eux-mêmes qu’à partir du moment où ils se font une idée précise des groupes auxquels ils appartiennent et de leur place dans ces groupes. Et « il n’y a pas de coupure entre l’univers extérieur et l’univers intérieur de l’individu ou du groupe » (S. Moscovici cité par J.-C. Abric, 1994, p. 12). Autrement dit, comme le fait remarquer J.-C. Abric toute réalité est représentée, c’est-à-dire appropriée par l’individu ou le groupe ». Étudier les représentations sociales revient, donc, à étudier un système d’interprétation de la réalité, le « sens commun » en quelque sorte, c’est-à-dire la façon dont les individus se représentent quelque chose, quelqu’un, un événement ou une idée. Cette connaissance, socialement élaborée et partagée, pense Jodelet (1994, p. 368), permet à l’individu de construire une réalité qu’il partagera avec les autres. Cette contribution, en scrutant la question de la santé en lien avec l’alcool, autorise une immersion dans le concept du risque. Celui-ci se dérobant de la perception humaine, il est aussi important de relever qu’il existe un lien fort entre la pauvreté extrême et le degré d’exposition au risque. Plus un individu est pauvre, plus il s’expose au risque. La pauvreté crée donc chez l’individu une situation d’aveuglement face au risque.
Notre rapport au risque dépend de notre horizon temporel. Or la pauvreté raccourci cet horizon, en installant les plus démunis dans une précarité qui les ancre dans le présent et leur interdit de se projeter dans l’avenir. La perception du temps futur, socialement différenciée, influence alors les perceptions des risques. Ainsi, les plus démunis ont un horizon temporel plus court et font souvent preuve d’une résignation face au risque. Alors que les personnes disposant d’une certaine sécurité matérielle ont un horizon temporel élevé et évitent au maximum le risque (M. Douglas et A. Wildavsky, cités par T. Atchrimi, 2015, p. 87)
Selon G. Wilde (2012, p. 48), plusieurs facteurs de motivation sont d’ordre culturel, social ou psychologique. Le plus souvent, ils sont si bien intégrés que la plupart des gens n'en ont pas conscience. Tout engagement pose la question du sens à donner à son action et renvoie à de bonnes raisons d’agir, à des motifs, à des significations (R. Boudon, 2003, p. 30). « Il se rapporte également à des projets, à des orientations et, enfin à la sensation ou à de l’émotionnel » (E. Enriquez cité par, J. Y. Causer, 2014, p. 172.).

2. Résultats

2.1. Caractéristiques générales de la population de l’étude

Comme l’indique le tableau ci-dessous, les tranches d’âge les plus représentatives sont celles des 26/30ans et 31/35 ans La capitale togolaise est le seul endroit du pays qui peut offrir des opportunités d’embauche aux jeunes. Ceux-ci travaillent souvent comme ouvriers, manœuvres ou taxis motos. Ils sont aussi présents dans la distribution des journaux et dans la vente des pièces détachées d’automobiles et de motos à prix défiant toute concurrence.  
Selon le tableau n°2, on note que 87,10% des enquêtés sont célibataires. Cette forte représentation des célibataires confirme une tendance selon laquelle en raison de la faible situation financière des hommes hésitent à s'engager en couple. Ils restent le plus longtemps possible célibataires dans l’espoir d’avoir les moyens nécessaires. Cet état de fait favorise les rencontres urbaines dont le partage de pot, notamment le vin qui est en vogue dans les bars et maquis.
Le tableau n°3, ci-dessous, présente la répartition de la population selon le niveau d’instruction.                            
Le niveau d’instruction le plus répandu au sein de l’échantillon est le secondaire (62, 90%). Nous désignons ainsi l’ensemble de ceux qui ont atteint un niveau BAC. La tranche des moins avancés (primaire) n’est pas négligeable (25,80%). On y retrouve des ouvriers opérant dans la manutention au port autonome de Lomé, les agents de sécurités et quelques conducteurs de taxis-motos. Leur niveau d’étude se situe entre la troisième et la terminale. Les problèmes liés à l’alcool et en particulier sa consommation excessive touchent toutes les catégories sociales notamment la population de jeunes. Cette dernière qui intègre un nouvel environnement représente une classe particulière qui vit une période marquée par de nombreux changements où l’alcool est souvent présent (Z.  Chekib, S.  Jihène, 2017, p. 256).

2.2. Le vin entre mode de vie et symbole d’une identité urbaine

La majorité des ouvriers, soit 79% de l’effectif enquêtée, expliquent la consommation du vin par la recherche d’un lien social. Ici les motivations se rattachent à des objectifs plus qu’à des représentations. Ils considèrent l’alcool comme régulateur artificiel du comportement au quotidien. Les justifications sont légion :  
Je préfère venir dans ce bar, retrouver les gars, les amis et mes collègues. On partage un pot, on cause et cela me fait du bien. On n’a pas besoin d’être riche pour prendre du vin. En plus c’est mieux que de prendre du sodabi (alcool local à base du vin de palme) qui est trop dangereux (Agent de sécurité, 26 ans).
Ce n’est pas le fait de boire qui m’est important. C’est le cadre, les retrouvailles. Après des journées de travail je passe ici pour discuter avec les amis. Je prends quelques verres de vin. Ça me permet d’oublier la pression du travail. Parfois, je suis tenté de prendre des boissons locales quand je suis à la maison (Un autre agent de sécurité, 28ans).
Les ouvriers se retrouvent autour de cet alcool pour construire où se construire cette nouvelle conscience.  Confirmant notre propos, le tableau n°4 qui suit, fait observer que 71 % de l’échantillon n’étaient pas originaires de Lomé et sont dans la dynamique. Ils trouvent dans le vin, un moyen de se soustraire des contraintes urbaines. 
Ces propos qui suivent témoignent de la logique des ouvriers : « Au village, je prenais du sodabi, du vin de palme et autres boissons. Maintenant que je suis en ville, il faut que je change. C’est pour ça que je travaille, ce n’est pas après ma mort que je vais le faire. C’est le moment, je ne suis plus un paysan.  Je suis jeune, je me donne du plaisir » (Un conducteur de taxi moto, 33 ans). 
Je me fais du plaisir. Il y avait un enseignant qui était locataire chez mes parents, je le prenais pour modèle. Il venait de Lomé et sa manière de vive était différente. Il nous envoyait lui acheter de la bière. Quand il revient de des voyages sur Lomé, il ramenait des bouteilles. Il en donnait parfois à mon père. C’était chez cet enseignant que j’avais appris à boire du vin.  J’en avais pris goût, mais je n’avais pas les moyens de s’en procurer là-bas. J’en profite maintenant que je suis à Lomé (Chauffeur d’un employé du port de Lomé, 31 ans).
Ces ouvriers cherchent à de se donner une autre représentation d’eux-mêmes. Rompant avec les modes de consommation antérieurs, le vin devient un symbole de citadinité. Il fait partie d’une composante indispensable du nouveau mode de vie des ouvriers de Lomé.
La question de l’identité paraît intéressante dans la problématique de la consommation du vin.
Alors qu’on assiste de plus en plus à l’éclatement de la solidarité familiale en Afrique, dû à l’interpénétration interculturelle, effet de la mondialisation, sa reviviscence dans le cadre associatif est révélatrice d’une prise de conscience collective autour du vin. Ce dernier a modifié le regard des jeunes par les valeurs auxquels il renvoie : la solidarité ne se fait plus d’une façon objective, d’autres modèles se sont imposés. Cette valeur de solidarité reflète les fondements d’une société togolaise où la conscience collective se traduit par des alliances entre ceux qui se sentent écartés par l’État.
La consommation s’inscrit au cœur d’un ensemble plus vaste, qui est à la fois celui des individus en construction. Il s’agit de considérer la culture pour les signes qu’elle véhicule, qu’elle produit ; tout ce qui est représentatif de l’occident ne peut qu’être bon : « La bière d’ici, est faite pour nous. On nous a dit qu’en France, la bière n’est pas de la même qualité que celle qu’on nous livre. Elle est meilleure. Ils font des choses spécifiques pour les blancs et d’autres pour nous. Au moins le vin, ne se fait pas ici. Ça vient directement de l’Europe (Un mécanicien, ouvrier au port de Lomé, 29 ans)
Il y a aussi un désir de donner au corps une identité. Celle qui le structure, le construit et lui attribue un rôle social.  La dimension corporelle porte, en effet, sur la représentation du « bien-vivre ». Dans la représentation de ses jeunes l’embonpoint, la rondeur, le « ventre » sont le signe de l’aisance. La consommation du vin permet d’accéder à cette identité. Le façonnage du corps par la consommation du vin est un
« Élément premier de la transmission de la culture et de la construction des individus, comme produits et producteurs du social. Le corps est ici entendu comme matérialité dynamique et génératrice de sens, engrenage entre le biologique, le psychologique et le social […] qui permettent à des individus d’effectuer, par eux-mêmes, un certain nombre d’opérations sur leur corps, leur âme, leurs pensées, leurs conduites » (M. Roustan, 2005, p. 25).
Le corps, émetteur continu de sens doit être modelé par la substance de conversion qu’est l’alcool afin d’apparaître comme appartenant au monde social. L’alcool permet aux ouvriers le contrôle de son corps, de donner sens à son corps, condition de l’inscription de l’individu dans la modernité (D. Le Breton, 1990, p. 152). Le système symbolique autour de vin demeure totalement lié à la socialité. Les ouvriers procèdent par l’oubli de leur passé mais, aussi de leur présent afin de s’ouvrir aux autres. Ils boivent également pour améliorer les contacts avec leurs pairs mais aussi avec les autres par leur stratégie d’imitation. Ils sont convaincus de l’efficacité politique de la consommation ostentatoire : «je suis né à Baga au nord du Togo.  J’ai été habitué à autre chose. Le vin vient rompre avec cette habitude et c’est plutôt bien. Parfois ces boissons ont une mauvaise odeur. Le vin fait qu’on a un autre regard sur toi. » (Un artisan peintre, 28 ans). L’alcool qui servait à échapper à la société est aujourd’hui le moyen d’une gestion des rapports interpersonnels. Il n’est pas une tentative d'échapper à la réalité mais un moyen d’être un soi-même, socialisé ou socialisable. Ce discours portant sur la place du vin dans leur vie est caractéristique de la population des ouvriers.
Le discours interprétatif valorisant l’alcool par des représentations historiques, sociales, témoigne d’un travail de la mémoire qui reproduit et réinterprète les représentations communes de l’alcoolisme de la société en rapport avec leur manière de boire. Le mode d’alcoolisation des individus se trouve ainsi normalisé, jusqu’à être parfois physiologiquement expliqué. (E. Roquet, 1999, p. 65).
La consommation du vin, comme un processus d’intégration peut constituer un risque sanitaire pour l’ouvrier.  La vie en ville devient une période de souffrance psychique, souffrance qui peut se manifester par certaines formes de prise de risques, quand la consommation du vin est excessive

2.3. Alcoolisme et risque sanitaire

La nécessité de l’utilisation de ce type d‘alcool pour acquérir une image est masquée par un travail mémorial qui tend à normaliser la pratique de boire au sein de la société. Malgré la distinction qui peut s’installer, l’ouvrier estime être dans le bon sens. Il retourne le jugement d’anormalité et considère sa manière de boire comme naturelle : « Avant de me coucher, je prends du vin. Sans cela je ne peux pas dormir. Ma femme aussi prend un peu. On cause pendant quelque temps Ça me fait du bien. Je fais le tour de la journée et je me considère aussi comme quelqu’un qui a réussi sa vie à Lomé (un ouvrier chez un vendeur de voiture d’occasion, 33 ans.)
Ce même ouvrier ne tente pas de créer un point de vue de l’intérieur qui s’oppose à la société, mais il prend appui sur les traditions, sur une lecture de la société, pour raviver les images en accord avec sa pratique :
Au travail, tu constates réellement ce que c’est que vivre bien. Nos patrons pendant la pause se tapent des repas bien copieux.  Du vin, évidemment est au rendez-vous. Mes collègues et moi n’avons pas droit. Il arrive parfois qu’ils nous donnent quelques verres de ce qu’i leur restait. Ceci le soir quand nous avons fini et que nous devons partir pour la maison.
L’alcool est une « toxicomanie d’intégration » et comme l’affirme D. Le Breton (2005, p. 90), une conduite à risque n’est pas seulement la recherche d’une simple intensité d’être, ou d’un dé? pour s’imposer dans un monde incertain, elle naît parfois de l’indifférence quand le retrait hors de l’existence devient trop sensible et que le goût de vivre ne pèse plus guère. Ainsi, pour certains jeunes, l’usage de l’alcool est parfois la seule manière de se valoriser. Pour cet auteur les ouvriers sont entrés depuis dans une crise durable. La difficulté du passage vers une nouvelle sociabilité est accentuée par le brouillage des repères de sens et de valeurs caractérisant le monde contemporain. Si une majorité de jeunes s’intègre dans la société en y éprouvant le goût de vivre, une part non négligeable peine à trouver sa place. David Le Breton précise qu’en dépit des souffrances qu’elles entraînent, les conduites à risque possèdent un versant positif : elles favorisent la prise d’autonomie du jeune et sont un moyen de se construire une identité : « l’alcool me permet d’aller vers les autres, il me permet d’aller parler à tout le monde, je suis plus expansive » (Un docker, 16 ans). Et un autre d’ajouter : « Oui, pour moi c’est le vin ou rien, c’est du plaisir, je pense comme tous les jeunes, c’est la désinhibition ça me permet de faire une rupture par rapport à la pression du travail » (Un mécanicien, 35 ans). Cette alcoolisation abusive est imprudente. Nous en avons distingué deux formes. La première forme est assez dangereuse, elle peut être considérée comme un mode d’intégration, quelque peu déviant, au monde des nantis. La seconde est plus aggravante. Elle consiste en des prises sporadiques, où l’alcool est utilisé pour parvenir le plus vite possible à l’ivresse, à la « défonce » (A. F. Dequiré, 2012, p. 41).
Si la représentation identitaire semble être mise en avant dans la consommation du vin, il n’en demeure pas moins qu’elle est aussi significative d’un complexe des ouvriers.  Ces conduites sont une tentative paradoxale de reprendre le contrôle de leur existence, quel qu’en soit le prix. Pour ces personnes, la vision du risque sanitaire est lointaine et de fait, la conscience du danger est faible. Pour une démarche d’intégration urbaine la recherche délibérée de prises de risque, de conduites susceptibles d’entraîner des effets dangereux sont relégués au second plan. Au-delà de l’effet propre de l’alcool, intervient alors ce que l’on appelle l’effet d’attente, très largement conditionné par les représentations, elles-mêmes influencées par notre histoire personnelle, familiale, notre culture (M. Bergadaà et U. Bertrand, 2006, p. 134). Le premier résultat de l’analyse est la mise en évidence de la banalisation de l’approche médico-psychologique de l'alcoolisme. On pourrait relever pêle-mêle des justifications chez ces ouvriers : « Oui j’ai conscience du risque sanitaire de l’alcool surtout lorsqu’il s’agit des mauvais. Je sais que parfois ça déclenche une crise d‘ulcère, de palu et autres maladies », « l’exagération est nuisible. Moi je n’exagère pas », « l’alcool pénètre vite dans l’organisme et dérègle le système « boire trop de vin peut déclencher des maladies chroniques comme l’hypertension ou le diabète ». Cette banalisation peut être observée de plusieurs manières : en examinant d’abord l'identification de l'alcoolisme comme maladie en analysant ensuite les explications profanes données pour en rendre compte. L'alcoolisme est une dépendance qui conduit à la perte de la capacité à rester libre à l'égard du produit et, par-là, à une réduction de l'autonomie personnelle. L'éventail des problèmes postulés comme explicatifs de la consommation du vin sont d’ordre personnels, existentiels, affectifs, relationnels, familiaux. Ce sont les effets de l'alcool que l'individu recherchera dans ce cas. Les produits alcooliques sont utilisés en tant qu’« alcool », non en tant que « vin », par exemple, qui soulignera davantage la convivialité qui l'entoure. L'opposition est ici très nette, Les effets recherchés sont ceux cités plus haut et contribuant à « masquer les angoisses ». Les rencontres dans les bars est une fuite en avant.  Les ouvriers sont en manque de reconnaissance dans un environnement dominé par la modernité ; 65% des enquêtés déclarent un usage régulier de l’alcool pour se sentir bien. Ils se rendent compte que boire un petit coup « fait du bien, que ça a un petit effet tranquillisant ». 54 % des ouvriers des ouvriers estiment que l'alcool ne résout pas les problèmes ou ne les masque qu'imparfaitement, et, surtout, ne le masque que momentanément : c’est la théorie du cercle vicieux, de l'escalade, de la spirale, autant de termes par lesquels les agents désignent ce processus. Les ouvriers n’ont pas réellement conscience des conséquences de la prise d’alcool sur la santé. Celui-ci fait partie des produits entraînant des dégâts biologiques, sociaux et des dépendances.

3. Discussion

Nous sommes parti de l’hypothèse selon laquelle les jeunes ouvriers de Lomé se construisent une identité urbaine à partir de la consommation du vin. Aussi les résultats révèlent-ils que les représentations participent d’une dimension identitaire et normative de la construction sociale du mode de vie urbain. Ces représentations peuvent être considérées. Comme une réalité sui generis traduisant la prégnance et le caractère transcendantal de la conscience collective, comme un instrument de catégorisation des personnes et des comportements, comme une instance intermédiaire entre les idéologies et les pratiques ou comme une forme particulière de pensée symbolique ayant ses propres règles de construction et de diffusion (G. Ferréol, 1995, p. 101).
Les résultats suggèrent, par ailleurs, que le vin sert de lien entre les individus qui se représentent une même identité moderne. La question de la conscience urbaine paraît, dès lors, intéressante dans la consommation du vin. On peut y voir ici une grille de lecture pour mieux comprendre la façon dont ces ouvriers vivent «phénomélogiquement» leur appartenance à la société (J. Y. Causer, 2017, p. 194). Le vin leur sert de lien et ils se représentent une même identité moderne. La consommation du vin leur permet à la fois d’oublier les soucis et favorise leur décentrement en ce qu’il les met en relation. On y voit une sorte de solidarité qui caractérise le fondement du lien social entre les consommateurs. « Multifonctionnel, l’alcool est adapté à toutes les situations : selon le cas, il réchauffe ou rafraîchit, stimule ou apaise : à dire vrai, comme tout totem vivace, le vin supporte une mythologie variée qui ne s'embarrasse pas des contradictions » (R. Barthes, cité par L. Gaussot, 1998, p. 11). Cependant, si les représentations des effets de la boisson ne sont pas spécifiques à la population étudiée ici, il est remarquable que ces effets soient présentés par celle-ci non pas comme subis mais recherchés.
Au Togo, la fonction sociale et les modes de consommation du vin importé n’ont pas encore fait l’objet de travaux scientifiques. Mais, en ce qui concerne l’alcool en général, la littérature explique l'addiction par un contexte de recherches de satisfactions hédoniques, sociales et thérapeutiques ou par des facteurs personnels, familiaux et/ou environnementaux  (D.E.E. Kpelly, 2018, p.29). Ainsi, la consommation du vin par les jeunes ouvriers de Lomé peut s’expliquer par un environnement désocialisant ou par de nombreux traumatismes psychiques anciens non assimilés. Elle peut aussi être perçue comme une tentative non réussie de la résilience ou une pseudo-résilience afin d'éviter le pire à Lomé.
La caractéristique particulière de cette boisson par rapport à la socialisation est remise en cause par des formes de consommation « exagérée ». La consommation est considérée comme un vice social. Le consommateur à la recherche d’une identité supposée moderne manifeste son incapacité à se hisser à la hauteur de son modèle. (L. Gaussot, 1998, p. 8). Ce qui est présenté comme un instrument du lien devient ce qui détruit ce lien à autrui et à la collectivité. P. Rerrreti-Watel (2003, p. 86) quant à lui précise la relation entre les problèmes de socialisation et l’usage de l’alcool et s’interroge sur l’opportunité de traiter la question de la prise de d’alcool comme une l’expression d’une représentation identitaire. Le vin qui était autrefois magnifié est devenu au fil des décennies un symbole de déviance (Q. Diot, 2011, p. 31). La consommation à outrance est maintenant perçue comme une maladie, même s'il est considéré comme un produit culturel pour certains. (G. Muzama Funzi, 2013, p. 40).

Conclusion

Cette recherche vise à montrer le lien entre la consommation du vin et la représentation identitaire des jeunes ouvriers de Lomé. L’opportunité de rencontrer ces ouvriers nous a permis d’échanger différentes opinions sur le l’alcool et notamment le vin. Les résultats nous indiquent que la consommation de ce type d’alcool est perçue comme un passage obligatoire, un rituel pour s’intégrer dans le modèle urbain dont la capitale togolaise sert de cadre. La recherche d’une identité urbaine est négociée au travers de la consommation du vin. L’analyse nous conforte dans l’idée selon laquelle il y a un lien entre identité et représentation. Cette interdépendance parait constituer le socle des processus du changement individuel et collectif. Pour s’accommoder à leur nouvelle situation, les jeunes ouvriers de Lomé ont pris en compte les différents contextes dans lesquels ils se trouvent. Le choix de consommer du vin est un comportement individuel mais socialement déterminé. Toutefois si les ouvriers de Lomé, font de la consommation du vin un élément intégrant de la culture loménne, il y a lieu de relever les risques qu’elle comporte pour eux. Il est indéniable que de nombreux aspects de cet acte alimentaire ou festif est un risque sanitaire car les comportements associés à l’alcool sont pathologiques ; les spécialistes s'accordant pour dire que toute consommation d'alcool, même irrégulière, est nocive pour la santé (B. Roy, 2005, p. 101)

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Pour citer cet article


Référence électronique
ATCHRIMI Tossou, La consommation du Vin par les jeunes ouvriers de la ville de Lomé (Togo) : entre nouvelle identité et risques sanitaires , Revue Espace, Territoires, Sociétés et Santé ,[En ligne] 2020, mis en ligne le 30 Juin 2020, consulté le 2020-12-03 18:34:40, URL: https://www.retssa-ci.com/index.php?page=detail&k=93